mercredi 30 novembre 2016

Recettes Chocolats-Tartelettes au Toblerone


Tartelettes au Toblerone

Préparation : 30 mn
Repos : 2 heures
Cuisson : 20 mn
Pour 6 personnes
Pour la pâte
200 g de farine
40 g de noisettes en poudre
2 jaunes d’œufs
150 g de beurre
3 œufs
80 g de sucre glace
2 pincées de vanille
1 pincée de sel
Pour la garniture
300 g de Toblerone
25 cl de crème liquide entière
45 g de beurre
1. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6).
2. Réunissez tous les ingrédients de la pâte dans le bol du robot. Faites tourner. Ramassez en boule. Entourez d’un film alimentaire. Laissez reposez 1 heure au réfrigérateur.
3. Étalez la pâte. Garnissez-en six moules à tartelettes. Piquez les fonds. Recouvrez de papier de cuisson et de légumes secs. Enfournez pour 20 minutes. Après 10 minutes, retirez les légumes.
4. Cassez le Toblerone en petits morceaux. Versez dessus 10 cl de crème bouillante. Mélangez pour le faire fondre. Ajoutez le beurre. Terminez le mélange. Versez dans les fonds de tartelettes. Laissez refroidir, puis placez 1 heure au réfrigérateur.
5. Fouettez le reste de crème très froide en chantilly (non sucrée).
6. A l’aide d’une poche à douille, répartissez-la sur les tartelettes. Dégustez rapidement.

Recettes Chocolats-Truffes au chocolat


Truffes au chocolat

Préparation : 25 mn
Cuisson : 5 mn
Repos : 12 heures
Conservation : 8 jours au réfrigérateur dans une boîte hermétique
Pour 30 truffes environ
250 g de chocolat à cuire
100 g de crème fraîche épaisse
100 g de cacao amer en poudre
1. Versez la crème fraîche dans une casserole à fond épais. Faites-la bouillir 1 minute, en remuant à l’aide d’un fouet. Hors du feu, ajoutez le chocolat cassé en morceaux.
2. Mélangez bien à l’aide d’un fouet jusqu’à ce que la crème soit lisse et homogène. Laissez tiédir, couvrez la crème et placez la casserole 12 heures au réfrigérateur.
3. Le lendemain, tamisez une couche épaisse de cacao au-dessus d’une assiette creuse. A l’aide d’une petite cuillère prélevez un peu de pâte à truffes, formez des boules de la grosseur d’une noix. Roulez la pâte dans le cacao jusqu’à ce que vous obteniez une boule ronde et bien enrobée de cacao. Répétez cette opération jusqu’à épuisement de la pâte.
4. Ôtez l’excédent de cacao, en secouant légèrement les truffes dans un tamis. Rangez-les au fur et à mesure dans des caissettes en papier.

Vous pouvez enfermer un fruit à l’eau-de-vie égoutté à l’intérieur de chaque truffe. Si vous ne servez pas les truffes aussitôt, mettez-les au réfrigérateur et sortez-les 20 minutes avant de les déguster.


Recettes Anglaises-Christmas pudding


Christmas pudding

Préparation : 30 mn
Cuisson : 7 heures
Repos : 3 mois et +
Pour 4 puddings dont 3 à offrir
1 kg de raisins secs
175 g d’amandes concassées
175 g d’écorce d’agrumes
175 g de cerises confites
2 oranges non traitées (pour les zestes)
2 citrons non traités (pour les zestes)
500 g de farine
250 g de chapelure
250 g de beurre
100 g de sucre
1 cuillerée à café de sel
1 cuillerée à café de noix de muscade râpée
1 cuillerée à café de 4 épices
1 cuillerée à café de cannelle
1 verre de cognac
5 œufs
2 cuillerées à soupe d’extrait de café ou de caramel
4 bols à pudding de taille moyenne
1. Découpez 4 feuilles de papier sulfurisé au diamètre des bols.
2. Coupez en petits dés les écorces d’agrumes et les cerises confites. Puis mélangez-les avec tous les ingrédients secs dans un grand saladier.
3. Battez les œufs dans un autre saladier et ajoutez-y ensuite le cognac et l’extrait de café (ou le caramel pour donner de la couleur à votre pudding). Versez le tout dans le premier bol et remuez vigoureusement.
4. Après les avoir beurrés, remplissez les quatre bols à pudding aux trois-quarts avec le mélange, placez les disques de papier sulfurisés. Couvrez le tout d’un torchon propre bien serré par une ficelle.
5. Placez les bols à feu doux au bain-marie pendant 7 heures. Laissez reposer une journée.
6. Le lendemain, retirez le torchon mais laissez le disque de papier sulfurisé qui doit rester collé au pudding. Recouvrez à nouveau le bol d’un torchon propre.
7. Mettez vos puddings au repos pendant trois mois.
8. Le jour de Noël, recuisez le pudding pendant 3 heures.
9. Démoulez chaud, servez avec du Brandy Butter.
10. Décorez 3 belles boîtes pour les puddings que vous allez offrir.

