dimanche 31 mai 2015

Billets-A quoi sont dus les trous dans les fromages suisses ?


A quoi sont dus les trous dans les fromages suisses ?

“C’était l’un des plus grands mystères [en Suisse] après le secret bancaire”, s’exclame la radio publique autrichienne ORF. Grâce au travail de chercheurs d’Agroscope, un institut de recherche en agroalimentaire dont le siège est à Berne, on sait désormais d’où viennent les trous dans certains fromages suisses, comme l’emmental. Ils sont causés par la présence de petites particules de foin, qui, lors de la fermentation du lait, dégagent des gaz, formant ainsi les trous, rapporte Le Temps.
 
Cette découverte faite au hasard, après un siècle de recherches, suscite beaucoup d’intérêt de la part des médias étrangers, poursuit le quotidien suisse. “Sepp Blatter n’est pas le seul à faire parler de lui en Suisse ces jours-ci. La presse internationale a en effet aussi été marquée, depuis le 28 mai, par ‘le mystère enfin percé des trous’ dans l’emmental”, relate le journal.

Source courrierinternational.com

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samedi 30 mai 2015

vendredi 29 mai 2015

jeudi 28 mai 2015

mercredi 27 mai 2015

mardi 26 mai 2015

lundi 25 mai 2015

Billets-Entretien avec le philosophe Carlo Lottieri


Entretien avec le philosophe Carlo Lottieri

Carlo Lottieri, né en 1960, est un des philosophes libéraux majeurs de l’Italie. Il a notamment étudié à Gênes, Paris et Genève. Professeur de droit public à l’université de Sienne mais aussi de philosophie du droit et de philosophie des sciences sociales en Suisse. Il est l’auteur de nombreuses publications, parmi lesquelles La pensée libérale contemporaine (Liberilibri, 2001), Croire en l’État (Rubbetino, 2011) et Libéraux et non libéraux. Les chemins de l’histoire de la pensée politique (La Scuola, 2013). En 2003, il a fait partie des membres fondateurs de l’Institut Bruno Leoni, et en plus de tenir une chronique en ligne pour le quotidien Il Giornale, il se bat aux côtés de l’association Dirrito di voto en faveur des principes de liberté qui animent tous les mouvements indépendantistes démocratiques.

  • Partons d’un état de fait : par nature, la souveraineté est incompatible avec la liberté. Dans ce cas, pourquoi nous, libéraux et libertariens, devrions-nous soutenir l’indépendance de la Sardaigne ou de la Vénétie ? Pour substituer un État à un autre ? Expliquez-nous ce qui anime votre passion politique.
La notion de souveraineté qui est au cœur de l’État moderne se base sur l’idée que quelqu’un, qui peut être un souverain individuel (un roi) ou collectif (un parlement), est en mesure de disposer de l’intégralité de la société. C’est dans ce sens que la souveraineté et la liberté se situent aux antipodes l’une de l’autre. Il convient toutefois de rappeler qu’aucun pouvoir n’est omnipotent et absolu car il doit tenir compte du contexte dans lequel il intervient. Dans cette perspective, les États de plus petites dimensions ont des postures plus dynamiques et favorables à la liberté. En premier lieu, ils offrent davantage de transparence. En second lieu, il est plus difficile d’y vivre en parasite. En troisième lieu, et ce point est crucial, chaque organisation est contrainte d’être en concurrence avec les autres.
Ensuite, il faut prendre en compte que les processus séparatistes minent un des piliers du pouvoir d’État que le nationalisme du 19e siècle a renforcé : l’idée d’unité territoriale qui ne devrait pas être remise en question parce qu’elle constituerait une unité organique de territoire et de population. Nous sommes des hommes libres. Nous discutons de tout.

  • Vous avez publié en 2008 avec Piercamillo Falasca l’ouvrage Comment le fédéralisme fiscal peut-il sauver le Mezzogiorno ? Cette idée a-t-elle avancé ? Est-il encore possible de sauver les régions défavorisées par la redistribution ou faut-il passer outre ? En Sardaigne, le débat est ouvert. Malgré des préoccupants phénomènes d’assistanat, l’État n’a pas complètement reversé les recettes fiscales acquises par notre région autonome (la Sardaigne, avec quatre autres régions italiennes, possède un statut particulier, avec une autonomie élargie, NDT), alors que nous accueillons 65% des bases militaires italiennes, avec tous les dommages économiques et environnementaux qu’on peut imaginer.
Cet ouvrage avance plusieurs thèses. La principale est peut-être qu’aucune aide publique n’est en mesure de constituer la base d’une croissance sur des bases solides. Autrement dit, l’assistanat pénalise les régions qui donnent davantage qu’elles ne reçoivent mais aussi celles qui devraient, en théorie, être aidées. La redistribution du nord vers le sud, commencée au lendemain de la seconde guerre mondiale, a pénalisé autant les deux parties. Nous insistons beaucoup sur l’idée que la concurrence est cruciale, tant dans le marché, où les entreprises rivalisent afin de satisfaire le consommateur, que dans la sphère politique. Lorsque, pour changer de régime fiscal et réglementaire, il suffit de se déplacer de quelques kilomètres, il est clair que les gouvernements sont incités à imposer moins de taxes et offrir de meilleurs services, afin tout simplement d’attirer davantage d’entreprises et de capital. Une Italie plus variée serait mieux à même d’affronter une bonne partie de ses problèmes, à commencer par le désastre du sud du pays.
De surcroît, au sein des systèmes très centralisés, nombreux sont ceux qui affirment, et à raison, être pénalisés de plusieurs manières, comme nous l’avons confirmé par nos propos sur l’autonomie régionale de la Sardaigne. Et d’autre part, aucun argent ne peut compenser la perte de la liberté de gouvernement.

