mercredi 31 août 2016

Dessins de presse


Dessins de presse

Dessins de presse


Dessins de presse

Dessins de presse


Dessins de presse

Billets-Un éclairage de vélo salvateur


Un éclairage de vélo salvateur

Difficile pour un cycliste d’être vu la nuit, même avec un éclairage conventionnel. “Un problème qui devrait être résolu avec la Blaze Laserlight”, affirme le magazine Fast Company. Ce système d’éclairage “projette l’image d’un vélo quelques mètres devant la roue avant du cycliste, avertissant les autres utilisateurs de la route de l’arrivée d’un deux-roues.” D’après le mensuel, “les voitures ont tendance à laisser plus d’espace aux cyclistes grâce à cet éclairage, ne se rabattant qu’après avoir dépassé l’hologramme”.

Le concept a été mis au point dès 2011 par Emily Brooke, une jeune designer britannique, qui était alors encore à l’université. Trois ans plus tard, une campagne de financement participatif en ligne lui a permis de récolter plus de 800 000 dollars (580 000 euros) pour mener son projet à terme. Rouler derrière cet hologramme salvateur va tout de même coûter près de 150 euros.


 Dessin de falco, Cuba.

lundi 29 août 2016

Recettes Périgord-Omelette truffée

Omelette truffée

Préparation : 5 mn
Cuisson : 4 mn
Pour 4 personnes
8 œufs
5 g de truffe râpée
1 cuillerée à soupe de « gras »
1 cl de lait
1 gousse d’ail
3 brins de persil
Sel et poivre du moulin
1. Cassez les œufs dans un récipient de préparation. Versez-y 4 g de brisure de truffe et mélangez.
2. Profitez-en pour réserver dans un autre récipient étanche 1 g de brisure de truffe pour préparer une crème à la truffe comme dessert.
3. Posez une poêle sur un feu vif avec la cuillerée de gras pour saisir l’omelette.
4. Repliez les bords pour la retourner et faites-la cuire 4 minutes environ, selon que vous l’aimez baveuse ou bien cuite.
5. Servez l’omelette sans attendre, accompagnée d’une salade de pissenlits.


Recettes Périgord-Cocotte de truffe noire


Cocotte de truffe noire
Préparation : 20 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 4 personnes
150 à 200 g de truffes fraîches brossées
250 g de pâte feuilletée
50 g de beurre
30 cl de champagne brut
35 cl de crème fraîche épaisse
25 cl de bouillon de volaille
1 carotte (environ 120 g)
1 morceau de céleri rave (environ 40 g)
2 échalotes
Poivre Muntok
Fleur de sel
Mélange des îles
1. Versez le champagne et le bouillon dans une casserole. Faites réduire de moitié. Ajoutez la crème, une pincée de fleur de sel et trois tours de moulin de poivre Muntok. Laissez réduite jusqu’à ce que la sauce soit légèrement nappante. Il en reste 40 cl environ.
2. Pendant ce temps, pelez puis taillez carotte et céleri en dès. Épluchez et hachez les échalotes. Faites-les fondre dans le beurre. Ajoutez la carotte et le céleri. Ne les cuisez pas plus de 2 minutes pour qu’ils restent croquants.
3. Faites mousser la crème de champagne en donnant un coup de mixeur plongeant (ou émulsionnez au fouet électrique). Ajoutez les légumes. Laissez frémir 2 minutes. Répartissez la sauce dans 4 mini-cocottes (ou des ramequins), garnissez avec les truffes. Laissez refroidir.
4. Recouvrez les cocottes (ou les ramequins) d’un couvercle de pâte feuilletée en pinçant les pourtours afin de faciliter son adhésion. Gardez 20 minutes au frais Préchauffez le four à 180 °C (th. 6). Glissez-y les cocottes. Faites cuire 20 minutes.
5. Servez aussitôt. Mettez le moulin à poivre et la fleur de sel à disposition des convives.

Ce plat de fête est facile à réaliser. On peut également coucher dans un ramequin quelques lamelles de truffe sur un lit de pommes de terre rattes cuites et émincées, et procéder comme ci-dessus. Cette entrée peut se préparer 3 heures à l’avance, voire la veille, elle n’en sera que meilleure.

Avis sur les épices :
Ici, c’est la rencontre au sommet de deux parfums sensuels et puissants : l’arôme charnel de la truffe (tuber melanosporum) et l’effluve animal du poivre Muntok. La crème de champagne et le céleri font pétiller l’ensemble.

Recettes: Périgord-Merveilles

Merveilles

Préparation : 20 mn
Repos :
1 h
Cuisson :
15 mn
Pour 4 personnes

10 g de levure de boulanger

10 cl de lait

150 g de beurre

500 g de farine

200 g de sucre en poudre

4 œufs entiers

2 pincées de sel

Cognac
Huile de friture

Sucre glace 

1. Mettez la levure dans un bol et émiettez-la. Faites tiédir le lait et versez-le dessus. Mélangez. Faites ramollir le beurre.
2.
Versez la farine dans une terrine et ajoutez le sucre ainsi que 2 pincées de sel. Mélangez et faites une fontaine. Incorporez les œufs entiers, un par un, puis le beurre ramolli. Ajoutez enfin 1 petit verre de cognac ou de rhum pour parfumer le lait et mélangez avec la levure.

3.
Mélangez intimement et pétrissez la pâte 2 ou 3 minutes. Ramassez-la en boule et couvrez la terrine d’un torchon. Laissez reposer pendant 1 heure dans un endroit tiède.
 

