jeudi 29 décembre 2016

Photos-Diane Arbus



Diane Arbus

Des corps et des visages étranges, des visions qui dérangent. Chaque photo de Diane Arbus semble happée par ses personnages.


Sans titre (6) 197071. © The Estate of Diane Arbus

Allez savoir comment elle s'y est prise. Cette fois encore, Diane Arbus a réussi à convaincre un homme de la laisser entrer dans sa chambre d'hôtel, à New York, pour un portrait. A première vue, ce cliché de 1961 n'a pas grand intérêt. A y regarder de plus près, c'est un monstre qui apparaît sous les traits de cet inconnu : ses pieds sont à l'envers, tournés vers le dos. L'image provoque le malaise. Comme toutes celles que la photographe réalise sur les phénomènes de foire – homme percé d'épingles, femme « sans tête », musclors tatoués – et les exclus de toutes sortes – drag-queens, travestis ou fou errant torse nu. Diane Arbus a le don pour jeter le trouble sur l'identité d'un modèle.


Enfant avec une grenade en plastique dans Central Park, New York 1962.  © The Estate of Diane Arbus

« Je suis née en haut de l'échelle sociale, dans la bourgeoisie respectable, mais, depuis, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour dégringoler », confiait-elle. Elle voit en effet le jour, en mars 1923, sous le nom de Nemerov, dans une riche famille juive, propriétaire du grand magasin de mode Russeks, sur la Cinquième Avenue, à New York. Son frère Howard (futur écrivain et poète), sa petite sœur et elle gran­dissent dans le quartier huppé de Central Park ouest, entourés de ­domestiques. A 14 ans, Diane tombe amoureuse d'Allan Arbus ; elle se marie avec lui quatre ans plus tard, malgré l'hostilité de ses parents pour cette union avec un petit photographe sans fortune.

Le jeune couple mange de la vache enragée, crée un studio de photos de pub et de mode, et réussit à se faire un nom en signant des couvertures pour les magazines Glamour ou Vogue. Mais la seule véritable préoccupation de Diane Arbus reste son époux, devant lequel elle est pétrie d'admiration, et ses deux filles, Doon et Amy.


Couple d’adolescents à Hudson Street, New York 1963. © The Estate of Diane Arbus

C'est à 38 ans seulement, après qu'Allan l'a quittée pour une actrice, qu'elle décide de se consacrer entièrement à son œuvre. Six ans plus tard, en 1967, trente de ses tirages sont présentés au musée d'Art moderne de New York (MoMA) à côté des autoportraits de Lee Friedlander et des scènes de rue de Garry Winogrand, dans une exposition devenue mythique, « New Documents ». Les trois artistes changent la conception de l'image documentaire : « Leurs prédécesseurs se mettaient au service d'une cause sociale. Ils voulaient montrer ce qui n'allait pas et persuader les autres d'agir pour y remédier. Le but de ces jeunes photographes n'est pas de réformer la réalité, mais de la connaître », écrit alors avec justesse John Szarkowski, conservateur au MoMA.

Ils sont trois, mais c'est Diane Arbus qui fait l'événement et devient aussitôt célèbre, grâce à ses images de freaks, mais également pour sa ­façon très particulière de photo­graphier de petites jumelles. Les gamines sont la copie conforme l'une de l'autre. Debout bien droites, soudées comme des siamoises, apprêtées à l'identique, même expression neutre des visages, elles deviennent devant l'objectif du Rolleiflex aussi différentes que peuvent l'être l'eau et le feu. L'effet est magique. Car l'obsession de Diane Arbus est de révéler la singularité de chaque être au-delà de son apparence. Tout en brouillant, avec une certaine perversité, la frontière entre l'équilibre mental et la folie, le féminin et le masculin, la normalité et l'anormalité. Sa technique et ses choix esthétiques sont cohérents avec son projet : le format carré de ses images en noir et blanc semble emprisonner ses modèles. Aucune échappatoire n'est possible. D'autant qu'elle les saisit au flash, parfois à bout portant, les foudroyant en un instantané, comme saisis en plein vol. Expressions stupéfaites, gestes, grimaces trahissent des drames enfouis, des désirs cachés.


Jeune homme en bigoudis chez lui, 20e Rue, N.Y.C. 1966. © The Estate of Diane Arbus

A ses débuts, sujette à la dépression, doutant de tout, Diane Arbus s'était inscrite à la New School, au cours de Lisette Model, photographe réputée pour ses portraits grotesques de pauvres, de vieillards ou de cette femme énorme, en mail­lot de bain, échouée comme une baleine sur la plage de Coney Island. Model la pousse à s'approcher au plus près de l'inconnu, de l'étrange. Du tabou, de l'interdit. De tout ce qui lui fait peur. A casser la distance avec ses modèles.

