mercredi 31 août 2016

lundi 29 août 2016

Recettes Périgord-Salade de pourpier


Salade de pourpier

Préparation : 10 mn
Cuisson : 10 mn
Pour 4 personnes
400 g de pourpier
2 œufs
2 cornichons
3 cuillerées à soupe d’huile de maïs
2 cuillerées à dessert de vinaigre de vin blanc
Sel
Poivre du moulin
1. Faites cuire les œufs durs à l’eau bouillante, rafraîchissez-les à l’eau très froide et écalez-les.
2. Triez le pourpier et éliminez les tiges trop grosses. Lavez les feuilles. Egouttez-les.
Émincez les cornichons et préparez la vinaigrette. Coupez les œufs durs en rondelles.
3. Réunissez dans un saladier le pourpier, les œufs durs, les cornichons et la vinaigrette. Remuez sans écraser les œufs et servez.

Plante vivace que l’on utilisait au Moyen Âge surtout confite au vinaigre, le pourpier possède des feuilles fraîches et charnues à la saveur légèrement piquante et noisetée.

Recettes Périgord-Omelette aux truffes


Omelette aux truffes

Préparation : 10 mn
Repos : 1 h
Cuisson : 8 mn
Pour 2 personnes
4 œufs
1 truffe entière en conserve au naturel
1 cuillerée à soupe de crème fraîche
1 cuillerée à soupe de graisse d’oie
Sel et poivre du moulin
1. Égouttez les truffes et pelez-les. Émincez-les. Conservez les pelures pour parfumer une sauce. Mettez également de côté le liquide que contient la boîte de conserve.
2. Cassez les œufs et mettez 1 blanc de côté. Versez dans une jatte les 4 jaunes et les 3 autres blancs, ajoutez les truffes émincées, sauf 4 belles lames pour décorer l’omelette. Ajoutez 1 cuillerée à dessert du liquide de conservation. Battez légèrement, couvrez la jatte et laissez reposer à température ambiante pendant 1 heure.
3. Fouettez en neige le blanc d’œuf restant. Incorporez-le aux œufs qui macèrent avec les truffes, ainsi que la crème. Battez en omelette, salez et poivrez.
4. Faites chauffer la graisse dans une poêle. Quand elle est sur le point de fumer, versez-y la préparation. Faites cuire l’omelette sur feu vif en la gardant un peu baveuse.
5. Servez l’omelette pliée sur un plat chaud. Posez les 4 lamelles de truffe dessus et servez aussitôt.

La meilleure saison pour les truffes fraîches est le mois de janvier. Pour les conserves, choisissez-les entières, stérilisées au naturel, « de première ébullition ».

Si vous utilisez une truffe fraîche, brossez-la et pelez-la. Faites-la macérer pendant 1 heure dans un peu de cognac. Ajoutez ensuite un petit verre d’eau et portez à ébullition, puis laissez refroidir. Utilisez le jus dans une sauce.


dimanche 28 août 2016

Recettes Crétoises-Salade de pourpier à la menthe


Salade de pourpier à la menthe

Préparation : 15 mn
Cuisson : 15 mn
Pour 6 personnes
300 g de pourpier
6 pommes de terre nouvelles
2 belles tomates
1 gousse d’ail rose
6 branches de menthe fraîche
5 cuillerées à soupe d’huile d’olive vierge
1 cuillerée à soupe de vinaigre de vin
1 cuillerée à café de gros sel et du poivre
1. Équeutez et rincez le pourpier, égouttez-le, hachez-le grossièrement avec la menthe. Réservez dans un linge. Hachez l’ail finement. Rincez les tomates, essuyez-les et coupez-les en rondelles.
2. Mettez les pommes de terre à cuire dans de l’eau bouillante salée 15 minutes environ, selon leur grosseur. Pelez-les, coupez-les en rondelles moyennes.
3. Préparez une vinaigrette, ajoutez l’ail et assaisonnez-en le pourpier, les tomates et les pommes de terre. Mélangez bien et servez.