4. Abaissez la pâte sur 3 mn d’épaisseur. Découpez-y des bandelettes et des carrés. Avec les bandelettes, faites des nœuds lâches. Dans les carrés, faites trois incisions parallèles sans aller jusqu‘aux bords.
5.
Faites chauffer le bain d’huile dans une grande bassine à friture. Plongez-y les merveilles sans en mettre trop à la fois. Comptez, environ, 4 minutes de cuisson par fournée. Retournez les merveilles dès qu’elles montent à la surface et laissez-les dorer.
6. Égouttez-les et poudrez-les aussitôt de sucre glace.


Ces beignets de pâte ajourés, se servent tièdes ou froids, poudrés de sucre glace. Vous pouvez les conserver facilement une quinzaine de jours dans une boîte métallique hermétique.


Ce dessert est traditionnel pour le carnaval. On peut parfumer également la pâte avec de l’essence d’anis. Comme de nombreux autres beignets de pâte que l’on confectionne dans toutes les régions de France, les merveilles marquent dans le calendrier, le retour aux desserts « riches » de l’époque du carnaval et de mardi gras. On les servait aussi dans un panier tapissé de torchon pour les veillées.




Recettes Périgord-Salade de pourpier


Salade de pourpier

Préparation : 10 mn
Cuisson : 10 mn
Pour 4 personnes
400 g de pourpier
2 œufs
2 cornichons
3 cuillerées à soupe d’huile de maïs
2 cuillerées à dessert de vinaigre de vin blanc
Sel
Poivre du moulin
1. Faites cuire les œufs durs à l’eau bouillante, rafraîchissez-les à l’eau très froide et écalez-les.
2. Triez le pourpier et éliminez les tiges trop grosses. Lavez les feuilles. Egouttez-les.
Émincez les cornichons et préparez la vinaigrette. Coupez les œufs durs en rondelles.
3. Réunissez dans un saladier le pourpier, les œufs durs, les cornichons et la vinaigrette. Remuez sans écraser les œufs et servez.

Plante vivace que l’on utilisait au Moyen Âge surtout confite au vinaigre, le pourpier possède des feuilles fraîches et charnues à la saveur légèrement piquante et noisetée.

Recettes Périgord-Omelette aux cèpes


Omelette aux cèpes

Préparation : 12 mn
Cuisson : 35 mn
Pour 4 personnes
8 œufs
500 g de cèpes pas trop gros
Graisse d’oie
Ail
Persil
Sel et poivre du moulin
1. Parez les champignons en éliminant les parties terreuses. Lavez-les rapidement et essuyez-les. Pelez éventuellement les queues et hachez-les. Coupez les têtes en morceaux.
2. Faites chauffer 1 cuillerée à soupe de graisse dans une poêle et ajoutez les cèpes. Laissez-les colorer en les faisant sauter, puis baissez le feu, couvrez et laissez cuire doucement pendant 15 minutes environ.
3. Pendant ce temps, hachez 1 gousse d’ail pelée et la valeur d’une cuillerée à soupe de persil. Mélangez et ajoutez cette persillade aux cèpes. Continuez à faire cuire doucement pendant 10 minutes.
4. Cassez les œufs, salez et poivrez. Battez-les vivement en omelette. Prélevez les cèpes avec une écumoire et ajoutez-les aux œufs. Battez encore.
5. Remettez un peu de graisse dans la poêle et versez-y le mélange œufs-cèpes. Faites chauffer sur feu vif en brouillant le mélange avec une fourchette pour saisir l’omelette. Poursuivez la cuisson quelques minutes.
6. Repliez l’omelette au moment de la servir sur un plat chaud.

Grand classique de la cuisine périgourdine, l’omelette aux cèpes est un régal à elle seule.

La cuisson des cèpes ne doit pas être trop rapide, sinon ils ne sont pas digestes. L’omelette aux girolles se confectionne selon le même principe.


Recettes Périgord-Omelette aux truffes


Omelette aux truffes

Préparation : 10 mn
Repos : 1 h
Cuisson : 8 mn
Pour 2 personnes
4 œufs
1 truffe entière en conserve au naturel
1 cuillerée à soupe de crème fraîche
1 cuillerée à soupe de graisse d’oie
Sel et poivre du moulin
1. Égouttez les truffes et pelez-les. Émincez-les. Conservez les pelures pour parfumer une sauce. Mettez également de côté le liquide que contient la boîte de conserve.
2. Cassez les œufs et mettez 1 blanc de côté. Versez dans une jatte les 4 jaunes et les 3 autres blancs, ajoutez les truffes émincées, sauf 4 belles lames pour décorer l’omelette. Ajoutez 1 cuillerée à dessert du liquide de conservation. Battez légèrement, couvrez la jatte et laissez reposer à température ambiante pendant 1 heure.
3. Fouettez en neige le blanc d’œuf restant. Incorporez-le aux œufs qui macèrent avec les truffes, ainsi que la crème. Battez en omelette, salez et poivrez.
4. Faites chauffer la graisse dans une poêle. Quand elle est sur le point de fumer, versez-y la préparation. Faites cuire l’omelette sur feu vif en la gardant un peu baveuse.
5. Servez l’omelette pliée sur un plat chaud. Posez les 4 lamelles de truffe dessus et servez aussitôt.

La meilleure saison pour les truffes fraîches est le mois de janvier. Pour les conserves, choisissez-les entières, stérilisées au naturel, « de première ébullition ».

Si vous utilisez une truffe fraîche, brossez-la et pelez-la. Faites-la macérer pendant 1 heure dans un peu de cognac. Ajoutez ensuite un petit verre d’eau et portez à ébullition, puis laissez refroidir. Utilisez le jus dans une sauce.