Diane Arbus a retenu la leçon. Sa proximité devient telle, avec ses sujets, qu'elle semble s'identifier corps et âme à ce jeune homme en bigoudis au regard égaré. Ou à cette vieille dame à la peau flétrie, au « chapeau rose », comme l'indique la légende. En de très rares occasions, elle prend le bus pour un camp de nudistes du New Jersey ou pour photographier un hermaphrodite dans le Maryland. Mais son terrain de chasse favori – son ami Walker Evans l'appelait à juste titre « Diane, la chasseresse » – reste New York, de Central Park aux bas-fonds. Quand un visage l'arrête, elle s'exclame : « Oh, comme vous êtes magnifique ! Puis-je vous photographier ? » et s'invite immanquablement chez son modèle. En 1968, elle raconte en quatre clichés une histoire incroyable : la métamorphose de Catherine Bruce en Bruce Catherine. On voit d'abord une femme ­coquette, assise sur un banc. On la retrouve ensuite chez elle, en sous-vêtements. Perruque enlevée, on découvre sur la troisième image que c'est un homme. Qui finit par poser en costume et cheveux courts, totalement méconnaissable.


Jumelles identiques, Roselle, N.J. 1967. © The Estate of Diane Arbus

En 1971, Diane Arbus réussit à convaincre Germaine Greer de se laisser photographier dans sa chambre d'hôtel. La féministe, auteur du best-seller La Femme eunuque, tombe aussitôt sous le charme de celle qui lui apparaît « en petite fille délicate, douce comme un pétale de rose. Je n'ai pas pu lui donner d'âge, mais elle m'a charmée avec sa saharienne et sa coupe à la garçonne. Elle trimballait un sac de matériel tellement énorme que j'ai failli lui proposer de l'aider. » Diane Arbus a alors 48 ans, et il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Elle demande à son modèle de s'allonger et, « brusquement, se souvient Greer, elle s'est agenouillée sur le lit en plaçant son objectif juste au-dessus de mon visage et a commencé à prendre en gros plan mes pores et mes rides ! Elle me posait des questions très personnelles et là, j'ai compris qu'elle ne déclenchait que lorsqu'elle voyait sur mon visage des signes de tension, d'inquiétude ou d’agacement. »


Arbre de Noël dans un living-room à Levittown, Long Island, N.Y. 1963. © The Estate of Diane Arbus

Diane Arbus s'est souvent dite prête à tout, « à perdre [sa] réputation ou [sa] vertu, ou tout au moins ce qu'il en reste, pour une bonne photo ». Quitte à prendre des risques insensés. Elle racontait qu'elle couchait fréquemment avec ses modèles – un marin rencontré dans un bus, un Portoricain croisé dans une rue, un nain, un couple de nudistes. Longtemps, ce comportement, qui éclaire la forte intimité qu'on ressent face à certaines images, a été tenu secret par sa fille Doon. En 2003, cette dernière dévoile la personnalité complexe de sa mère lors d'une rétrospective, « Diane Arbus Revelations », présentée dans le monde entier sauf en France. Sur une planche-contact, on découvre ainsi un couple – un Noir et une Blanche – s'embrassant et se caressant sur un canapé. Sur l'une des douze images, Diane ­Arbus prend la place de la femme, et s'allonge, nue, sur les genoux de l'homme. Ainsi, bien avant Nan Goldin, elle photographia des couples, parfois deux femmes, faisant l'amour, et fut une véritable pionnière dans l'exploration de l'intime, un thème majeur de la photographie contemporaine. 


Jeune homme au canotier attendant de défiler en faveur de la guerre, N.Y.C. 1967. © The Estate of Diane Arbus

Rarement exposée en France, Diane Arbus, portraitiste exceptionnelle s’est suicidée, le 26 juillet 1971. Diane avait traversé le miroir, et plus aucun retour n'était possible.
  

 
Autoportrait-enceinte-NYC-1945

Autoprtrait

Source Luc Desbenoit (Télérama)

mercredi 21 décembre 2016

Billets-La Chine va noter le comportement des citoyens sur internet


La Chine va noter le comportement des citoyens sur internet

Pékin prévoit que chaque citoyen se voie attribuer un score basé sur son comportement, comme ses habitudes de consommation en ligne, son civisme ou encore sa piété filiale. « Black mirror » sauce communiste.

Connaissez-vous le « scoring comportemental » ? Si vous êtes à jour de la série britannique Black Mirror, vous en avez eu un aperçu dans Chute libre (« Nosedive »), le premier épisode de la très attendue saison 3.

Chute libre traite du rapport que nous avons avec notre image sur les réseaux sociaux, et de l’effet que cette image a sur notre vie. L’épisode se déroule dans un monde occidental aux couleurs pastel où l’accès aux meilleurs services (de logement, de transport…) est conditionné par la note qu’obtient chaque individu dans ses interactions avec les autres. Le réalisateur met en scène l’histoire d’une jeune femme prête à tout pour que ses congénères la notent le mieux possible sur un réseau social qui semble être en situation de monopole. Sans surprise, la série nous raconte la dégringolade du score de Lacie et la descente aux enfers qui s’ensuit.

Black Mirror est une oeuvre de fiction.
Un « profil social » selon le comportement des citoyens
Dans la réalité, en Chine, ce ne sont pas les personnes avec lesquelles les citoyens ont des interactions qui ont vocation à décider de leur note, mais un algorithme programmé selon les desideratas du Parti communiste.