En Crète, le pourpier pousse à l’état sauvage. Il peut se prêter à toutes sortes de préparations. De très anciennes recettes proposent de le plonger quelques minutes dans de l’eau bouillante, de l’ajouter à un bouillon de volailles, de lier la préparation avec des jaunes d’œufs et de la crème, puis de passer le tout au travers d’une mousseline.
Les jeunes tiges et feuilles de pourpier se consomment en salade, et leur goût légèrement acidulé donne une petite touche originale.
Il peut également être cuit dans une soupe ou une omelette.

Des variétés à fleurs roses ou blanches sont cultivées pour l'ornement.
Le pourpier est riche en oméga 3 (0,2 à 0,38 g pour 100 g), vitamines A et C, calcium, fer, sodium, potassium et magnésium.
Cette plante est également riche en antioxydants et constitue un des éléments de base de l'alimentation crétoise. En effet, la Crète abrite un grand nombre de variétés de pourpiers.
Le pourpier est laxatif, diurétique et bénéfique en cas d’irritation des muqueuses.

Ses graines étaient un des constituants du diaprun solutif de la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle.

samedi 27 août 2016

Billets-Le bilan caché de François Hollande


Le bilan caché de François Hollande

Ces 5 points du bilan de François Hollande qui sont passés sous silence pour ne pas le gêner aux élections présidentielles prochaines.

On le sait, le bilan économique et sécuritaire de F. Hollande est particulièrement sombre. La comparaison de l’évolution du taux de chômage, du taux de croissance et du niveau de la dette publique avec le reste de l’Europe montre un décrochage exclusivement français.

Parce qu’il est unique et régulier depuis plus de deux  ans, et qu’il s’est donc produit malgré l’environnement immédiat, ce décrochage constitue la signature incontestable des mauvais choix et des entêtements idéologiques du gouvernement socialiste). Quant au domaine sécuritaire, le résultat est effroyable, avec un nombre de victimes du terrorisme sur le territoire national tout simplement inimaginable.

Pour autant, les conséquences néfastes de cette parenthèse socialiste ne s’arrêtent pas aux seuls constats chiffrés. C’est même probablement dans le domaine symbolique et moral que les dégâts seront les plus dramatiques, avec rien moins que :
  • la décrédibilisation de la fonction présidentielle
  • la déconsidération de l’action politique
  • la dévalorisation de la justice, de la police et de l’éducation nationale
  • le discrédit du libéralisme et la consolidation du mythe étatique
  • l’essor du populisme

Décrédibilisation de la fonction présidentielle 
Outre cette incapacité à agir et à prendre des risques (l’un ne va pas sans l’autre), F. Hollande aura saccagé le statut de la fonction présidentielle sans doute encore plus violemment que ne l’aura fait son prédécesseur. Contrairement à ce que l’on peut supposer de prime abord, l’épisode des rendez-vous galants chez l’actrice Julie Gayet n’a rien d’anodin.

Comment justifier en effet qu’un Président qui, à l’Élysée, passe ses journées à ne pas prendre de décisions efficaces, voire à ne pas prendre de décisions tout court, puisse s’en aller discrètement le soir se délasser à quelques pas de là avec une jeune et jolie actrice ? Passe encore d’un Président efficace et consciencieux. Mais d’un Président qui accumule les contre-performances ? Ne devrait-il pas travailler jour et nuit jusqu’à ce qu’il soit digne de sa position ? Existe-t-il quelque chose de plus important, lorsque l’on dirige un pays en recul, que de s’atteler à son redressement ? Comment le Président trouve-t-il le temps de s’amuser ?

Pendant cet épisode affriolant, sur CNN (chaîne à l’audience mondiale), F. Hollande a été tristement comparé à un « Berlusconi sans les compétences ». Bien évidemment, la vie privée ne nous regarde pas. Sauf lorsque celle-ci se trouve en incompatibilité avec la fonction et les circonstances publiques. Et dans ce cas, c’est le bashing assuré !

Pourtant, certains agissements ayant trait à son métier même de Président ont créé des torts encore plus gravissimes. Lorsque par exemple à des journalistes qui lui demandaient si la mesure qu’il présentait n’allait pas s’avérer ruineuse, il avait benoîtement répondu : « cela ne coûte rien , c’est l’État qui paie ». Tout d’un coup, une partie de la population s’est ainsi rendu compte que notre pays avait à son sommet un personnage inconséquent. Une prise de conscience encore plus terrible s’est alors imposée, douloureuse et même déprimante : la France est une démocratie d’opérette puisque n’importe qui peut en devenir le Président.