Recettes Périgord-Crème Mascarpone et truffe


Crème Mascarpone et truffe

Préparation : 5 mn
Cuisson : 10 mn
Pour 4 personnes
50 cl de lait parfumé avec les brisures de truffe
1 g de brisure de truffe
25 cl de lait froid
50 g de mascarpone
1 cl de jus de truffe
3 cuillerées à soupe de sucre en poudre
1 cuillerée à café de maïzena
1 cuillerée à soupe de farine
1. Dans le lait froid, mélangez le mascarpone, la maïzena, la farine, le sucre en poudre et le jus de truffe. Faites cuire 10 minutes à 60-70 °C, surveillez, remuez la préparation pour éviter des grumeaux.
2. Laissez refroidir votre préparation à 50-60 °C, puis incorporez les 50 cl de lait parfumé avec les brisures de truffe. Liez la crème en remuant. Attention, à haute température la truffe perd de son parfum.
3. Versez la crème dans des ramequins pour la présentation, réservez au froid environ 1 heure avant de les servir.

Il est conseillé de réaliser cette recette avec 1 g de truffe râpée le jour même où vous proposez l’omelette truffée.



dimanche 28 août 2016

Recettes Crétoises-Flan de poires aux pistaches


Flan de poires aux pistaches

Préparation : 15 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 6 personnes
3 belles poires comices
50 g de pistaches pelées
½ citron
200 g de farine
1 sachet de levure chimique
100 g de sucre
2 gros œufs
10 cl de lait
75 g de beurre
1. Préchauffez le four à 175°C (th. 5-6), en laissant au milieu.
Beurrez un plat rectangulaire allant au four. Pelez les poires et coupez-les directement en dés au-dessus du plat, arrosez-les du jus du demi-citron. Parsemez de pistaches.
2. Dans une jatte, mélangez la farine et la levure. Ajoutez le sucre, le lait. Faites fondre le beurre sans le cuire, versez-le dans la pâte. Battez les œufs en omelette, ajoutez-les à la pâte en mélangeant bien pour qu’elle fasse comme un ruban. Versez régulièrement sur les fruits, égalisez la surface, essuyez les bords du moule.
3. Mettez le plat au four et laissez cuire 30 minutes. Vérifiez la cuisson : la lame d’un couteau enfoncé au cœur du flan doit ressortir à peine sèche. Laissez refroidir et servez dans le plat de cuisson.

La doyenné-du-comice est une excellente poire d’automne et d’hiver. Dès la fin janvier, n’en achetez plus, même si l’aspect extérieur reste inchangé. Si vous voulez confectionner ce dessert en été, mélangez pêches et abricots. C’est d’autant plus délicieux que les pistaches donnent à ce gâteau un goût sympathique d’amandes.



Recettes Crétoises-Salade de pourpier à la menthe


Salade de pourpier à la menthe

Préparation : 15 mn
Cuisson : 15 mn
Pour 6 personnes
300 g de pourpier
6 pommes de terre nouvelles
2 belles tomates
1 gousse d’ail rose
6 branches de menthe fraîche
5 cuillerées à soupe d’huile d’olive vierge
1 cuillerée à soupe de vinaigre de vin
1 cuillerée à café de gros sel et du poivre
1. Équeutez et rincez le pourpier, égouttez-le, hachez-le grossièrement avec la menthe. Réservez dans un linge. Hachez l’ail finement. Rincez les tomates, essuyez-les et coupez-les en rondelles.
2. Mettez les pommes de terre à cuire dans de l’eau bouillante salée 15 minutes environ, selon leur grosseur. Pelez-les, coupez-les en rondelles moyennes.
3. Préparez une vinaigrette, ajoutez l’ail et assaisonnez-en le pourpier, les tomates et les pommes de terre. Mélangez bien et servez.

En Crète, le pourpier pousse à l’état sauvage. Il peut se prêter à toutes sortes de préparations. De très anciennes recettes proposent de le plonger quelques minutes dans de l’eau bouillante, de l’ajouter à un bouillon de volailles, de lier la préparation avec des jaunes d’œufs et de la crème, puis de passer le tout au travers d’une mousseline.
Les jeunes tiges et feuilles de pourpier se consomment en salade, et leur goût légèrement acidulé donne une petite touche originale.
Il peut également être cuit dans une soupe ou une omelette.

Des variétés à fleurs roses ou blanches sont cultivées pour l'ornement.
Le pourpier est riche en oméga 3 (0,2 à 0,38 g pour 100 g), vitamines A et C, calcium, fer, sodium, potassium et magnésium.
Cette plante est également riche en antioxydants et constitue un des éléments de base de l'alimentation crétoise. En effet, la Crète abrite un grand nombre de variétés de pourpiers.
Le pourpier est laxatif, diurétique et bénéfique en cas d’irritation des muqueuses.

Ses graines étaient un des constituants du diaprun solutif de la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle.

Ma vie d’expat’ in London

Ma vie d’expat’ in London

Le témoignage de Nicolas : « Les plaintes, les grèves, les jérémiades, les arrangements politiques, les taxes à n’en plus comprendre l’utilité ; si c’est ça être Français, je préfère être un sujet de sa majesté. »


Une petite présentation ?
Je suis Nicolas, 42 ans, célibataire. Je suis né à Paris, et y ai vécu pendant 40 ans. Je peux me considérer comme un « vrai » Parisien puisque ma famille en est originaire depuis 4 générations.  J’ai déménagé à Londres il y a deux ans.