Pékin prévoit en effet que chaque citoyen se voie attribuer un score basé sur son comportement, comme ses habitudes de consommation en ligne, son civisme ou encore sa piété filiale. L’objectif est naturellement de construire une société socialiste plus « harmonieuse » selon les termes de BFM TV, en permettant une meilleure orientation de l’accès aux prêts, à l’emploi, aux hôtels de luxe ou encore… aux voyages en avion, c’est-à-dire à la possibilité d’échapper au paradis communiste.

Un « système de crédit social » est actuellement en test à Hangzhou et a pour vocation d’être étendu à l’ensemble du pays d’ici à 2020 selon The Wall Street Journal. Alibaba, le n°1 mondial du commerce électronique à destination des entreprises, est partie intégrante du projet. D’autres géants du web comme Tencent, la société qui a développé l’application de messagerie instantanée WeChat, et Baidu, le moteur de recherche n°1 en chinois, pourraient rejoindre la partie. Voilà de quoi sacrément alimenter en données l’ « algorithme communiste » !

Au vu de ce programme, le gouvernement français fait figure de petit joueur avec son fichier regroupant les données personnelles de 60 millions de Français !

Jean-Luc Mélenchon, qui a récemment obtenu le soutien du Parti communiste français pour les présidentielles de 2017, ne s’est à ma connaissance pas encore exprimé sur le sujet. On a en revanche récemment appris grâce à Gala que le chef du « parti des gentils » aime bien la salade au quinoa. Au moins les Français sont-ils prévenus qu’ils devront manger moins de viande si d’aventure ils votent au mois de mai pour une France bolivarienne !
Traquer le comportement des citoyens pour toujours plus de sécurité et moins de fuite d’impôts ?
Dans le cas chinois comme dans le cas français, les raisons invoquées par le pouvoir étatique pour mettre en place des outils à chaque fois plus intrusifs sont toujours les mêmes : la lutte contre la fraude et la lutte contre le terrorisme. Tout cela bien sûr en vue d’assurer le bien-être et la sécurité de la population.

En 1968, Margaret Thatcher écrivait déjà :

« Certains hommes politiques ont tendance à estimer qu’avec la venue des ordinateurs, il conviendrait de centraliser cette masse d’informations et de tout conserver sur une bande magnétique. On gagnerait en temps, disent-ils, et en efficacité. […] Selon moi, ce serait confier à l’État trop d’emprise sur la personne. »

C’est bien là que réside le coeur du sujet. L’État a-t-il vocation à tout savoir de chaque individu ?

Le simple fait de laisser cette possibilité ouverte prépare le terrain à la mise en place d’une société totalitaire, qu’elle revête des couleurs pastel d’un cauchemar façon Black Mirror ou qu’elle arbore le rouge vif de la dictature communiste.

Source contrepoints.org
Photo Different by Village9991(CC BY 2.0)
Par Nicolas Perrin.


Nicolas Perrin est l'auteur de l'ouvrage de référence « Investir sur le marché de l’Or – Comprendre pour agir ». Diplômé de l’IEP de Strasbourg, du Collège d’Europe et de l’Université d’Aix-Marseille, il est conseiller en gestion de patrimoine indépendant.

lundi 19 décembre 2016

Dessins de presse


Dessins de presse

Dessins de presse


Dessins de presse

Recettes Crêpes Blinis Pancakes-Galettes de sarrasin à la poire et au bleu

Galettes de sarrasin à la poire et au bleu

Préparation : 15 mn
Repos de la pâte : 30 mn
Cuisson : 25 mn
Pour 8 galettes
Pour la garniture
4 poires type conférence ou comice
30 g de beurre
200 g de bleu d’Auvergne ou de Saint-Agur
3 cuillerées à soupe de pignons de pin
Sel
Poivre du moulin
Pour la pâte
130 g de farine de sarrasin
2 œufs
30 cl d’eau
30 g de beurre fondu
20 g de beurre pour la cuisson
1 pincée de sel
Préparation des galettes
1. Versez la farine de sarrasin et le sel dans un saladier et creusez un puits.
2. Dans un autre bol, fouettez les œufs, l’eau et le beurre fondu, puis versez dans le puits de farine. Fouettez à nouveau pour obtenir une pâte fluide.
3. Laissez reposer 30 minutes.
4. Mettez le beurre à fondre dans la poêle et versez l’excédent dans un petit bol. Essuyez le surplus avec un papier absorbant.
5. Quand la poêle est bien chaude, versez rapidement une petite louche de pâte et tournez la poêle en tous sens pour bien répartir la pâte sur toute la surface de la poêle. Dosez bien la quantité de pâte dans votre louche : si vous avez trop de pâte votre galette sera trop épaisse, mais si vous n’en avez pas assez, elle sera pleine de trous !
6. Quand la surface de la galette devient sèche et qu’elle a doré en dessous, au bout de 2 minutes environ, il est temps de la retourner. Faites-la sauter si vous êtes habile ou bien retournez-la à la spatule. Laissez cuire 1 minute sur l’autre face.
7. Déposez vos galettes au fur et à mesure sur une assiette pour former une pile. Si vous voulez les garder au chaud, recouvrez l’assiette de papier d’aluminium et déposez l’assiette sur une casserole avec un peu d’eau à ébullition.
Préparation de la garniture
8. Coupez les poires en quatre, pelez-les et ôtez-en le cœur. Découpez les quartiers en lamelles. Mettez 20 g de beurre à fondre dans la poêle et faites dorer les lamelles de poires 3 minutes de chaque côté. Poivrez-les et déposez-les sur une assiette. Coupez le fromage en lamelles.
9. Remettez votre poêle à galette sur le feu avec un peu de beurre. Déposez une galette, ajoutez des lamelles de fromage, puis quelques lamelles de poire. Saupoudrez de pignons de pin et laissez cuire 3 minutes. Rabattez les extrémités de la galette vers le milieu. Répétez l’opération pour les autres galettes et servez aussitôt.