Recette du Brandy Butter
Pour obtenir cette crème, mélangez d’abord dans un bol 100 g de beurre doux avec 100 g de sucre place et 1 zeste de citron râpé. Versez petit à petit 6 cl de cognac.

Toujours meilleure préparée à l’avance, cette recette vous permet de réaliser quatre puddings. Que vous offrirez à vos proches ! Pensez à cacher une pièce dans chaque pudding : si l’on en croit la tradition, celui qui la trouve aura bonne fortune pour l’année à venir.


Billets-François Hollande, le boulet


François Hollande, le boulet

À 5 mois de l’élection présidentielle, la gauche est en train d’exploser. La raison ? Son navire amiral, le parti socialiste, est incapable de rassembler, car son capitaine, François Hollande, est devenu le boulet, certain d’entraîner tout le monde par le fond.

Alors que la droite et le centre viennent de se donner un nouveau leader qui a de bonnes chances de mettre des bâtons dans les roues du Front national par son conservatisme assumé, la gauche n’en finit pas de tomber en miettes. À la gauche de la gauche, les militants communistes ont décidé de valider la stratégie d’union derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon samedi dernier.

Soutenu par 53,6% du PCF, Mélenchon ne fait pas un plébiscite et pâtit des hésitations et des scrupules de la base. À la gauche de la droite, Emmanuel Macron tente de faire oublier sa proximité avec le gouvernement sortant et mise sur une social-démocratie moderne teintée de libéralisme. Manuel Valls lui-même se sent pousser des ailes et estime pouvoir proposer un bilan politique fondé sur le républicanisme et l’autorité.

Enfin, les éternels groupuscules satellites du Parti socialiste comme EELV et le PRG préfèrent miser sur leurs propres forces plutôt que de négocier des accords pré-électoraux avec leurs partenaires de toujours. Et les militants socialistes ? Ils se sont même déplacés aux primaires de la droite pour essayer de désigner un candidat qui puisse un peu leur rendre justice, Alain Juppé. C’est dire si la confiance en l’avenir règne…
Le Parti sans tête
Mais pourquoi la gauche se met-elle en ordre de marche en ordre dispersé ? Pourquoi autant de personnalités, même de second plan (pardon Sylvia Pinel et Yannick Jadot), estiment-elles pouvoir tenter leur chance lors de ces élections ? Pourquoi les électeurs de gauche se mettent-ils même à voter à droite pour tenter d’influencer l’orientation prise par LR ? Parce qu’il semblerait qu’il n’y ait personne à la tête du parti socialiste.

Il semblerait aussi que le bilan de l’exécutif, quel que soit l’angle pris, soit totalement indéfendable. En d’autres termes, François Hollande a réussi le tour de force de faire l’unanimité contre lui, jusqu’à créer la zizanie dans ses propres rangs.
Les médias pour se refaire
Non seulement le bilan politique de François Hollande est marqué par le sceau de l’immobilisme, mais son absence totale de sens politique a éclaté au grand jour avec les révélations de son livre d’entretiens avec Davet et Lhomme.

Non content de livrer quelques secrets d’État, de flinguer en public ses derniers soutiens et de juger doctement que Fillon ne serait jamais désigné comme candidat de la droite, F. Hollande a clairement indiqué qui étaient pour lui ses derniers soutiens : la presse et un certain journalisme de cour. Il n’est donc pas étonnant de lire dans Le Journal du Dimanche sous la plume de quelques artistes la nécessité d’en finir avec le Hollande Bashing. Malheureusement, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.
Le boulet
La division de la gauche a donc à sa source le manque de leadership du parti socialiste, dont le candidat naturel est à peu près certain de perdre, dans tous les cas de figure, et surtout d’obtenir un score tellement pitoyable qu’il promet de renvoyer le PS dans l’opposition pour un bon bout de temps. C’est pour cette raison que tout le monde prend ses distances avec l’actuel président, qui semble frappé de malédiction.

Tout le monde a compris que pour lui, c’était fini. Seulement, la discipline de parti, d’allié, ou même la connivence idéologique, masquent l’évidence : Hollande est devenu le boulet qui entraîne la gauche de gouvernement vers le fond.

Source contrepoints.org
Photo By: Jean-Marc Ayrault – CC BY 2.0
Par Frédéric Mas.