Que faites-vous comme métier dans ce pays ? Pouvez-vous raconter brièvement votre parcours professionnel ?      
Je suis photographe de profession. Je suis spécialisé dans la photographie culinaire, les cosmétiques et la joaillerie. J’ai été diplômé d’Icart Photo en 1995.

J’ai énormément voyagé : personnellement, mais aussi pour des catalogues, des agences de publicité ou des clients. Je fais le tour du monde une à deux fois par an.

Pourquoi être parti ?
Sur le plan humain, l’idée de quitter Paris me taraudait déjà depuis plusieurs années : l’agressivité latente, le pessimisme ambiant, l’incivilité des Parisiens ont fait que je ne reconnaissais plus « ma ville », celle dans laquelle j’ai toujours vécu. En fait j’avais la sensation que je n’y trouvais plus ma place car je suis de nature optimiste et je me sentais « tiré par le bas » par mes contemporains, qu’ils soient amis ou collègues.

Sur le plan financier, mes revenus avaient augmenté de 25% en 3 ans et en même temps, mes impôts de 300%.

J’ai alors commencé à regarder d’autres pays alentours (chose que je n’avais jamais faite auparavant) et je me suis rendu compte que j’étais surtaxé en France (47% de charges contre 12% en Grande-Bretagne).

Pourquoi ce pays ?
Je travaillais déjà en Grande-Bretagne épisodiquement, de nombreux amis vivent à Londres et je parle anglais couramment.

Je suis à 2h de Paris en Eurostar. J’ai rencontré un comptable ici à Londres qui m’a finalement décidé à partir de Paris.

Avez-vous eu des doutes ? Comment les avez-vous gérés ?
Quelques doutes au début, notamment sur le coût de la vie, l’intégration. Ces doutes ont été balayés dès les premières semaines car Londres est faite d’une multi-ethnicité tellement vaste que l’intégration est quasi immédiate.

Même si le coût de la vie quotidienne est 20% plus élevé qu’à Paris, la qualité de vie la dépasse de 200%.

Parlez-nous de votre quotidien : comment s’organise une journée, en quoi est-ce différent de la France, de ce que vous connaissiez ?
Tout d’abord, Londres est une ville dans laquelle on se sent en sécurité. Il y a des vols évidemment, mais on se sent « safe » au quotidien.

Le changement, il est dès le matin : Londres est une ville où tout le monde se respecte, on se salue dans la rue, on se sourit, on se dit bonjour et au revoir… Et avec le cœur ! Je rentre de Miami et je peux vous affirmer que le service est ici d’une sincérité remarquable.

Au jour le jour, il est très facile de prendre un rendez-vous professionnel, de louer un appartement de payer sa TVA ou son téléphone.

Les gens sont à l’écoute et serviables. Les boutiques sont ouvertes 7 jours sur 7 et le caissier de chez Mark & Spencer (Monoprix local) vous fera une petite blague si vous lui souriez.

Un bilan aujourd’hui : que vous a apporté l’expatriation ?
Cette « douceur de vivre »  est fondamentale pour le bien-être et le moral au quotidien.
La société britannique, comme les sociétés anglo-saxonnes sont des sociétés de mérite. On ne jalouse pas l’autre, on l’envie ; les différences sont une force. Pour résumer, les gens sont GENTILS !

Sur un plan économique, si je fais le calcul toutes taxes confondues (charges, impôts, taxes diverses..) je paie le cinquième de ce que je paierais en France.

Est-ce que vous vous sentez encore Français ? Pourquoi ?
J’aime profondément ma langue maternelle, et à ce titre elle comporte beaucoup plus de subtilités, de concepts et d’abstractions, contrairement à l’anglais qui est une langue de commerce, simple, factuelle, beaucoup moins nuancée. En revanche, je ne sais pas si je me sens encore Français. J’avoue que je ne reconnais plus mon pays ni ceux qui nous gouvernent.

Les plaintes, les grèves, les jérémiades, les arrangements politiques, les taxes à n’en plus comprendre l’utilité ; si c’est ça être Français, je préfère être un sujet de Sa Majesté.

Autre chose à dire ?
Oui, si j’avais su, je serais parti plus tôt.
Et à la question : « mais il pleut plus à Londres qu’à Paris »  c’est faux : 650mm/an à Paris contre 588 à Londres. Mais surtout, ici, on s’en fout !

Photo : London By: August Brill – CC BY 2.0

Source contrepoints.org

Ma vie d’expat’ à Londres et Zurich

Ma vie d’expat’ à Londres et Zurich

Le témoignage de Lionel : « Je commence à réfléchir à ce que pourrait être mon emploi d’ici 5 ans. Notre aventure d’expatriés a encore de beaux jours devant elle ! »


Vue du lac des quatre cantons (Vierwaldstättersee ou lac de Lucerne) et de la montagne du Rigi. Tous droits réservés.

Une petite présentation ?
Je m’appelle Lionel, j’ai 43 ans, je suis marié à une Française, Laurence, nous avons 4 enfants âgés de 18 à 13 ans. Nous venons de la région Rhône-Alpes et nous avons vécu depuis notre mariage en 1997, à Londres, et maintenant depuis 6 ans à Zurich en Suisse alémanique.

Nos parents et nos frère et sœurs habitent encore tous en France, et nous sommes les seuls de notre famille à avoir fait le choix de l’expatriation. Nous nous rendons régulièrement en France pour les vacances et pour les réunions de famille, on fait aussi quelques virées shopping, du côté de Strasbourg, et on en profite pour voir des amis proches.