Le mariage de la poire et du fromage bleu est toujours une réussite. Servez ces galettes avec une salade aux herbes assaisonnée si possible d’une vinaigrette à l’huile de noix.

Variante
Vous pouvez également utiliser du roquefort ; dans ce cas-là, écrasez-le à la fourchette avec 2 cuillerées à soupe de crème fraîche.
C’est aussi délicieux avec des lichettes de fourme d’Ambert.

Un truc
Vous pouvez faire les galettes et les mettre au fur et à mesure dans un plat que vous garderez au four à 100 °C (th. 3-4), le temps de finir la cuisson des autres.



dimanche 18 décembre 2016

Billets-Positionnez-vous sur l’échiquier politique


Positionnez-vous sur l’échiquier politique

Depuis le XIXe siècle, le positionnement politique se divise en deux groupes : la droite et la gauche, avec des variations plus au moins radicales aux deux extrêmes. Une grille de lecture aussi simpliste n’est pas capable de rendre compte correctement de la diversité des débats et des positionnements idéologiques. Le problème principal de l’axe gauche-droite est qu’il ne laisse aucune place à la pensée libérale, celle-ci ne pouvant être rangée ni avec l’égalitarisme de la gauche, ni avec le nationalisme de la droite.
David Nolan, expert en sciences politiques, ancien élève du Massachussetts Institute of Technology (MIT) a eu l’idée de créer un diagramme (voir ci-dessus) qui ajoute à l’axe gauche-droite un deuxième axe liberté-contrainte qui va de l’étatisme (point zéro) au « libertarianisme », dont nous parlerons plus bas.
Ce diagramme représente les « libertés économiques » (faible niveau des impôts, marché libre, services privés) sur l’axe des abscisses, et les « libertés personnelles » (liberté de circulation, d’opinion, libre disposition de soi) sur l’axe des ordonnées. Plus on s’éloigne du point zéro, plus le positionnement idéologique est favorable à certaines libertés.

Sur l’axe liberté-contrainte, on voit alors apparaître trois groupes et non plus deux : étatistes, sociaux-démocrates (centristes) et libertariens.
Ainsi, les étatistes, qu’ils soient socialistes ou conservateurs, de gauche ou de droite, sont hostiles à toutes les formes de libertés, économiques ou personnelles. Ils pensent que la liberté n’est possible que dans et par l’État.
Le centre est à mi-chemin entre ces deux axes pour les deux types de libertés. C’est là qu’on trouve la majeure partie des électeurs : le gros des troupes de l’UMP et du PS : ce sont les sociaux-démocrates. Ils diffèrent assez peu entre eux, certains sont plus à gauche, d’autres plus à droite.
En effet, la droite est plus favorable à certaines libertés économiques comme les réductions d’impôts ou la liberté d’entreprendre mais hostiles aux libertés civiles. Les conservateurs pensent que l’État doit contrôler les mœurs et créer une société vertueuse par en-haut, par la contrainte de la loi.
De son côté, la gauche socialiste inverse cette tendance. Elle est favorable à certaines libertés civiles mais veut que l’État régule les échanges économiques et contrôle les entreprises privées par la loi.
En son temps, l’économiste et député Frédéric Bastiat disait qu’il votait « tantôt avec la gauche, tantôt avec la droite, selon le projet de loi discuté. » Cela ne voulait pas dire qu’il était centriste ou social-démocrate. Bastiat était fermement opposé à tout étatisme, à tout dirigisme quel qu’il soit. Il était favorable à un maximum de libertés économiques et de libertés personnelles compatibles avec le respect d’autrui, car il considérait que l’ordre social pouvait émerger d’en bas, par l’initiative privée, la coopération sociale et la responsabilité individuelle, avec un minimum de lois.
Les libertariens, comme Ron Paul aux États-Unis, sont aujourd’hui les seuls héritiers de Frédéric Bastiat. Ils ne sont ni « de gauche » ni de « droite » ni même une combinaison des deux. Ils pensent que chacun a le droit de décider pour lui-même ce qui est meilleur pour lui et d’agir selon ses préférences, tant qu’il respecte le droit des autres à faire de même. Le contraire du libertarianisme (en Amérique du Nord le mot liberalism étant devenu synonyme d’étatisme, le terme libertarianism s’est imposé) ce n’est ni la gauche, ni la droite, c’est l’étatisme, le dirigisme ou le collectivisme.