Frédéric Mas

Frédéric Mas est secrétaire de rédaction de Contrepoints.org. Après des études de droit et de sciences politiques, il a soutenu un doctorat en philosophie sur l'esprit du régime politique des États-Unis. Il a consacré ses recherches à la théorie et à l'histoire du libéralisme politique, à la philosophie du droit, à Leo Strauss et ses disciples.

mardi 29 novembre 2016

Recettes Fruits-Fruits rafraîchis aux épices douces



Fruits rafraîchis aux épices douces

Préparation : 30 mn
Cuisson : 20 mn
Pour 6 personnes
1 petit ananas
6 poires conférence
12 kumquats
2 oranges non traitées
1 citron non traité
1 gousse de vanille
3 clous de girofle
1 bâton de cannelle
8 capsules de cardamome
100 g sucre en poudre roux
1. Epluchez l’ananas. Coupez-le en quartiers et retirez le cœur dur. Coupez la chair en morceaux. Pelez les poires, épépinez-les et coupez-les en lamelles. Citronnez-les. Rincez les kumquats, essuyez-les et coupez-les en rondelles. Eliminez les pépins. Prélevez le zeste d’une orange et celui du citron.
2. Dans une casserole, portez à ébullition 30 cl d’eau avec le sucre, le jus des 2 oranges et un filet de jus de citron. Ajoutez les zestes, la gousse de vanille fendue en deux et grattée, les clous de girofle, la cannelle et les capsules de cardamome écrasées et enfermées dans une boule à épices ou dans un nouet de mousseline.
3. Faites pocher l’ananas et les poires 10 minutes dans ce sirop, à couvert, sur feu doux. Ajoutez les kumquats. Poursuivez la cuisson 10 minutes sans couvrir. Servez les fruits tièdes ou froids, dans le sirop.

Servez avec une crème glacée au gingembre ou au lait d’amandes.


Recettes: Fruits-Bananes au caramel et sésame


Bananes au caramel et sésame
Préparation : 10 mn 
Cuisson : 10 mn 
Pour 4 personnes
4 bananes
75 g de cassonade
20 cl de jus d’ananas
35 g de sésame blanc non doré
1 branche de citronnelle

1. Épluchez les bananes (elles doivent être mûres mais encore fermes).
 

2. Dans une poêle, sur feu moyen, chauffez la cassonade avec le jus d’ananas jusqu’à l’obtention du caramel. Ajoutez le sésame, la branche de citronnelle et les bananes entières. Hors du feu, tournez délicatement les bananes dans le caramel. 
3. Retirez la branche de citronnelle.
4. Servez aussitôt avec une boule de vanille.


Selon les saisons, utilisez d’autres fruits : mangue en cubes, demi-abricots ou quartiers d’agrumes.


Recettes Fruits-Streusel à la poire


Streusel à la poire

Préparation : 30 mn
Repos : 1 heure
Cuisson : 50 mn
Pour 8 personnes
Pour la pâte
220 g de farine
135 g de beurre mou
1 œuf
85 g de sucre glace
2 pincées de vanille
25 g d’amandes en poudre
1 pincée de sel
Pour la garniture
2 kg de poires passe-crassane
50 cl de lait
2 œufs + 1 jaune
125 g de farine
150 g de sucre en poudre
65 g de beurre
1 gousse de vanille
1 pincée de cannelle
1. Préparez la pâte : mélangez tous les ingrédients. Ramassez la pâte en boule. Placez 1 heure au réfrigérateur.
2. Préparez la crème : portez à ébullition le lait avec la gousse de vanille fendue, 15 g de beurre et 50 g de sucre en poudre. Dans un saladier, fouettez les œufs et le jaune avec 50 g de sucre et 50 g de farine. Délayez avec le lait bouillant. Faites cuire jusqu’à l’ébullition en fouettant.
3. Préparez le streusel : mélangez 50 g de beurre, 50 g de sucre, 75 g de farine et la cannelle.
4. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6).
5. Foncez un moule à tarte de la pâte. Faites cuire à blanc 15 minutes. Laissez tiédir. Étalez la crème.
6. Épluchez les poires. Coupez-les en quartiers, ôtez le cœur. Disposez-les sur la crème. Parsemez de streusel. Enfournez 30 minutes. Servez tiède ou froid.

Recettes Fruits-Tarte aux poires


Tarte aux poires

Préparation : 10 mn
Cuisson : 20 mn
Pour 4 personnes
1 rouleau de pâte sablée pré étalée de 230 g
250 g de chocolat noir
3 cuillerées à soupe de crème fraîche épaisse
800 g de poires au sirop en conserve
1. Préchauffez le four à 210 °C (th.7).
2. Garnissez un moule à tarte de pâte sablée, piquez le fond avec une fourchette, garnissez la pâte d’une feuille de papier sulfurisé et de billes de cuisson (ou de haricots secs), et faites cuire à blanc pendant 20 minutes.
3. Pendant ce temps, faites fondre le chocolat à feu doux avec la crème fraîche, en remuant sans arrêt. Egouttez les poires.
4. Lorsque la pâte est cuite, sortez-la du four, mettez-la sur un plat de service.
5. Versez le chocolat chaud sur le fond de tarte. Coupez chaque poire en lamelles et posez celles-ci sur le dessus en formant une fleur. Laissez refroidir avant de servir.

Cette tarte vite prête est vraiment trop bonne.

Variante
Saupoudrez la tarte d’amandes effilées au moment de servir.

Conseil
Préparez des poires au sirop : faites cuire des poires épluchées et coupées en lamelles dans un sirop composé de 50 cl d’eau, de 4 cuillerées à soupe de sucre et de jus de ½ citron, pendant 20 minutes.