Tout ça pour dire qu’on vit une expatriation en douceur, en restant au contact de la France ; rien à voir avec d’autres qui sont à des heures d’avion de Paris et qui ne rentrent en France que tous les deux ans.
Pour terminer mon introduction, j’ajoute que nous n’avons pas vraiment l’âme de back-packers et que nous ne sommes pas partis sur un coup de tête en plaquant tout pour fuir une situation difficile… quoique la France sous le tandem de choc Chirac-Jospin en 1997 c’était peut-être déjà en soi une situation difficile !

Je précise aussi que dans chaque cas d’expatriation, j’avais le confort d’avoir un job à l’autre bout et donc l’assurance d’être payé à la fin du mois, ce qui permet d’enlever une bonne épine du pied. Notre témoignage dans cette chronique est donc l’histoire de deux expatriations pré-mâchées, un peu à l’eau de rose on dira même, et à des années lumières du conte de fée, où le héros débarque à l’étranger avec son sac à dos et finit millionnaire, encore que, ça peut toujours nous arriver à la prochaine… je ne suis absolument pas contre !

Quel est votre métier ?
Je suis diplômé d’une école d’ingénieur et ma formation de base est dans les réseaux télécom et les systèmes d’information. En sus j’ai un DESS d’administration des entreprises (IAE). Mon premier emploi a été chez France Télécom (en temps qu’apprenti dans le cadre de mon DESS) et j’ai eu la chance de travailler dans le secteur télécom jusqu’à ce que la bulle internet explose. Mon rôle était plutôt commercial que technique (malgré mon background d’ingénieur).

J’ai rejoint un cabinet de conseil au début des années 2000 et j’y ai fait mes classes pendant 7 ans, ensuite j’ai découvert le monde de la banque d’investissement (juste à temps avant que n’éclate la crise suivante, la grande crise financière). Mon arrivée dans la banque s’est faite par la petite porte, en tant que business analyst dans les systèmes d’information pour calculer le risque de crédit. En gros j’ai commencé à 35 ans le métier que j’aurai dû faire à 25 ans à ma sortie d’école d’ingénieur, et donc malheureusement pas en tant que le « loup de la City« , payé des mille et des cents pour programmer des algos de trading ou gérer des positions spéculatives sur le marché obligataire…

Oui… quelques regrets, c’est la faute du conseiller d’orientation qui a mal fait son boulot… De là, j’ai migré vers des rôles plus orientés business et vente et je suis maintenant responsable des ventes dans la gestion de fortune en Suisse. Mon parcours professionnel s’est pour l’instant entièrement déroulé dans des grands groupes internationaux, mais je ne désespère pas d’essayer les petites entreprises et éventuellement d’en créer une un jour (on y reviendra plus bas).

Pourquoi être parti ?
Nous sommes partis avec armes et bagages dans le cadre de mon service militaire effectué comme Coopérant du Service National en Entreprise (CSNE). L’idée était de profiter de cette formule de coopération pour éviter de perdre 10 mois à faire un service militaire « actif » et au lieu de ça d’abord acquérir une expérience professionnelle internationale, et ensuite découvrir un nouveau pays en ayant un minimum de support (c’est-à-dire un job garanti à l’arrivée dans le pays et une couverture médicale top, ce qui réduisait grandement les risques).

Ensuite une fois mon CSNE de 16 mois achevé et mon statut DOM acquis, la question est plutôt devenue : pourquoi ne pas revenir en France ? J’ai d’ailleurs décroché deux offres d’emploi à l’issue de mon CSNE et on a été à deux doigts de rentrer en France et de nous installer à Paris. Mais, au final, une offre reçue pour un job à Londres nous a fait changer d’avis, et plusieurs critères sont entrés en ligne de compte dans ce choix :

  • qualité de vie (Londres comparé à Paris : nous habitions une maison avec un petit jardin à 30 minutes porte-à-porte de mon bureau et il semblait difficile d’envisager mieux à Paris)
  • sentiment de ne pas avoir les mêmes ou moins d’opportunités de carrière (en Angleterre il ne faut pas avoir fait le job 25 ans pour être invité à un entretien d’embauche, mais plutôt être capable de montrer que vous pourrez faire le job parce que vous avez les compétences et une expérience appropriée)
  • peur de perdre l’avantage des langues étrangères pour nous mais aussi pour nos enfants (on avait déjà 1 enfant à l’époque)
Lorsqu’on a annoncé notre décision de rester à Londres à nos parents il y a eu comme un froid et pendant quelques semaines nous ne nous sommes pas parlé au téléphone.


La City. Tous droits réservés.

Notre processus de décision de nous « expatrier » d’Angleterre et d’émigrer vers la Suisse a, lui, été très différent : notre départ a clairement été motivé en premier lieu par des raisons économiques, mais pas seulement : il s’est aussi agi d’une question d’évolution professionnelle (carrière bouchée en Angleterre), mélangée à une crainte quant aux coûts futurs des études des enfants (collège privé et université), le tout teinté de raisons personnelles que ce soit par rapport au cadre de vie ou à la proximité de nos parents, vieillissants… Donc il n’y a pas de facteur unique et c’est la somme de chacun qui a fait qu’il est arrivé un moment où l’attraction de notre situation en Angleterre s’est dégradée brutalement face à ce qu’elle aurait été en France. Il fallait réagir, et la Suisse est apparue comme une alternative intéressante, même si cela impliquait de se remettre à l’allemand ! Ach, so…

Pourquoi ces pays ?
Pour l’Angleterre, je dirais bêtement : l’occasion a fait le larron, j’avais initialement rêvé d’un autre pays pour faire mon CSNE car tous les garçons avaient à l’époque comme rêve de décrocher le CSNE en Malaisie, en Australie ou à New York, mais la sélection a été rude et au final j’ai décroché deux offres, l’une à Londres et l’autre à Genève. Venant de Rhône-Alpes, Londres nous a paru plus exotique, et de plus le job proposé était plus attirant, donc on est partis pour Londres pour 16 mois, et on y est resté plus de 12 ans au final…

Le départ pour la Suisse a été plus médité et le fruit d’une certaine réflexion logique. Avec le temps, l’état de santé de nos parents devenant une question de plus en plus pertinente, on cherchait à se rapprocher d’eux, pour être là en cas de coup dur, et aussi pour que les enfants qui entraient dans la période où ils pouvaient interagir avec eux puissent les voir plus souvent.