La ligne de clivage qui séparait jadis la droite et la gauche s’est donc déplacée. Ou passe-t-elle désormais ? Le véritable axe est désormais celui qui oppose les défenseurs de la liberté aux défenseurs de l’État, ceux qui font confiance dans la capacité des individus à s’organiser par eux-mêmes de façon responsable et ceux qui veulent un État-nounou pour les rassurer, les protéger et les consoler.
Voici un test en français, inspiré de David Nolan et Christian Michel, qui permet de se situer sur ce nouvel échiquier :
Chaque fois que vous êtes d’accord avec l’une des propositions suivantes, encerclez les lettres C ou E. Si vous êtes opposé à la proposition, encerclez la lettre N. N’inscrivez rien si vous n’avez pas d’opinion.











Les dix principes d’une société libre selon Ron Paul :
  1. Les droits appartiennent aux individus, pas à des groupes ; ils découlent de notre nature et ne peuvent être ni accordés ni supprimés par le gouvernement.
  2. Toutes les associations pacifiques et volontaires de nature économique ou sociale sont autorisées ; le consentement est la base de l’ordre économique et social.
  3. Tout bien justement acquis est la propriété privée d’individus ou de groupes volontairement constitués, et cette propriété ne peut être arbitrairement supprimée par les gouvernements.
  4. Le gouvernement ne peut redistribuer les avoirs privés ni consentir des privilèges particuliers à tout individu ou groupe.
  5. Les individus sont responsables de leurs actes ; le gouvernement ne peut et ne doit pas nous protéger de nous-mêmes.
  6. Le gouvernement ne doit pas s’arroger de monopole sur l’argent d’un peuple et il ne doit jamais s’adonner à la fausse monnaie, même au nom de la stabilité macroéconomique.
  7. Les guerres d’agression, même si elles sont qualifiées de préventives, et même si elles ne concernent que des relations commerciales, sont interdites.
  8. Le pouvoir législatif du jury, c’est à dire le droit des jurés de juger la loi aussi bien que les faits, est un droit du peuple et la norme des tribunaux.
  9. Toutes formes de servitude involontaire sont interdites, pas seulement l’esclavage mais aussi la conscription, l’association forcée et la distribution imposée de subsides.
  10. Le gouvernement doit respecter la loi qu’il demande aux autres de respecter et par  conséquent il ne doit jamais faire usage de la force pour inciter à des comportements, manipuler des arrangements sociaux, gérer l’économie, ou dire à d’autres pays comment ils devraient se comporter.

Source contrepoints.org

Billets-La guerre du gouvernement contre nos libertés a commencé


La guerre du gouvernement contre nos libertés a commencé

Tandis que François Hollande se barricade au palais de l’Élysée en interdisant la rue Saint Honoré aux voitures, son gouvernement aux abois s’emploie à multiplier les mesures tendant à museler l’expression des Français.

Le gouvernement veut limiter la liberté d’éducation avec les attaques violentes et répétées de Mme Najat Vallaud-Belkacem pour empêcher l’ouverture des écoles indépendantes en les soumettant à un régime d’autorisation liberticide et contrôler leurs programmes pour les obliger à s’aligner sur ceux de l’Éducation nationale, au mépris de la loi.

Il veut supprimer l’indépendance de la justice en soumettant la Cour de cassation, la plus haute juridiction française, au contrôle direct du gouvernement par un décret du 05/12/2016. Prise à l’insu de la Cour et de son Président, cette mesure bafoue le principe de séparation des pouvoirs qui est un des piliers de la République française et garantit aux Français le respect de leur liberté et l’égalité de tous devant la loi.

D’ores et déjà d’ailleurs, vous pouvez réagir en signant la pétition qui s’élève à l’encontre de cette disposition scélérate : Bernard Cazeneuve : Pour l’indépendance de la Cour de cassation et l’abrogation du décret du 05/12/2016
Guerre au libre-échange
Il veut, contre l’Europe qui devait être celle de la liberté de circulation des hommes, des marchandises et des capitaux, renforcer, par un décret du 5 décembre 2016, le contrôle des capitaux jusqu’au moindre détail par un nouveau décret qui confirme l’obligation de déclaration de tout transfert de fonds d’un montant égal ou supérieur à 10 000 euros vers un État membre de l’Union européenne ou en provenance d’un État membre de l’Union européenne.

Sous peine de constituer un manquement à l’obligation déclarative passible d’une amende égale à 50 % des sommes et confiscation des sommes, les déclarations relatives à des transferts de sommes d’un montant supérieur à 50 000 euros doivent être accompagnées de documents dont la production permet de justifier de leur provenance. Au prétexte de la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement, l’État joue Big Brother. Mais lui nous avait caché qu’il versait des rançons pour délivrer les otages ainsi que les documents révélés par Snowden viennent de le révéler !

Il veut encore museler la liberté d’expression avec la proposition de loi, qu’il soutient, votée par le Parlement pour punir de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende le « militantisme anti-IVG 2.0 », selon l’expression de son rapporteur, Catherine Coutelle (PS, Vienne). Ceux qui sont favorables à l’avortement, comme c’est leur droit, ne veulent plus désormais que d’autres souhaitent les en dissuader. Demain, ils interdiront de critiquer toute réforme gouvernementale.
Réagir avant qu’il ne soit trop tard
Certes, certains diront que chaque mesure a sa justification. On en trouve toujours une, si mauvaise soit-elle. D’autres excuseront au prétexte que ce sont des points mineurs. Mais on commence toujours par là, et d’ailleurs ils ne sont pas vraiment mineurs. À nous de réagir avant qu’il ne soit trop tard.