Le fait que F. Hollande court derrière les faits divers et en devienne le porte-parole presque officiel (accident de la Germanwings, sinistres en France ou à l’étranger, funérailles de personnages célèbres, attentats, Coupe d’Europe de foot, Jeux Olympiques…), comme s’il recherchait coûte que coûte des occasions pour se mettre en avant, n’aura fait qu’accentuer cette étrange impression d’avoir au sommet de l’État une espèce de pantin sans aptitude ni conviction. Forcément, l’effet est désastreux sur le statut même de la fonction présidentielle.

Déconsidération de l’action politique
Sans doute F. Hollande n’imaginait pas à quel point son mensonge, lorsqu’il avait affirmé sur la chaîne télévisée d’État : « nous avons bien redressé le pays en quatre ans », pouvait être dramatique sur les consciences. Chez les Français en difficulté, cela a naturellement tourné à l’écœurement.

Les pressions visant à montrer des policiers sur les photos post attentats de Nice sont du même genre, et trahissent un immense mépris du peuple par nos élites actuelles. Pire encore, elles dissimulent très mal leur souci de masquer leur impuissance. Alors, comment attribuer le moindre crédit à l’action politique ? Faut-il s’étonner que de plus en plus d’électeurs soient persuadés de l’inutilité du gouvernement, et pire encore, des élections ? La classe politique est endogame. Elle s’est installée au pouvoir. Elle est inopérante, mais indélogeable. Telles sont les croyances qui se sont calcifiées dans l’esprit de bon nombre de Français. Du point de vue de la vie de la cité, tout cela s’annonce délétère.

Dévalorisation de la Justice, de la Police et de l’Éducation Nationale
Un gouvernement dont le premier réflexe, la première obsession semble être de ne surtout pas stigmatiser les coupables, de masquer les fautifs afin d’éviter tout amalgame, d’accuser les victimes (pour peu qu’elles ressemblent à des blancs chrétiens français de souche de droite) plutôt que les bourreaux (pour peu qu’ils appartiennent au clan opposé, celui du Bien) décrédibilise totalement les institutions telles que la Justice et la Police.

D’ailleurs, en dépit d’un État d’Urgence décrété de façon tonitruante, tout le monde s’est rendu à l’évidence : non seulement la sécurité n’est pas assurée sur notre territoire, mais l’État n’a plus aucune autorité. Les extrémistes de Nuit debout  n’ont-ils pas saccagé la  place de la République à Paris pendant des semaines, en toute impunité ? La CGT (qui ne représente que 3% des travailleurs, majoritairement protégés) n’a-t-elle pas bloqué le pays plusieurs jours ? Les manifestants contre l’aéroport de Notre Dame des Landes n’ont-ils pas bravé les lois et les décisions politiques ? À l’inverse, la police n’a-t-elle pas blessé des parents d’élèves pour stopper net une manifestation pacifique (en présence des enfants) dans une école primaire ?

Il en est de même lorsque l’Éducation Nationale, au nom pourtant de l’égalitarisme, dilue les filières les plus élitistes. Ou pire encore, lorsque notre Ministre de l’Éducation et notre Premier Ministre, dans un élan commun de bigoterie gauchiste, érigent en exemple culturel un certain Jamel Debouze… Avec de telles saillies, force est de constater que l’institution se saborde de manière parfaitement efficace.

À tel point que les Français informés (ceux qui en particulier nourrissent des ambitions pour leurs rejetons) se demandent quel est son véritable objectif. Pourquoi s’acharner sur le latin, l’allemand et amputer les cours les plus structurants pour des activités transverses tout à fait approximatives ? S’agit-il de couler la culture française ? De bêtifier (de concert avec les médias) un peu plus les Français pour les rendre encore plus faciles à manipuler par la novlangue socialiste ?

Discrédit du libéralisme et consolidation du mythe étatique
C’est dans ce domaine toutefois que l’action gouvernementale aura atteint des records d’hypocrisie : dans cette façon de parler de réformes libérales sans les appliquer, tout en soulevant l’ire de la rue et des indignés pour les avoir mises en place !