En parallèle la crise de 2008 venait de frapper et la baisse des taux d’intérêt par la banque d’Angleterre a causé une dévaluation de la livre sterling contre l’euro ce qui fait qu’à Noël 2008 on a eu un choc quand on est venu passer nos vacances de Noël en France, nos livres sterling n’achetaient plus rien…  À partir de ce moment là, on s’est dit que c’était « grillé » pour le Royaume-Uni et qu’il fallait penser à changer de pays. Les conséquences de la crise avaient conduit à des restructurations et mes perspectives de carrière partaient dans une direction que je ne souhaitais pas, j’ai donc commencé à chercher un nouveau poste à l’externe et en interne.

Ma recherche externe m’a conduit à regarder du côté de l’Allemagne, avec des rôles dans le secteur de l’énergie. Mais comme je travaille pour une banque Suisse, l’idée s’est naturellement imposée de trouver un poste au siège en Suisse. Au début j’ai visé Genève. Cela répondait à nos principales problématiques : économie et monnaie fortes, et proximité avec nos parents. On savait en revanche que côté langues étrangères on allait perdre la pratique de l’anglais. Mais l’offre de rôles en interne n’était pas aussi bonne qu’espérée, donc après quelques mois de recherche infructueuse, je me suis orienté vers Zurich, avec un nouveau challenge linguistique à la clef.

Avez-vous eu des doutes ? Comment les avez-vous gérés ?
Nous avons eu peu de vrais doutes, ce sont plutôt des craintes face à des situations nouvelles. Je me souviens typiquement de deux moments qui resteront dans ma mémoire comme des moments de panique pure. La première fois c’était la veille de mon départ en Eurostar pour Londres, j’étais à Paris chez un copain qui m’avait accueilli dans son appart pour le week-end. J’étais seul pour la soirée et je me suis mis à penser à ce qui allait se passer le lendemain : j’allais débarquer dans une ville que je ne connaissais pas, avec deux sacs de voyage et je ne savais pas où j’allais dormir le soir. Bon, avec le recul c’était vraiment pas un problème et pour beaucoup de back-packers c’est l’essence même de la chose. Au final, c’était juste une question de savoir combien j’étais prêt à dépenser pour trouver un toit. Mais sur l’instant, on s’emballe vite et on commence à paniquer avec des scénarios catastrophe. Le lendemain tout s’est bien passé et j’ai trouvé un B&B à £30 la nuit où je suis resté une semaine avant de trouver un appart à louer.

La deuxième fois, c’était aussi lié à un problème de logement, et cette fois c’était plutôt l’abattement face à la difficulté de trouver un logement convenable à prix décent à Zurich dans lequel accueillir toute ma famille. Ma femme m’avait rejoint pour la journée depuis Londres pour visiter deux apparts/maisons que j’avais sélectionnés, parmi les moins pourris de ma short-list. Le soir après les visites je l’ai raccompagnée à l’aéroport pour son avion vers Londres, et j’ai fondu en larmes tellement j’étais désespéré de ne pas pouvoir trouver de solution, car évidemment aucune des deux visites ne convenait (trop petit, mal situé, etc.), et là je me suis dit qu’on n’y arriverait jamais et que je devrais continuer à faire des aller-retour toutes les semaines pour passer les week-ends à Londres avec eux et travailler la semaine à Zurich. Bon, au final quelques semaines plus tard, on a fini par trouver la perle rare et après quelques semaines, la famille s’est retrouvée réunie.

À chaque fois donc ça n’a jamais été quelque chose de complètement dramatique, avec le recul c’est même presque stupide de s’être laissé aller, mais au moment où le krach se produit, ce problème semble une montagne et cristallise en fait la somme des craintes, des angoisses et du stress liés à cette période de « transition ».

Je dirais toutefois qu’il y a peut-être deux facteurs qui ont aggravé la situation par rapport à une situation similaire en France (par exemple un déménagement de Lyon à Paris) : la distance qui vous sépare de vos proches (on était seuls pour faire face, alors que si on avait été en France on aurait eu un réseau sur lequel s’appuyer) ; et le fait de se retrouver dans un pays étranger, sans nécessairement en connaitre les codes et pouvoir comprendre vraiment comment les choses se font.

S’ajoute à cela la difficulté de la maîtrise (ou non) de la langue, ce qui peut rendre la situation plus difficile encore. J’ai le souvenir particulier d’une conversation téléphonique avec un employé de la commune qui gère les raccordements électriques. J’ai appelé peu après avoir emménagé pour savoir comment se faisait le changement de nom pour l’abonnement et donner un relevé du compteur. Il m’a répondu en Suisse allemand, je n’ai rien compris et j’ai demandé de répéter et même d’épeler un mot, et sa réponse a été : « Quand on vient habiter en Suisse, on apprend la langue d’abord ».