À nous de ne pas accorder foi aux candidats comme Macron qui ne nie pas être de gauche et avoir cautionné tout ce mandat présidentiel et qui ne trouve comme bonnes mesures que celles qui déresponsabilisent encore un peu plus les Français (exonération des charges sociales salariales) ou qui créent de nouvelles usines à gaz pour atténuer l’ISF sans le supprimer.
Il faut militer pour qu’une nouvelle majorité favorable aux libertés reprenne le pouvoir rapidement et puisse défaire ces mesures nocives, en même temps qu’inscrire dans la constitution les bornes qui pourraient s’y opposer à l’avenir si par malheur nous devions revivre les affres d’un pouvoir similaire à celui que nous supportons depuis près de cinq ans, livré à l’arbitraire d’un Président immature.

Source contrepoints.org
Photo credits-Nicholas-Kommodore CC
Par Jean-Philippe Delsol.


Jean-Philippe Delsol est avocat fiscaliste, Président de l'IREF, Institut de Recherches Économiques et Fiscales.

Billets-Quand l’État se mêle de nos funérailles !


Quand l’État se mêle de nos funérailles !

L’État présent tout au long de notre vie ne pouvait qu’interférer dans notre mort. Il prend déjà soin de notre santé. Il distribue nos organes. Il se propose de nous baptiser, nous éduquer, nous marie et maintenant, il essaye de nous enterrer.

Mais où sont donc passées les funérailles d’antan ? Aucune idée et a priori, il y a de moins en moins de chance de les revoir. En effet, les députés viennent d’adopter un texte relatif à nos funérailles, ce qui finalement n’est pas surprenant. L’État présent tout au long de notre vie ne pouvait qu’interférer dans notre mort. Il prend déjà soin de notre santé en nous interdisant de manger trop gras ou trop sucré, de boire, de fumer. Il distribue nos organes. Il se propose de nous baptiser, nous éduquer, nous marie et maintenant, il essaye de nous enterrer.

Si les enterrements chrétiens étaient la règle, à partir du 19ème siècle des mesures sont prises afin de permettre la liberté de conscience : neutralité des cimetières (lois du 14 novembre 1881 et du 5 avril 1884), liberté des funérailles (loi du 15 novembre 1887), transformation du service extérieur des pompes funèbres en service communal (loi du 28 décembre 1904) et principe de laïcité (la loi du 9 décembre 1905). Par ailleurs, le principe de liberté des funérailles est inscrit dans notre Code pénal (article 433-21-1), qui prévoit un délit d’atteinte à la volonté du défunt. On le trouve également dans le code général des collectivités territoriales, qui interdit toute distinction établie par les autorités selon le caractère civil ou religieux des funérailles.
L’État à nos obsèques
Aujourd’hui 30 % des obsèques sont civiles. Quant aux crémations, 53 % sont réalisées sans cérémonie religieuse. La sécularisation de la société n’empêche pas le besoin de sens et de rite face à la mort. Les demandes d’obsèques civiles sont en constante augmentation et des difficultés se posent pour y répondre, obligeant les familles à se tourner vers des obsèques religieuses.  En effet, les communes proposant déjà leurs salles pour ces cérémonies sont trop rares.

Certains députés, dont Bruno Le Roux, notre nouveau ministre de l’Intérieur, ont donc proposé une loi adoptée en première lecture le 30 novembre dernier afin de remédier à ces problèmes. L’examen des apports de cette fameuse loi laisse dubitatif et prêterait à rire si le sujet n’était pas si sérieux. Il ne faut pas se priver du plaisir de consulter les débats qui ont présidé à l’adoption de cette loi. Ils sont édifiants, et mettent en lumière la façon dont une proposition de loi insignifiante est vidée de son peu de sens à grands renforts d’amendements successifs. Cette loi aboutit à un article unique rédigé ainsi :

«Art. L. 2223-52. – Chaque commune, dès lors qu’elle dispose d’une salle municipale adaptable, met celle-ci à disposition des familles qui le demandent et garantit ainsi l’organisation de funérailles républicaines qui leur permettront de se recueillir. Par dérogation au premier alinéa de l’article L. 2125-1 du Code général de la propriété des personnes publiques, cette mise à disposition est gratuite. À la demande de la famille du défunt, un officier de l’état civil de la commune peut procéder à une cérémonie civile.»