Le résultat d’une telle mythomanie est tout simplement incroyable : la presse de gauche (très majoritaire en France) et le corps électoral socialiste n’ont pas de mots assez durs contre un gouvernement socialiste qu’ils accusent d’avoir trahi ses engagements pour mener une politique ultra libérale (sic !).

Outre notre pays, qui continue de régresser, le grand perdant, dans cette scandaleuse méprise, se trouve être le libéralisme, qui paradoxalement,  aura été sali auprès des électeurs étatistes alors qu’il n’a même pas été appliqué, et que ce sont encore et toujours des mesures étatistes inefficaces qui nous sont servies ! Les électeurs socialistes fulminent contre une réforme Khomri dont il ne reste quasiment rien de libéral. Ce qui est le comble de la duplicité.

A côté de cela, les indignés, et des postulants plus ou moins illuminés (ou cyniques ?) comme Montebourg, Hamon, Mélenchon, Le Pen, font perdurer des racontars dignes de contes de fées communistes. Ces personnages là entretiennent des lubies frappadingues, qui n’ont fonctionné nulle part ailleurs, mais auxquelles ils s’accrochent avec émotion, du style « nationaliser les entreprises en difficultés », « faire du social sans contrepartie », s’adonner à la « préférence nationale », « recruter toujours plus de fonctionnaires », etc… À croire que l’économie planétaire est fermée, administrée, et non concurrentielle !

À croire que la France est une sorte d’îlot coupé du monde, si ce n’est le nombril de l’univers ! Or, au lieu de décoder ces escroqueries, la presse de gauche surenchérit sur ces lubies démentes et entretient de ce fait la duperie. L’imposture est gigantesque, unique, lamentable. Et durablement toxique.

Essor du populisme
Un Président incompétent, un méli-mélo économico-politique totalement fallacieux, des mesures politiques en trompe l’œil, des institutions liquéfiées, il n’en faut pas plus pour rebuter les citoyens les moins armés intellectuellement.

L’attirance pour les partis populistes, dont les leaders font preuve chaque jour de leur non appartenance à l’élite (gage d’intégrité et d’efficacité), est un réflexe tout à fait logique chez des électeurs qui n’ont pas le savoir nécessaire pour dissocier le vrai du faux en matière d’économie et de société… C’est une réaction parfaitement naturelle mais qui, hélas, constitue l’un des plus gros dangers pour la démocratie.

Car le populisme conduit tout droit vers la dictature. Dictature du Verbe pour commencer, comme ils semble que ce soit déjà le cas en France depuis quelques années. Dictature pure et dure, ensuite, et ceci très progressivement, très subrepticement…

Photo : By: Jean-Marc Ayrault – CC BY 2.0
Source contrepoints.org


vendredi 26 août 2016

jeudi 25 août 2016

Recettes Fruits-Terrine miel et agrumes

Terrine miel et agrumes


Préparation : 30 mn

Repos : 12 heures

Cuisson : 4 mn

Pour 6 personnes

6 mandarines

1 pamplemousse

5 oranges

1 citron

25 cl de vin blanc moelleux

50 g de sucre en poudre

80 g de miel liquide

6 feuilles de gélatine

2 brins de menthe

Poivre

1. Râpez le zeste de 3 mandarines. Pressez-les toutes. Epluchez les autres agrumes à vif. Coupez-les en morceaux, récupérez le jus. Ajoutez-le, avec les zestes, au jus des mandarines (20 cl). Poivrez.

2. Faites bouillir le vin 4 minutes. Hors du feu, ajoutez le sucre, le miel, le jus d’agrumes, puis la gélatine ramollie à l’eau froide et égouttée. Chauffez pour la faire fondre.

3. Versez dans un moule à cake sur 1 cm. Réfrigérez 15 minutes. Ajoutez les morceaux d’agrumes. Coulez le reste de gelée.