Recettes Fruits-Figues aux amandes


Figues aux amandes

Préparation : 10 min
Cuisson : 30 min
Pour 6 personnes
6 grosses figues ou 12 petites
125 g de poudre d’amandes
4 œufs
125 g de beurre mou + 20 g pour les moules
100 g de sucre glace
1 cuillerée à soupe de sucre en poudre
2 cuillerées à soupe de rhum
2 cuillerées à soupe d’amandes effilées
125 g de groseilles
1. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6).
2. Beurrez 6 ramequins.
3. Rincez et essuyez les figues, fendez-les en croix et mettez-les dans les ramequins.
4. Dans le bol d’un robot, réunissez les œufs entiers, le beurre, le sucre glace, la poudre d’amandes et le rhum. Mixez jusqu’à ce que vous obteniez une crème lisse.
5. Répartissez-la sur les figues et parsemez d’amandes effilées.
6. Enfournez pour 25 minutes environ.
7. Pendant ce temps, faites bouillir 10 cl d’eau avec le sucre en poudre dans une petite casserole. Ajoutez les groseilles égrappées et laissez frémir 5 minutes. Filtrez ensuite ce sirop dans une passoire fine et laissez refroidir.
8. Servez les crèmes tièdes nappées d’un peu de sirop de groseilles.

Conseil
L’hiver, vous pouvez remplacer le sirop de groseilles par une cuillerée à café de pistaches concassées sur chaque ramequin.

Recettes Fruits-Pamplemousse grillé



Pamplemousse grillé

Préparation : 10 mn
Cuisson : 5 mn
Pour 6 personnes
3 pamplemousses roses
6 cuillerées à café de miel d’acacia
1. Coupez les pamplemousses en deux, taillez légèrement la base pour leur donner l’assise souhaitée.
2. Avec la lame d’un couteau, séparez la pulpe de la peau en incisant le tour du fruit ainsi que les quartiers.
3. Rangez les fruits dans un plat allant au four. Sur chaque moitié, versez 1 cuillerée à café de miel.
4. Allumez le gril. Glissez le plat dessous et faites griller 5 minutes. Servez brûlant.

Le miel a toujours été beaucoup utilisé dans toutes les cultures méditerranéennes. Il tenait le rôle aujourd’hui dévolu au sucre. Fut un temps où on s’en servait même pour masser les malades.


Billets-La e-médecine sera-t-elle la solution aux déserts médicaux ?


La e-médecine sera-t-elle la solution aux déserts médicaux ?

Les déserts médicaux se multiplient en France. Les consultations à distance sont-elles la solution ?

Les déserts médicaux prennent chaque jour davantage d’ampleur, à mesure que les anciens praticiens des campagnes partent à la retraite et que leur départ n’est pas compensé dans leur, intégralité par de nouveaux arrivants. La France connaît aujourd’hui une pénurie de médecins généralistes. Ainsi, d’après l’Atlas national de la démographie médicale 2015 publié par le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM), la densité moyenne nationale de médecins généralistes est passée d’environ 100 pour 100 000 habitants en 2007 à 88.7 aujourd’hui.
Pénurie de médecins généralistes en France
Les statistiques montrent qu’aucune région ne serait épargnée par cette diminution. Cette même publication du CNOM indique l’existence de 192 déserts médicaux sur le territoire ; 2.5 millions de Français seraient actuellement touchés par ce problème d’accessibilité à un médecin. Beaucoup rejettent la faute sur le Numerus Clausus dans les facultés de médecine, qui serait trop faible. Or celui-ci est en constante augmentation depuis 10 ans et n’a jamais été aussi haut. Le problème réside donc au-delà de la sélection à l’entrée des facultés et l’on peut supposer que la différence d’attractivité entre les territoires se reflète dans les disparités en termes de densité médicale. Quel remède donc à ces déserts médicaux ? Comment garantir à toute la population française un accès simple à un médecin ? Si les solutions miracles n’existent pas, il semblerait tout de même que le numérique et les nouvelles technologies puissent aider à contenir ce phénomène de désertification médicale.