À première vue la loi fixe une obligation de fournir une salle là où précédemment il n’y avait qu’une possibilité. Cette obligation pourrait être une très bonne chose, mais le législateur a trouvé judicieux de préciser que seules les communes possédant une salle « adaptable » étaient concernées, sans s’attarder sur la définition d’adaptabilité. Il amoindrit d’étrange façon la portée de l’intention initiale. Il sera en effet très facile pour les communes de s’exonérer de cette obligation surtout en l’absence de sanction prévue. Est-il utile de rappeler que le cumul des mandats n’étant pas interdit, beaucoup de nos députés sont également maires.
Rien n’est jamais gratuit
La mise à disposition gratuite de la salle est également surprenante. Tout d’abord cette disposition déroge au principe de non-gratuité des utilisations privatives du domaine public. Ensuite, nous savons que rien n’est jamais gratuit. Les coûts d’aménagement, d’entretien et de fonctionnement de la salle devront bien être pris en charge. Avant le texte, ils étaient potentiellement supportés par les utilisateurs. La gratuité les transfère à la charge du contribuable. Chacun jugera de l’équité de la mesure.

De même le législateur précise qu’un officier de l’état civil a la possibilité de procéder à la cérémonie, sans préciser dans quelles conditions. Nous pouvons donc supposer qu’il les fixera lui-même ; et après tout pourquoi pas, puisqu’il remplira bénévolement son rôle, aucune rémunération pour cette mission supplémentaire ne lui étant allouée. Et alors que cette cérémonie « si importante » nécessite un texte, il n’est pas prévu de formation des officiers à leurs nouvelles fonctions dont l’exercice ne s’improvise pourtant pas.

Hervé Feron se félicite de ce texte, car, maintenant « le défunt et sa famille seront accompagnés par la cité«. Pourtant, l’accompagnement proposé par la République, ne rendent pas évidents les motifs de s’enorgueillir. Ce texte est maintenant entre les mains du Sénat. Il sera intéressant de regarder ce qu’il va devenir.

L’intervention d’Estelle Grelier, secrétaire d’État chargée des Collectivités, laisse par contre songeur. Elle trouve « légitime et souhaitable que la République puisse apporter son soutien dans les moments les plus difficiles, comme elle le fait pour les plus joyeux« . Difficile alors de ne pas repenser aux discussions préalables à l’adoption en première lecture de la loi au cours desquelles a été cité le passage suivant du contrat social (Rousseau) :

« il faut une religion civile vivant une forme de sacralisation non religieuse du lien social. Une religion civile doit pouvoir permettre, selon Rousseau, de générer une passion pour le régime républicain. Ce dernier ne saurait en effet se réduire à des procédures : il lui faut du rituel et une symbolique, ainsi que la possibilité de créer les conditions d’un attachement. »

Nous sommes en 2016, à l’orée d’un siècle nouveau. Certains de nos députés trouvent, avec la logique imparable qui est la leur, qu’il est temps de défendre la laïcité en l’instituant en religion officielle d’État. Pour y parvenir, ils utilisent un texte ne changeant fondamentalement rien, si ce n’est pour le contribuable, qui va donc être amené, au nom du principe de liberté de conscience et d’équité, à financer des cérémonies privées, quand bien même il ferait le choix de s’abstenir de toute cérémonie pour lui-même. Sans commentaires.

Source contrepoints.org
Photo By: DavidCC BY 2.0
Par Nafy-Nathalie.


Nafy-Nathalie
Profondément existentialiste, elle croit que chacun est libre et responsable de ce qu'il est. C’est avec cette idée qu'elle essaie de mener sa vie et de voir le monde.


samedi 17 décembre 2016

Billets-Chômage : le casse-tête des inemployables


Chômage : le casse-tête des inemployables

En moins de 50 ans, le marché du travail a pratiquement fermé ses portes aux sans-diplômes.

Selon une étude de l’OCDE, 22% des travailleurs français risquent d’être inemployables à moyen terme, soit 6 à 7 millions d’actifs.

Ces chiffres sont révélateurs d’un mal profond qui ronge les économies occidentales : celui de l’inemployabilité d’une partie croissante de leurs populations, dont « on ne sait plus si elle est à la recherche d’un emploi ou incapable d’en trouver un ».

Un phénomène qui va de pair avec la transformation des économies de la production vers la conception. « Le capitalisme du XXIème siècle organise scientifiquement la destruction de la société industrielle » écrit Daniel Cohen dans l’introduction à ses Trois leçons sur la société post-industrielle.

Désormais, 78% des emplois créés correspondent à des fonctions d’ingénieurs, de cadres administratifs et de créatifs. Entre 1962 et 2007, le nombre d’employés diplômés d’un Bac+2 est passé de 8,5% à 51%. Or, seuls 25% des actifs disposent d’un tel diplôme.

En moins de 50 ans, le marché du travail a donc pratiquement fermé ses portes aux sans-diplômes.

Pour eux, ne restent que des emplois usants et ingrats : ouvriers industriels, agricoles et du bâtiment, des services rébarbatifs d’aide-soignants ou d’agents d’entretien, ainsi que des activités commerciales à horaires décalés (vente, hôtellerie, restauration, sécurité).
C’est pourquoi plus de 60% des chômeurs n’ont pas le baccalauréat.

La France vieillit, un quart de la population a aujourd’hui plus de 60 ans, et ce phénomène va se prolonger jusqu’en 2035 avec les générations issues du baby-boom.
L’exode du néo-prolétariat se fait désormais de « l’usine au RMI », comme le dit le romancier Édouard Louis, dit Eddy Bellegueule.
Les damnés du RSA
Cela explique aussi que plus de 8,8 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté, principalement à cause de « l’augmentation du nombre de chômeurs vivant au-dessous du seuil de pauvreté, elle-même liée à celle du nombre de chômeurs de longue ou très longue durée », explique l’Insee.