4. Placez 12 heures au frais. Servez parsemé de menthe.


mercredi 24 août 2016

lundi 22 août 2016

samedi 20 août 2016

Recettes anti-cholestérol-Bûche maltaise au Cointreau


Bûche maltaise au Cointreau

Préparation : 20 mn
Cuisson : sans
Réfrigération : 6 h
Pour 6 personnes
400 g de fraises
4 ou 5 oranges maltaises
4 feuilles de gélatine
2 cuillerées à soupe de Cointreau
1 cuillerée à soupe de jus de citron
1. Versez 10 cl d’eau froide dans une petite casserole. Mettez-y la gélatine et laissez-la tremper.
2. Pressez les oranges et mesurez 30 cl de jus. Lavez les fraises, épongez-les et équeutez-les.
3. Versez le Cointreau dans une louche, faites-le chauffer et flambez-le. Lorsque les flammes sont éteintes, ajoutez le Cointreau, puis le jus de citron, au jus d’orange.
4. Faites chauffer à feu très doux la casserole contenant la gélatine, en remuant constamment, jusqu’à ce que la gélatine soit dissoute, puis ajoutez-la au jus d’orange et mélangez.
5. Mettez 3 ou 4 fraises de côté. Coupez les autres en lamelles épaisses et disposez-les dans un moule cannelé allongé en forme de bûche, de 80 à 90 cl de contenance. Versez doucement dessus le mélange au jus d’orange et au Cointreau. Mettez dans le réfrigérateur et laissez prendre 6 heures.
6. Au moment de servir, trempez le moule 10 seconde dans de l’eau chaude et retournez-le sur un plat. Coupez le reste des fraises en lamelles et disposez-les sur la bûche.

Ce dessert, parfaitement diététique, ne vous apportera ni cholestérol, ni acides gras saturés. Profitez-en !

Par portion
56 kcal – 234 kj
Protides : 1.6 g
Lipides : 0.4 g
Glucides : 11.5 g
Acides gras saturés : 0 g
Cholestérol : 0 g

Photos-Denis Brihat


Denis Brihat

Comme les oignons, coquelicots, lichens… qu'il rehausse de couleurs, l'inspiration du photographe-jardinier Denis Brihat, 83 ans, mûrit dans son potager du Luberon


Pourquoi Denis Brihat est-il si peu reconnu ? Aucune de ses cent dix images réalisées entre 1958 et 2011 et exposées au musée Campredon Centre d'art à L'Isle-sur-la-Sorgue ne laisse pourtant indifférent. Leurs sujets ? Des fruits, des légumes, des fleurs, des herbes folles. Rien à voir avec des natures mortes. La vie et l'humour débordent. Voyez ce chardon renfrogné boudant dans d'épineuses pensées. Cette gousse d'ail faisant valoir ses charmes en déployant ses tiges en une parade nuptiale. On reste sidéré par les véritables petits traités zen que Brihat parvient à inscrire dans ses images. Dans chacune d'elles s'ouvre un univers. Un trèfle sauvage évoque une cons­tellation astrale dérivant dans un ciel d'un noir sans fond. Une tranche de citron se métamorphose en rosace de cathédrale. De la poésie pure. De la beauté arrachée à force d'entêtement, de renoncement, de travail : « Mon karma, dit ce balèze barbu de 83 ans aux mains de bûcheron – son premier métier –, c'est le labeur, tout ce que j'ai réalisé est le fruit d'un boulot à crever, comme pour mon jardin où je suis parti d'une terre stérile. »



Né en 1928 à Paris, Denis Brihat a grandi dans la pauvreté, avec un père ingénieur mis au chômage par la dépression économique des années 1930. Enfant malingre, il passe plus de temps au sanatorium qu'à l'école. Après la Seconde Guerre mondiale, il se lance dans la photographie. Et il réussit. Membre de l'agence Rapho, aux côtés de Willy Ronis, Edouard Boubat et Robert Doisneau, il obtient le prix Niépce en 1957 pour un reportage au long cours d'une année sur l'Inde.




Sa découverte des photos de poivrons d'Edward Weston, élevées au rang de sculptures abstrai­tes, et l'image envoûtante d'une simple pelote de ficelle par Emmanuel Sougez l'incitent à arrêter le métier de reporter. Son rêve : réaliser à partir de sujets humbles des tableaux photographiques. Il sait qu'ils seront invendables. La photographie n'est alors pas considérée comme un art ; il faudra attendre qu'elle entre dans les galeries et les musées à partir des années 1980.