La e-médecine se développe chaque jour un peu plus. Comme son nom l’indique, elle consiste en la pratique de la médecine, en utilisant des ressources numériques afin d’améliorer la prise en charge des patients et les soins qui leurs sont prodigués. Elle existe déjà sous sa forme administrative depuis un certain temps, avec les systèmes informatiques qui permettent aux hôpitaux de traiter directement les cartes vitales, ou le Dossier Médical Partagé (DMP) qui est un dossier médical hébergé sur un serveur accessible à tous les praticiens, et qui permet d’avoir instantanément les informations médicales sur chaque patient. Mais rares sont encore les pratiques médicales qui tirent pleinement profit du numérique. La e-médecine dans sa forme purement médicale n’existe aujourd’hui qu’à titre expérimental.
Les consultations à distance sont-elles la solution ?
La forme la plus connue de cette e-médecine ou télémédecine, consiste en la réalisation de consultations à distance. Le patient se rend ainsi dans une salle dédiée dans sa commune, équipée d’une webcam et d’un casque-micro, et réalise la consultation avec le médecin par visio-conférence. Le patient a également à sa disposition certains appareils faciles d’utilisation, tels qu’un tensiomètre, afin de contrôler certaines de ses constantes physiologiques les plus basiques. Enfin, s’ajoute à tout ceci, dans certains cas, un(e) infirmièr(e), présente afin de réaliser certains actes ou examens ; cela permet par la suite de faire un compte-rendu au médecin qui opère à distance face à ses écrans. Il peut également envoyer instantanément une ordonnance, qui s’imprime directement dans la salle où se trouve le patient.
Des robots médecins ?
Mais les consultations à distance ne sont pas les seules formes de télémédecine. Une autre possibilité offerte par le développement du numérique et des nouvelles technologies réside dans les intelligences artificielles et l’utilisation du Big data. Ainsi, des robots dotés d’une intelligence artificielle pourraient également réaliser un pré-diagnostic de patients, en les questionnant sur leurs symptômes, selon un algorithme préalablement défini, avant de recouper ceux-ci avec toutes les informations et connaissances intégrées dans sa base de données (programmes algorithmiques bien sûr, mais aussi publications scientifiques, cas similaires précédents, donnés épidémiologiques…), et d’envoyer le tout à un médecin. Le robot agira donc comme une aide à la prise de décision du médecin, qui restera, bien entendu, seul décisionnaire. Et ceci, tout comme les consultations par visioconférence, présente l’avantage de se faire à distance, évitant au patient de se déplacer, parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour parfois très peu de choses. Cela fait également gagner du temps au médecin, à l’heure où les salles d’attentes sont surchargées et où les délais de prise de rendez-vous augmentent constamment. Bien sûr, les intelligences artificielles en médecine n’en sont qu’à leurs balbutiements, mais les apports potentiels pour la médecine dans le futur demeurent considérables.

Ces nouvelles technologies pourraient se révéler extrêmement utiles dans leur application au problème des déserts médicaux. En effet, tant la réalisation de consultations à distance, comme de pré-diagnostics en ligne, semblent pouvoir être des solutions plausibles en vue de la résorption de la pénurie de médecins généralistes, qui touche la France de manière assez généralisée. Bien entendu, cela ne règlera sans doute pas l’intégralité du problème d’accès à la médecine, mais pourrait au moins contribuer à endiguer son développement.

Source contrepoints.org
Photo Médecine (Crédits : Adrian Clark, licence CC-BY-ND 2.0)
Par Louis Malbète.

Trop Libre

Trop Libre est le blog de la Fondation pour l'innovation politique, dirigée par Dominique Reynié. Il ambitionne de devenir le « hub » des idées innovantes en France, une tête de prospection des pratiques réformistes, des débats intellectuels, des innovations politiques et économiques à travers le monde.

lundi 28 novembre 2016

Billets-Hold-up sur les comptes courants pour financer le Livret A !


Hold-up sur les comptes courants pour financer le Livret A !

Lassées de financer la politique populiste de François Hollande, les banques ont décidé de faire payer à ses électeurs (et aux autres) le coût faramineux du maintien d’un taux élevé sur le Livret A.

J’en conviens, parler de « taux élevé » pour qualifier un rendement de 0,75% par an, cela peut sembler provocateur. Mais dans le contexte de taux directeurs nuls, voire négatifs, qui perdure en France depuis quasiment le début de l’année 2016, même une aussi faible rémunération reste excessive. Surtout que le Livret A constitue le premier produit d’épargne liquide des ménages avec environ 260 milliards d’euros placés sur ces comptes défiscalisés.
Le Livret A coûte de l’argent aux banques
Révisable deux fois par an, au 1er février et au 1er août, le taux du Livret A doit en théorie suivre une formule de calcul basée sur l’indice des prix et le niveau des taux interbancaires courts (Euribor à 3 mois, par exemple). Avec ce système, le taux d’intérêt du Livret A devrait se situer aux alentours de 0,4 à 0,5% par an.

Or il a été maintenu artificiellement à 0,75% par le gouvernement Valls pour des raisons que certains supposent largement électoralistes. Mais cette différence doit bien être financée par quelqu’un et, jusqu’ici, les banques n’avaient d’autre choix que de mettre la main au portefeuille pour servir des intérêts qui leur faisaient perdre de l’argent à chaque décollecte.