En dehors des deux « aventures » relatées plus hauts, je dirais qu’il n’y a pas eu de doutes liés à notre expatriation à proprement parler. Il y a toujours une petite crainte dans un coin de la tête que nous ne fassions pas les choses correctement, parce que le pays est nouveau et/ou différent mais comme nous sommes restés en Europe, le système fonctionne généralement de la même manière en Angleterre, en Suisse et en France, donc il n’est pas si difficile de s’adapter.

La Suisse est particulière dans le sens où les gens (Suisses de souche) vous font vite comprendre ce que vous faites mal. L’été de notre arrivée nous avons fait une pendaison de crémaillère pour laquelle nous avons invité quelques amis du bureau ainsi que des contacts francophones que nous avions sur Zurich. La journée s’est bien passée, avec un barbecue et les enfants ont joué ensemble dans le jardin. Le soir on a regardé la finale de la coupe du monde de foot. Il faisait chaud, les fenêtres du salon étaient ouvertes. On faisait un peu de bruit à chaque action un peu chaude, bref on regardait une finale de coupe du monde quoi… À la fin du match nos invités sont partis et l’un de mes collègues, un Anglais marié à une Espagnole a été un peu bruyant avec son klaxon – normal, il avait gagné la coupe du monde ! Dans la semaine qui a suivi, nous avons vu débarquer notre cher voisin, qui nous a apporté une copie du règlement du lotissement où nous vivons et dans laquelle il avait surligné au stabilo jaune toutes les règles que nous avions enfreintes lors de cette petite fête. Une manière gentille et personnelle de nous souhaiter la bienvenue dans le quartier !

Notre déménagement en Suisse a par contre été vécu complètement différemment par nos enfants, principalement parce qu’ils se sont retrouvés du jour au lendemain projetés dans un environnement où ils ne connaissaient ni les règles ni les codes, et je pense qu’ils ont du avoir de gros doutes quant au bien-fondé de cette expérience. Bon cela dit, à 7-11 ans on ne réalise pas les choses de la même manière, et ils n’ont jamais vraiment formulé leurs craintes, mais la première année à l’école a été assez difficile et il leur a fallu beaucoup de temps pour se faire accepter, à commencer par apprendre les langues (allemand et suisse-allemand) afin de pouvoir suivre les cours et s’insérer dans la cour de récré et se faire des copains. Le système suisse est bien rodé pour l’intégration, les enfants qui arrivent comme ça de l’étranger et qui ne parlent pas l’allemand bénéficient de cours de soutien personnalisé pour apprendre la langue le plus vite possible. Au bout d’une année, l’intégration était presque réalisée et n’a été consommée pleinement que l’année suivante quand de nouveaux venus sont arrivés à l’école et sont devenus les nouveaux souffre-douleur. Ainsi va la vie…

Parlez-nous de votre quotidien : comment s’organise une journée, en quoi est-ce différent de la France, de ce que vous connaissiez ?
Le quotidien n’est pas forcément très différent de ce que serait notre vie en France. Métro/boulot/dodo mais à la sauce locale, à savoir que je prenais le métro à Londres pour aller au travail, et en Suisse je prends le bus. Après on vire dans le stéréotype, avec peut-être une différence notable en ce qui concerne les horaires de travail : mon expérience en tant que stagiaire à Paris était que la journée commençait vers 9h-9h30, avec une bonne pause pour le déjeuner et qu’on finissait facilement vers 19h30-20h. Le modèle anglais est plutôt nine-to-five avec une courte pause pour aller chercher un sandwich le midi. Le modèle suisse est différent, avec un début beaucoup plus tôt vers 7h-7h30, une pause déjeuner où vous vous organisez des semaines à l’avance pour fixer un RDV avec des collègues et maintenir/ développer votre réseau, et une fin de journée vers 17h-17h30. Évidemment il n’y a pas les 35 heures ni à Londres, ni à Zurich, mais je n’ai pas connu ce régime en France, donc je ne peux pas dire si ça me manque ou pas.

Pour les enfants en revanche la différence est relativement abrupte, car à l’école qui commençait à 8h25 en Angleterre, s’est substitué un régime où les cours commencent à 7h25, avec des sessions de 50 minutes et souvent un ou deux après-midis libres par semaine.

Sinon la différence fondamentale c’est évidemment l’emploi d’une langue étrangère dans le contexte quotidien du travail mais aussi des relations sociales, le soir, le week-end. L’adaptation s’est faite graduellement. D’abord on s’améliore à l’oral, en compréhension et en expression (éventuellement pour l’accent. Pour ça j’ai eu le déclic quand j’ai compris que, comme les enfants qui apprennent une langue, il faut essayer de reproduire le son, et le retenir, sans chercher à analyser comment écrire le mot), ensuite vient l’expression écrite. Le tout est grandement aidé par la lecture – au début les magazines gratuits genre 20 Minuten et Blick-am-Abend, puis après le web pour les infos – et la télé (ou à défaut les podcasts et la radio). Une fois que vous maîtrisez un minimum la langue, vous pouvez commencer à découvrir la culture et essayer de comprendre ce qui se passe au tour de vous et vous adapter.

Londres est une ville internationale dans le sens où il y a beaucoup de nationalités qui cohabitent, et toutes s’expriment en anglais. Mais j’ai vraiment fait la découverte de ce qu’international veut dire en Suisse, quand dans un même meeting vous avez des personnes qui s’expriment tantôt en allemand, tantôt en français et finalement en anglais, et quand vous quittez ce meeting, certains de vos collègues parlent italiens entre eux. Bon, mon cas est certainement particulier parce que je travaille pour une grande banque – il y a fort à parier que dans la petite boîte du coin, tout le monde parle le suisse allemand et peut-être parfois l’anglais.