Précurseur, Brihat décide de s'établir à la campagne en photographe-jardinier pour, au moins, survivre avec les légumes de son potager. Mais en ce jour de 1958, il hésite encore. Attablé dans un bistrot de la porte Maillot, il demande à son ami Doisneau ce qu'il ferait à sa place. « A ta place ?, lui répond-il, mais je serais déjà parti. » Trois jours plus tard, Denis Brihat débarque avec deux petites valises sur le plateau des Claparèdes, à Bonnieux, dans le Luberon. « La décision la plus dingue et la meilleure que j'aie jamais prise », dit-il aujourd'hui avec cet accent de Parigot qu'il n'a pas perdu.



Assiégé l'hiver par le mistral qui s'engouffre dans les interstices de sa borie, un cabanon en pierres sèches, il s'éclai­re avec des lampes à pétrole, et tire l'eau de son puits. Bêchant, coupant son bois, il photographie une folle avoine le matin, un oignon l'après-midi, et développe ses images dans le laboratoire construit de ses mains. Il a le talent de révéler l'immensité de l'existence qui se dissimule dans une toile d'araignée, une pierre érodée par le vent, un brin de tabac tombé sur le sol, une craquelure de peinture, une vitre « écrasée par une fesse ». Ses clichés affirment une harmonie, une architecture cosmique, un ordre naturel, une présence énigmatique, unique, sacrée.


Jusqu'en 1967 - année où il rencontre Solange, avec qui il vit toujours – ses tableaux sont tous en noir et blanc. A l'agence Rapho, il était pourtant réputé pour ses photographies en couleur. Mais il refuse d'utiliser la seule qui s'offre à lui, la Kodachrome, « parfaite pour la pub, la mode, mais pas pour [s]on travail ». Son ami le photographe Jean-Pierre Sudre lui conseille d'essayer les virages métalliques et les sulfura­tions, des procédés tombés en désuétude.

 

Dès lors, Denis Brihat va s'atteler à ces techniques complexes du XIXe siècle sur lesquelles il reste peu de documentation et qui con­sistent à colorer un négatif en noir et blanc avec des micro-cristaux d'or, de fer, de vanadium, de sélénium, d'uranium pour obtenir du rouge, du bleu, du vert. Il met ainsi au point une palette de couleurs qui donne à ses coquelicots un rouge sang, à ses orchidées un blanc d'une pureté incroyable, ou à ses tulipes un noir d'une richesse exceptionnelle.



Chaque tirage lui nécessite une semaine de « lutte acharnée » dans sa chambre noire, et parfois mê­me un mois pour parvenir à cette grâce, ce naturel qui semble s'offrir à son objectif, et qu'il extirpe à la matière en véritable alchi­miste. Denis Bri­hat n'a jamais dételé. Il continue de cultiver son potager où il décou­vre toujours un sujet – les oignons, dont il ne se lasse pas – à mettre en images.


Le photographe s'est toujours méfié de la réussite, « une pente savonneuse », et n'a pas couru derrière la reconnaissance. Bien qu'exposé dans le monde entier – dès 1967 au MoMA, à New York –, il doit atten­dre la soixantaine pour vivre de son art, « sans s'inquiéter de [s]es fins de semaine ». Grâce à des amateurs qui viennent directement et régulièrement chez lui pour acheter ses photos. Sa force et son handicap tiennent dans le fait qu'il faut voir ses tableaux pour y croire. Ils sont si finement ouvragés, d'une telle subti­lité avec leur profondeur sans équivalent – grâce à un procédé de tirage appelé le « grignotage » – que les reproductions ne parviennent jamais à en restituer la grâce qui stupéfie quiconque se trouve face à eux.


On en veut pour preuve l'admiration des gardiens du Centre d'art, qui s'inquiètent des réactions du visiteur, le suivent pas à pas pour s'assurer qu'il n'a pas raté cette « extraordinaire » image de lichen sur un rocher. Et savez-vous ce que souhaiterait Denis Brihat en guise d'épitaphe ? « J'es­père faire mieux la prochaine fois. » Ça ne sera pas facile.


Source Luc Desbenoit (Télérama)

jeudi 18 août 2016

Dessins de presse


Dessins de presse

mercredi 17 août 2016

Billets-Les burkinis de la discorde


Les burkinis de la discorde

Comme le faisait fort justement remarquer Archimède, tout corps plongé dans un liquide en ressort mouillé. Ce qui est vrai pour un physicien grec l’est tout autant pour des maillots de bains, y compris pour les plus larges d’entre eux, les burkinis. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour déclencher une belle polémique humide à la française.
  