Et des décollectes, il y en a eu pour 12 milliards d’euros net l’an dernier. Autant dire que les banques n’apprécient que très moyennement la perspective de devoir perdre de l’argent sur un placement dont elles ne peuvent en outre pas vraiment disposer comme elles le souhaitent. En effet, depuis un décret du 16 mars 2011, les banques sont tenues de rediriger 65% de ce qu’elles collectent sur les Livrets A vers la Caisse des dépôts et consignations, laquelle investit ensuite massivement ces sommes sur les marchés financiers pour le compte de l’État (une partie sert tout de même à financer des programmes de logements sociaux ainsi que de politique de la ville). Quant aux 35% restants, ils sont théoriquement destinés à financer les PME françaises, et c’est même à cette seule condition qu’une banque peut conserver cette part d’épargne réglementée dans son bilan.
Un Livret A qui fait courir un risque aux banques
Ainsi, avec un encours de 260 milliards d’euros et une différence de 0,25% entre le taux théorique et le taux réel, le risque s’élève tout de même à la coquette somme de 650 millions d’euros à la charge des banques ! Tout cela, on l’a dit plus haut, sans pouvoir réellement compenser avec d’éventuels gains tirés d’une utilisation des fonds placés, puisque ça leur est quasiment interdit. C’est pourquoi il n’est franchement pas surprenant que ces mêmes banques aient récemment annoncé une revalorisation des frais appliqués aux usagers à partir du 1er janvier prochain.

D’aucuns n’y ont vu qu’un simple ajustement leur permettant de faire face au manque à gagner engendré par les taux bas, mais c’est oublier un peu vite la politique de quantitative easing mise en place par la BCE qui a déjà inondé le marché bancaire européen de 1000 milliards d’euros en 18 mois. Non, l’explication est ailleurs, et la coïncidence avec une éventuelle provision correspondant au surcoût du Livret A est pour le moins troublante. Jugez-en plutôt.
Une France qui va payer sa forte bancarisation
Les Français sont un peuple particulièrement bancarisé, avec plus de 99% des citoyens possédant au moins un compte bancaire. Les seuls comptes courants sont au nombre de 71 millions, soit plus d’un par individu. L’an prochain, leurs titulaires verront le montant de leurs frais de gestion augmenter en moyenne de 6 euros par an et par compte, soit une confortable trésorerie supplémentaires de 426 millions d’euros pour les banques.

À ces frais, vont s’ajouter une hausse du prix des cartes bancaires (+ 10% en moyenne, soit 280 millions d’euros), ainsi que des commissions d’intervention et même des surcoûts en cas de retrait aux distributeurs automatiques des autres banques. Au total, on atteint (et on dépasse même) très facilement les 700 millions d’euros, autant dire de quoi financer largement l’excès de rendement du livret A tout en se ménageant une petite marge de sécurité de 10% au cas où les taux ne remonteraient pas aussi vite que prévu.
Surtout qu’avec le risque accru de voir s’évanouir leurs économies placées en assurance-vie, certains épargnants pourraient bien être tentés de remettre provisoirement leur pécule sur une valeur sure et garantie depuis 200 ans : le Livret A.

Source contrepoints.org
Photo Piggy bank By: Images Money – CC BY 2.0
Par Anthony Alberti.

Anthony Alberti
Entrepreneur depuis vingt ans dans le domaine de la communication et l'information stratégique, il a été amené à travailler plusieurs fois en partenariat avec des banques et des assurances, dont la principale matière d'œuvre était constituée de l'argent des épargnants. Peu complaisant à l'égard de leurs pratiques dont il a entrevu les coulisses, il délivre aujourd'hui régulièrement son analyse sans concession sur les agissements des professionnels de la finance, et de tous ceux qui, de près ou de loin, se font les auteurs ou les complices des manipulations qui spolient chaque jour un peu plus les honnêtes citoyens.


samedi 26 novembre 2016

Dessins de presse


Dessins de presse

Dessins de presse


Dessins de presse

Photos-Kevin Carter

Kevin Carter: Voyage au bout de l'enfer 
Autopsie d'un suicide

Kevin Carter (1960 - 1994) 

Ce 27 juillet 1994, seul dans ta voiture et au milieu du désert, ta décision était faite.
Sitôt écrit ce dernier mot à laisser aux Absents, tu romprais les amarres. Tu partirais.
Cette fois-ci pour un aller simple, sans le téléobjectif ni le moindre effet encombrant. Ni parafe autorisant mission ni cartes, boussole et les appréhensions de te fourvoyer à nouveau dans le chemin de l'enfer.

Tu partirais vers un monde que ta conscience, et seule ta conscience, permettait d’appréhender comme étant salutaire. Abstrait du mal enduré, intenable, mettant un terme à ton ordalie, à l’inconfort de cette situation où tu perdais certitudes et repères. Et quoiqu’il en soit, un monde qui serait sans faim. Ni fin. Ni guerres.


La mort a dû te fasciner depuis longtemps. Sourdement, sans que tu aies pu le soupçonner. 

Tu la côtoyais de si près partout où tu te déplaçais pour en « voler » des images. De Johannesburg à Darfour, dans les ghettos, sur les chemins de l’exode et des errances, dans l’enfer des haines ethniques et des guerres, la fumée et le feu des bûchers, sur les charniers comme dans la solitude et la détresses des faméliques devenus tes familiers. Mais aussi, et peut-être plus qu’ailleurs, dans des contrées apparemment moins sauvages, plus humanisées, apparemment. Dans l’indifférence de ceux qui voient et laissent faire, ceux qui savent et haussent les épaules, ceux qui ne voient plus et ne voudraient plus rien voir, ceux qui vous diraient, citant le bon sens de l’absurde : « Est-ce que l’Humanité était au programme de la création» ?