Malheureusement, ce chiffre est en-deçà de la réalité. Car, aux 6,4 millions de chômeurs des catégories A à E, il faut ajouter les 6 millions d’allocataires sociaux, dont 2 millions de décrocheurs scolaires, sans oublier les 2 millions d’allocataires potentiels du RSA qui n’en font pas la demande.

Au total, 13 millions de personnes seraient aujourd’hui inemployées… soit plus du tiers de la population active hexagonale !
Aux extrémités de la pyramide des âges
Or, la majorité de ces inemployables se répartit entre les deux extrémités de la pyramide des âges. « La crise a frappé durement les seniors et les jeunes » résume l’Insee.

En effet, les seniors n’auraient plus les savoir-faire correspondant aux besoins des entreprises. « Leur capital humain est obsolète » peut-on lire chez certains économistes. Si, aujourd’hui leur nombre décroît, ce n’est pas grâce aux contrats aidés, mais au papy boom. En effet, d’ici quinze ans, la plupart seront à la retraite.
Le double péril jeune
L’inemployabilité de nombreux jeunes est bien plus problématique que celle de leurs aînés.
Beaucoup « n’ont tout simplement pas le savoir-être requis par l’entreprise », affirment certains conseillers en recherche d’emploi ; les autres « sont surqualifiés et refusent les jobs ingrats qu’on leur propose », explique Maxime, conseiller à Pôle Emploi.

En l’absence de contrat spécifique type CPE ou de SMIC-Jeune, les décrocheurs ne doivent leur salut qu’à des contrats aidés type emplois d’avenir et des initiatives associatives à l’instar de l’École de la deuxième chance, le service Ma seconde chance de l’Onisep ou les chantiers d’Insertion par l’Activité Économique.

Par ailleurs, les tentatives de revaloriser l’enseignement professionnel échouent devant le refus de nombreux apprentis de se soumettre aux contraintes de ces métiers manuels. Ainsi, le taux d’échec (rupture du contrat d’apprentissage) dans l’hôtellerie et la restauration serait de 48,9% selon la DARES.
Enfin, s’agissant des diplômés de Master ou d’Écoles de Commerce, ils rechignent à accepter les jobs auxquels postulent les détenteurs de BEP. Ainsi, les diplômés de Droit, entre autres, subissent un goulot d’étranglement à la sortie de la fac.
Surdité politique
En proposant aux décrocheurs un service militaire adapté obligatoire, inspiré d’une mesure en vigueur outre-mer depuis les années 60, Nicolas Sarkozy montre combien le regard de la classe politique sur cette jeunesse inemployable est biaisé.

Cependant, l’ancien président avait le mérite de s’y intéresser. Les autres, et notamment les nationaux-populistes Mélenchon et Montebourg, se contentant de promettre de rebâtir les usines. Un discours qui peut séduire les seniors, mais ne parle pas aux nouvelles générations.

Seul Emmanuel Macron semble leur proposer une solution efficace : devenir leur propre entrepreneur et se libérer de la fatalité de l’entretien d’embauche. Peut-être est-ce là le secret de son succès ?

Source contrepoints.org
Photo By: fdecomiteCC BY 2.0
Par Jacques Tibéri.

Jacques Tibéri
Juriste de formation, journaliste par vocation, Jacques Tibéri a fondé un webzine d’infotainment généraliste, le zincmagazine.fr, avant de se spécialiser dans les questions de société et de modes de vie.

Recettes Tartes-Tarte sablée au cassis et crumble

Tarte sablée au cassis et crumble


Préparation : 25 mn
Repos : 2 heures
Cuisson : 45 mn
Pour 6 personnes700 g de cassis
4 cuillerées à soupe de poudre d’amandes
Pour la pâte sablée :250 g de beurre
100 g d’amandes en poudre
100 g de sucre glace
2 jaunes d’œufs
220 g de farine
Pour le crumble :100 g de poudre d’amandes
175 g de farine
150 g de cassonade
100 g d’amandes hachées
125 g de beurre pommade
1 pincée de cannelle
1 pincée de sel
1. Pour la pâte sablée : mélangez du bout des doigts le beurre, 100 g de poudre d’amandes et le sucre glace. Incorporez peu à peu la farine tamisée en frottant le mélange entre vos mains pour obtenir une texture sableuse. Ajoutez les jaunes d’œufs puis pétrissez rapidement. Ramassez la pâte en boule, enveloppez-la de film étirable et placez au frais 2 heures.
2. Pour le crumble: mélangez tous les ingrédients pour obtenir une pâte grumeleuse.
3. Préchauffez le four à 150 °C (th. 5).
4. Etalez la pâte en un disque épais et tapissez-en le moule. Saupoudrez le fond de 4 cuillerées à soupe de poudre d’amandes. Remplissez le fond de tarte avec les grains de cassis, puis couvrez d’une belle épaisseur de crumble.
5. Enfournez et faites cuire 45 minutes. Servez la tarte à peine tiède, mais jamais froide.