Tout indiquait que ce qui n’aurait pas même fait l’objet d’une ligne dans un pays dignement policé allait en France immédiatement enfler hors de proportion : jugeant probablement indispensable de ramener à la mode l’accoutrement de bain amusant du début du vingtième siècle quitte à en augmenter encore la superficie, des femmes ont récemment introduit le burkini, vêtement « de bain » aux formes amples, couvrant à peu près tout leur corps.

Afin de pimenter l’affaire, l’ensemble de la démarche a été posée dans un cadre religieux, alpha et oméga pratique pour déclencher l’urticaire d’un pays confit de son anticléricalisme forcené : pour ces femmes, il semble indispensable de se couvrir ainsi en allant barboter à la mer afin, non pas d’attirer sur soi les regards des moqueurs, mais de respecter leur conception de leur foi. Prétexte amusant qui, au passage, pousse à s’interroger sur l’avis de Mahomet, Abraham ou Jésus sur des pratiques sociales ou des technologies parfaitement anachroniques avec eux, et qui, surtout, permet à l’observateur extérieur de voir les bienpensants s’emberlificoter gravement avec leurs dogmes intellectuels.

Alors qu’un Edwy Plenel, journaliste tendrement pétri de valeurs socialistes, semble tout joyeux de rappeler que la liberté, la vraie, suppose de pouvoir s’habiller comme on le souhaite, Laurence Rossignol, député elle aussi tendrement pétrie de valeurs socialistes, juge « profondément archaïque » un tel accoutrement et entend le combattre, le tout sans ces arrière-pensées qui seraient à la fois nauséabondes et de droite.

Personne ne s’étonnera de la « cohérence » vibrante d’humanisme étalé à gros rouleaux baveux de nos deux phares de la pensée moderne. Pourtant, Plenel sera le premier à fustiger violemment ceux qui viendraient à utiliser leur liberté d’expression pour se moquer des femmes en burkini (la liberté n’est belle que dans le cadre défini par Edwy, n’est-ce pas). Quant à Rossignol, elle n’aura aucun mal à chanter les louanges des vêtements (ou disons, leur absence) de certains individus lors de Gay Pride endiablées, le projet de société qu’ils représentent alors étant sans aucun doute plus souhaitable à ses yeux que tout autre projet, pas estampillé Camp du Bien. Mais peu importe.


Au-delà de ces « intellectuels » bavards, la France se retrouve scindée en deux par le truchement de médias à court de nouvelles intéressantes. Bondissant d’un arrêté municipal interdisant les burkinis à ces rixes tragiques dans une crique corse, la presse a transformé en affaire nationale ce qui ressemble pourtant à un concours du plus ridicule. Le pompon serait probablement l’intervention du Président François, la mine grave et le verbe hésitant, pour calmer les esprits sur cette question ô combien essentielle à la survie de la Nation.

Car c’est bien de survie qu’on va nous faire croire qu’il s’agit : la République est en danger, mes petits amis ! Les burkinis sont à nos portes et seule une main ferme et des lois taillées au cordeau pourront bouter le danger hors de nos frontières, par ailleurs passoires scandaleusement ouvertes par des traités européens scélérats, et gnagnagna souveraineté nationale, et gnagnagna envoyez le Charles De Gaulle en opex et bombardez la Syrie !

Pourtant, ce n’est pas la première révolution vestimentaire que le pays aura dû subir. Ce n’est pas le premier faux-pas en habillage que le peuple français aura commis, et auquel il aura pourtant brillamment survécu. D’autant qu’en fait de peuple, seule une frange est concernée.

On m’objectera, à raison, que la taille de cette frange semble augmenter et que ce serait là le principal problème. Si l’observation est probablement exacte, le problème n’est pas là. De même qu’il n’est pas dans l’augmentation du nombre de femmes en burquas se baladant dans nos rues. Le problème est, malheureusement, bien plus profond puisqu’il se situe dans l’absence de possibilité de réponse sociale à cette dérive.