Au fil de tes obligations professionnelles, lesquelles aussi étaient des moments d'escapade vers l'enfer des uns et des autres, par giclées de caméra-mitrailleuse focalisée sur l'inhumain, l'atroce,



les horreurs inédites, ta caméra qui raccompagnait tantôt, et tantôt achevait, t'avait permis d'avoir un certain avant-goût de la mort. C’était à la fois âcre et titillant.
Il te fallait maintenant vider d'un trait la dernière coupe pour basculer instantanément, une fois pour toutes, dans la certitude. Tu ne seras plus.

Tant d'images interposées entre les laissés-pour-compte et les Absents, surtout celles qui restent en travers des cils et du gosier t'avaient viscéralement marqué.
Et dans le dédale du doute, quand des doigts s'étaient élevés pour vouer au pilori certains "tricheurs de l'humanitaire", même s'il était injuste de te sentir viscéralement concerné, à tant valser entre ces deux mondes, celui des voyeurs et celui du militant, tu aurais préféré battre en retraite, laissant à nu le militant et accourant au secours du voyeur. 


Mais quoiqu'on eût pu dire, Kevin, tu étais surtout d'un autre monde et d'une cause inaltérable.

Aux côtés des laissés-pour-compte, les sous-humains, ceux qui sont livrés à la plus haute des solitudes, les élus de toutes les misères, et dont bon nombre, à la faveur de notre absence et nos bons alibis, ne mettent pas beaucoup de temps pour

s'en délivrer. Tous ceux que tu as pu raccompagner, dans tel ou tel instantanés de leur lente ou brève agonie, tous ceux que tu as pu saisir dans tel ou tel traquenard du photographe ou de leurs bourreaux, tous ceux avec qui tu as erré à la recherche d'une goutte d'eau ou de quelque racine à se mettre sous la dent, ne t'avaient jamais quitté.

Et bien davantage ceux qui auraient pu te reprocher un certain zèle de professionnel. De les serrer de si près, les tiens, de te battre pied à pied avec les vautours autour, ils en seraient arrivés à confondre charognard et photographe. C'était en tous cas la sentence de certains juges, dont le plus implacable n'aurait été autre que toi-même, quand il a fallu comparaître devant ce tribunal d'inquisition. Celui des autres et celui de soi. Et tu avais beau plaider pro domo la belle cause, juge et partie que tu étais, tu ne pouvais disculper le photographe, le reléguant sans appel au banc des charognards.



Photo Greg Marinovich Sweto le 15/09/1990 - Prix Pulitzer 1991

Oh! qu'importe! les laissés-pour-compte seraient dédommagés d'une gloire posthume assurée. Et qui mieux, inespérée. Et puis il fallait songer aussi au pain des vivants. Les tirages qui peinent, les caissettes à renflouer, la courbe des invendus . Sans cette manne des guerres salutaires et les non moins salutaires famines, en Afrique et ailleurs, l'ailleurs et l'Afrique ce serait nous en place qui l'offririons. 

Cela, en appui du jugement que tu prononçais contre toi-même, était le verdict de ceux qui dénonçaient l'affairisme de l'humanitaire. La photo choc ne rapporte rien à ceux qui crèvent et ceux qui sont appelés à crever. A l'audimat des grands médias par contre, oui. Au tirage des feuilles de choux à sensations, aux caisses des rentiers de l'info qu'il faut constamment renflouer, aux frissons des résidents et présidents des Circus Maximus dans la société du spectacle et des loisirs, oui. Et au delà de toutes les estimations.

Mais, va quand même, Kevin!
Tout cela est loin derrière toi maintenant. Car à l'heure où tu as fini ce mot d'adieu, il ne te reste plus qu'à franchir le dernier pas. Avec un peu chance, écris-tu, tu pourrais retrouver Ken.

Ken. Tué d’un feu ami, nous dit-on, dans une localité de la banlieue de Johannesburg.

Était-ce vraiment lui, parti trois mois plus tôt, qui t'aurait télégraphié telle invitation? Il n'était

pas engoué pour son voyage ni le moindrement pressé de partir. Mais sans trop savoir comment on lui avait offert son aller simple. Et du coup, sans prévenir ni faire d'adieux, il t'avait laissé seul au désert. "Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !" Ce matin encore, tout autour de toi le désert en résonnait. 

Mais même si cela n'annulera pas ce qui est de longue date accompli et scellé, tu avais tort de penser seulement à Ken. Tu n'aurais pas dû te plier à sa voix, aussi irréfragable fût son appel. Tu as fait beaucoup de peines aux amis que tu ne soupçonnais pas, plus nombreux de part le monde, désormais un peu plus esseulés après toi. 


Mais va quand même. Les dés comme le mektoub sont scellés. Et la messe est dite.