Au final, ce bain continuel dans des cultures/langues différentes est très enrichissant, même si du coup j’en arrive à ne plus savoir vraiment quelle est ma culture et à perdre un peu ma langue maternelle. Le problème pour nos enfants est encore plus grand : ils ont commencé par apprendre l’anglais à l’école, avec le français à la maison (seulement parlé). Depuis notre arrivée en Suisse, ils ont ajouté l’allemand (écrit et parlé) ainsi que le français à l’écrit, tout en continuant l’anglais, et avec le suisse allemand pour les discussions dans la cour d’école et l’échange de textos et autres « Whats app » avec les copains. Bref, pour l’instant ils parlent et écrivent plus au moins 3 langues mais n’en maitrisent aucune parfaitement. Mais je n’arrive pas à me convaincre que ce soit un réel problème…

Un bilan aujourd’hui : que vous a apporté l’expatriation? (et à l’entourage familial)
Les aspects positifs :
– une ouverture au monde, aux autres et aux cultures différentes
– une flexibilité d’esprit
– la maitrise des langues des pays dans lesquels j’ai vécu
– une autonomie plus grande (nous avons vécu sans soutien familial proche, on a appris à se débrouiller seuls et à faire appel à des amis plutôt qu’à notre famille, ce qui ne serait pas arrivé si on était resté à proximité de nos parents)

Les aspects négatifs :
– effacement de notre « culture » française au profit d’une culture plus internationale
– perte de certains amis avec lesquels la distance a mis fin à nos relations
– moins de contacts avec la famille


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Du point de vue de l’éducation de mes enfants, je pense que notre expatriation leur donne des opportunités supplémentaires, ne serait-ce que dans la maitrise des langues étrangères (anglais, allemand, français courants avec le bon accent qui va bien dans chaque langue, enfin presque. Tout le monde dans la famille dit qu’ils parlent français avec un accent british). Nos deux aînés suivent le cursus « long » à savoir qu’ils vont passer leur maturité (équivalent bac) et cela devrait leur ouvrir les portes de l’université (ou des écoles polytechniques fédérales, eux au moins ils auront fait Polytechnique !..) Les deux plus jeunes semblent moins intéressés par les études et donc à l’issue du collège, ils s’orienteront probablement vers un apprentissage. La voie de l’apprentissage est la « voie royale » en Suisse, avec une majorité des élèves qui suit ce cursus mêlant à la fois expérience d’un emploi (4 jours/semaine) et continuation des études (1 jour/semaine), sans fermer la porte à la reprise d’études supérieures une fois l’apprentissage terminé, mais avec la certitude de trouver un emploi, dès la qualification en poche.

Est-ce que vous vous sentez encore Français ? Pourquoi ?
Oui ! Définitivement oui ! Même si nous avons quitté la France il y a bientôt 20 ans. La proximité de Londres ou de Zurich avec la France fait que nous avons conservé des liens étroits avec nos racines. Nous n’avons jamais manqué de fromages et/ou de vins ! Le test ultime c’est quand même de savoir quelle équipe soutenir lors du Tournoi des 6 Nations, et si effectivement il m’est arrivé de chanter le God Save The Queen, c’est pour les bleus et pour la France que je vibre dès que l’action s’emballe.

Cela dit, je nourris de l’inquiétude pour les projets de taxation à l’américaine, qui sortent des cartons de manière récurrente et qui viseraient à faire payer à tous les Français des impôts en France, qu’ils vivent ou non en France. Une telle mesure me paraît totalement idiote et m’amènerait à revoir ma position par rapport à ma nationalité effective, même si de cœur, je serai toujours Français !

La situation de mes enfants est plus complexe, car ils sont nés et ont passé leur enfance en Angleterre. Nous avons fait pour eux une demande de nationalité britannique, qu’ils ont obtenue. Cela nous semblait opportun d’une part, car ils ont baigné dans la culture anglo-saxonne tout petits bien que l’influence française ait été très présente. Un passeport britannique ouvre des portes, notamment dans les pays du Commonwealth, pour y travailler par exemple.


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Depuis notre arrivée en Suisse, se pose la question de savoir s’il est important d’acquérir la nationalité helvétique. Je ne le crois pas nécessaire pour moi (sauf si la menace des impôts français pour les non-résidents se précise) car je suis né Français et je souhaite le rester, mais pour mes enfants, qui ont aussi grandi dans ce pays, je peux admettre qu’ils se sentent d’ici plus que de France, et dans ce sens acquérir la nationalité de notre pays d’accueil n’est pas une question anodine, car d’une certaine manière ils y sont attachés. Mais ce sera leur décision car ils seront en âge de décider pour eux-mêmes et ils en profiteront pour décider s’ils souhaitent conserver leurs nationalités britannique et française.

Autre chose à dire ?
Oui, l’aventure continue. Il reste encore plein de nouveaux pays à découvrir, en Europe et plus loin… Pour l’instant on se plaît en Suisse, nos enfants progressent dans leurs études et l’idée est de les laisser terminer en Suisse avant d’envisager un quelconque autre déménagement. En attendant je commence à réfléchir à ce que pourrait être mon emploi d’ici 5 ans et à prévoir la possibilité/l’obligation d’être mon propre patron afin d’être libre de localiser mon activité à ma guise, et peut-être dans un autre pays européen, comme l’Espagne ou le Portugal. Notre aventure d’expatriés a encore de beaux jours devant elle !

Source contrepoints.org