En effet, sur les quarante dernières années, tout a été construit pour que soit impossible la seule réponse possible du corps social à ce qu’il trouve incongru (peu importe ici que ce soit à tort ou à raison) : en quatre décennies, on a progressivement rendu tabou voire éventuellement illégal de se moquer de certaines pratiques, de certaines pensées, de certaines religions. À force de subventions et d’orientations politiques délétères, on a donné un pouvoir quasi-illimité à des fourmillements d’associations lucratives sans autre but que celui de policer la pensée des gens.

Il est devenu de facto impossible de ridiculiser ce qu’on trouve ridicule : des ligues de vertu, du CRAN à la LICRA en passant par tant d’autres acronymes grotesques, se sont érigées en pourfendeurs d’oppressions fantasmées et sont toujours sur la brèche pour lutter contre les mauvaises paroles ou les mauvaises pensées (pour les coups et blessures effectives, elles se font plus timides, et deviennent totalement inexistantes lorsque la victime n’est ni de la bonne religion, ni de la bonne couleur).


Les individus, finalement assez rationnels lorsqu’il s’agit de leurs propres intérêts, ont vite compris qu’à ce petit jeu, se moquer ouvertement de ce qu’ils trouvaient ridicule pouvait leur coûter cher. La pression sociale, celle qui fit (heureusement) disparaître les habitudes vestimentaires les plus abominables (depuis les coiffures à queue de rat jusqu’aux chemises pelle-à-tarte en passant par les sous-pulls en tergal) et, plus important encore, cette pression sociale qui permit à la société d’évoluer en relâchant justement les contraintes qui existaient sur les habitudes et les ségrégations de tous ordres, cette pression sociale n’est plus possible puisqu’elle est maintenant juridiquement encadrée.

C’est par exemple cette pression sociale qui faisait que, jadis, un petit con surpris à faire des bêtises se prenait les rodomontades de la maréchaussée suivie d’une déculottée de ses parents. Le petit con grandissait et devenait moins con. À présent, la pression sociale ne joue plus, les parents, confits de l’idéologie collectiviste, ayant abdiqué leurs prérogatives aux forces de l’ordre (on paye l’État pour ça, après tout) qui n’ont plus le temps de les utiliser. Les petits cons deviennent grands mais restent cons.

Maintenant, si on a encore le droit de faire des blagues sur les blondes (pour combien de temps encore ?), il est en pratique très risqué d’en faire sur d’autres catégories de personnes. Or, s’il est impossible de se moquer, de ridiculiser ou de simplement exprimer son opinion, la norme sociale n’est plus définie et la frustration s’installe. Elle se traduit mécaniquement par une montée des tensions entre les individus qui font alors tout pour marquer leurs différences. Et là où la pression sociale aurait utilisé la moquerie pour juguler les envies des uns et des autres de trop se différencier, la perte de liberté d’expression entraîne une montée des comportements radicaux, destinés à marquer la capacité des uns et des autres à bien se rebeller contre le pouvoir en place.

Mieux encore : les burkinis n’auraient pas été un problème si la République avait pu garantir à ses citoyens le pouvoir de s’en moquer sans craindre ni les ires des associations mouche-du-coche, ni, plus incroyable encore, celles des coreligionnaires armés de harpons qu’un état d’urgence devrait pourtant rendre fort improbable. S’il y a un problème avec ces vêtements, ce n’est pas dans leur existence ou dans la volonté farouche et ridicule de certaines de s’en accoutrer, mais dans le fait qu’on ne puisse plus librement critiquer ces choix (ou tout autre, du reste) sans risquer l’incident juridique ou la rixe punitive : une société saine peut fort bien prôner la tolérance sans s’imposer l’approbation.

En France, on en est maintenant très loin, et à chaque consternante poussée d’hystérie médiatique sur ce genre de sujet, on s’en éloigne encore en polarisant les foules en deux groupes diamétralement opposés, irréconciliables : celui de l’approbation niaiseuse et universelle au prétexte de valeurs républicaines indéfinies, et celui de l’interdiction impraticable sous les mêmes prétextes grandioses.

De burquas en burkinis, de débats médiatiques idiots en prises de position politique consternante, que croyez-vous donc qu’il va bien pouvoir se passer ?



Source contrepoints.org