Et puis Ken n'aurait été qu'une voix. Celle du ténor peut-être, mais juste une voix qui ne couvrirait ni n'éclipserait le chœur. Outre le juge que tu t'étais érigé de toi-même pour prononcer la sentence d'un cas de conscience, et rangé à côté d'autres inquisiteurs ingérant le poison de ta consécration, jugée imméritée, il y avait aussi la traîtrise des frères de sang, la boue venant de journaux saintes-nitouches, les uns et les autres te balançant ainsi dans leur sac à ordures, pour te raffermir encore dans ton ultime choix.
Peu importe! Magnanime, sans rancune aucune, dans cet ultime choix tu leur offrirais sous peu ton propre cadavre qu'ils dépèceraient des jours et des semaines durant.


Il y avait aussi le chœur des revenants. 

Ceux qui te harcelaient à des heures indues, alors que tu tentais de chercher dans le sommeil un abri. Ceux-là même que tu raccompagnais, qui ne demandaient plus rien à personne, ni pitié ni assistance, rien de rien, si ce n'est le droit de mourir au moins comme les hommes, seuls ou avec les leurs, mais dignement. 


Qui d'eux tous t'aurait le mieux subjugué?
Ce ver nu et gringalet qui mourait d'inanition, d'aucuns



liraient une autre appétence, et cherchait un semblant de salut à boire à même la vache l'urine apaisant sa soif? Ce damné qu'on brûlait sur le bûcher de la haine ethnique et qui, enchaîné ou anesthésié par le supplice flambait vaillamment et fumait? Cet

enfant qui rampait à quatre pattes derrière l' âme secourable escomptée et ne cessait d'espérer quand bien même le secours indifférent hâtait ses pas loin devant lui? Ces squelettes qui conservaient encore une mince bande de peau adhésive, recroquevillés sur eux, incapables même de chasser les mouches qui trouvaient dans ces intouchables une manne pour se nourrir? Cet enfant dégarni, sans fesses, pas même une, juste une mince planche à la verticale dressée sur deux dents de fourche pointues, dont le dos strié par les côtes saillantes ressemble, et c'est peu dire, au cliché d'une radioscopie, et qui peinait à supporter entre les épaules sa lourde tête?

Ou fût-ce le corbeau maudit que tu n'aurais vu qu'aviné, étourdi?
La cerise sur le gâteau, qui t'a valu la gloire, la consécration? L'oiseau de malheur venu posant pour l'immortalité de cette image, sans oublier de demander à bon droit qu'on lui cède sa basse venaison, entamant pour le délire des sens et la fin de la faim son compte à rebours. Et, indulgent, t'offrant si gracieusement la belle part du cadavre?

Non, c'était elle qui t'aurait appelé.
Cette enfant qui n'en pouvait plus, à tant l'attendre la fin, et qui chavirait, ivre de lassitude, le visage contre la terre qui ne s'ouvrirait pas pour l'accueillir.
Si l'on en juge par l'aplomb du charognard à l'affût.

Allez, va quand même, Kevin.
Loin de ton téléobjectif mais à tes côtés quand même, plus jamais ils ne verront l'enfer ces anges que tu as rejoints là-haut.


Le cliché qui valut au photographe le prix Pulitzer en 1994.
(Ayod - Sud Soudan - 1993)

Voici ce qu'on peut lire sur les carnets laissés par le photographe au sujet de la fillette et du corbeau: "à environ 300 mètres du centre d'Ayod, j'ai croisé une toute petite fille au bord de l'inanition qui tentait d'atteindre le centre d'alimentation. Elle était si faible qu'elle ne pouvait faire plus d'un ou deux pas à la fois, retombant régulièrement sur son derrière, cherchant désespérément à se protéger du soleil brûlant en se couvrant la tête de ses mains squelettiques. Puis elle se remettait péniblement sur ses pieds pour une nouvelle tentative, gémissant doucement de sa petite voix aiguë. 


Bouleversé, je me retranchai une fois de plus derrière la mécanique de mon travail, photographiant ses mouvements douloureux. Soudain la petite bascula en avant, son visage plaqué dans la poussière. Mon champ de vision étant limité à celui de mon téléobjectif, je n'ai pas tout de suite remarqué le vol des vautours qui se rapprochaient, jusqu'à ce que l'un d'eux se pose, apparaissant dans mon viseur. J'ai déclenché, puis j'ai chassé l'oiseau d'un coup de pied. Un cri montait en moi. J'avais dû parcourir 1 ou 2 kilomètres depuis le village avant de m'écrouler en larmes. " Kevin Carter (Mini bio du photographe) - source de ce texte.

Dans la note de suicide que Kevin a laissée on peut lire au sujet de l'ami assaissiné trois mois plus tôt: "Si je suis très chanceux, je vais retrouver Ken"

Kevin Carter s'était donné la mort à un moment de dépression. Les atrocités dont il fut témoin, la mort d'un ami assassiné et les critiques acerbes dont il fit l'objet après sa récompense du prix Pulitzer étaient aux origines de cette fin tragique.

Source: amhed amri (amriahmed.blogspot.com)
 


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vendredi 25 novembre 2016

Photos: Animaux

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