  • Certains l’ignorent probablement mais nous avons eu en Sardaigne l’un des premiers défenseurs des libertés de l’histoire contemporaine, en la personne de l’autonomiste Attilio Deffenu (1890-1918). L’extraordinaire pertinence de ses écrits se révèle lorsqu’il dénonce la classe politique sarde, jugée coupable d’avoir trompé les citoyens avec le mythe de l’omnipotence étatique. En d’autres termes, elle leur a fait croire que le gouvernement central était la solution à toute la misère de l’époque. Mais aujourd’hui, comment se distinguent les libéraux et les non libéraux ?
Dans mon dernier ouvrage, Libéraux et non libéraux, j’oppose des auteurs qui sont vraiment libéraux, à mon sens, et d’autres qui, toujours à mon sens, ne le sont pas vraiment. À la lecture, je pense que vous comprendrez très bien comment, pour moi, la libéralisme est la philosophie politique qui s’engage à éliminer, ou tout du moins réduire, la contrainte, à protéger la personne et donc valoriser la propriété privée au plus haut point. Dans ce sens, un auteur n’est pas libéral s’il n’est pas conscient que l’État constitue aujourd’hui la plus grande menace pour les libertés individuelles et qu’une forte résistance face à ses revendications peut, en quelque sorte, garantir un espace d’action pour la société civile.

  • Des hommes comme Ludwig von Mises, Murray Rothbard et, plus récemment, Hans-Hermann Hoppe, ont compris que la centralisation de l’État constitue une menace pour les droits des minorités linguistiques. C’est un thème cher à certains séparatistes sardes. Dans quelle mesure le penseur libéral peut-il contribuer à cette nouvelle vision européenne ?
Les identités, y compris linguistiques, ne sont pas quelque chose d’isolé des contextes institutionnels : lorsque nous assistons à leur disparition, il faut comprendre que dans de trop nombreux cas, cela se produit à la suite du triomphe d’un pouvoir d’État qui n’accepte pas la diversité. Le provençal était l’une des langues les plus importantes en Europe, avec une littérature formidable, mais le pouvoir parisien a « normalisé » et « francisé » les gens qui l’utilisaient. La pensée libérale souligne que dans une société libre, chacun gère sa vie, développe ses activités, écrit et parle, et entreprend sans une structure susceptible de recourir à la force, comme le fait aujourd’hui l’État pour limiter l’autonomie individuelle. La bataille pour la langue, comme pour la protection d’autres caractéristiques, est et doit être un combat pour la liberté de tous et contre la coercition étatique, les impôts et les dépenses publiques.

  • Comment voyez-vous l’indépendantisme des peuples du nord de l’Italie ? Estimez-vous que la Lombardie, dans un avenir pas très lointain, a des chances de rejoindre la grande famille indépendantiste ?
Je crois que dans le nord de l’Italie, il existe des situations particulières et très chaudes : celles du sud du Tyrol, de Trieste et de la Vénétie. Toutes les trois sont très intéressantes et très différentes, et expriment une volonté d’indépendance fondée sur la langue et la culture, essentiellement avec ​​des arguments historiques et juridiques, et soulignent la nécessité d’échapper à la « rapine territoriale. » Cette dernière question est particulièrement importante dans la région de la Vénétie, qui à mon avis peut vraiment être « l’anneau qui ne tient pas », le lieu où l’unité italienne peut commencer à se dissoudre, dans l’intérêt de tous. En ce sens, je crois que tous les vrais libéraux, les libertariens et les indépendantistes doivent faire tout leur possible pour soutenir la lutte des Vénitiens, qui ces derniers jours ont vu le Conseil régional approuver une loi portant création d’un référendum consultatif sur l’indépendance.
Le cas de la Lombardie est différent. Toutes les données disent qu’aucune région dans le monde n’est aussi défavorisée par le gouvernement central, si l’on considère que chaque famille – en raison du différentiel fiscal – perd chaque année plus de 20 000 euros (la différence entre ce que l’État paie et ce qu’il reçoit sous forme de taxes locales et nationales). Mais tout cela ne s’est jamais traduit en initiative politique ou culturelle, en révolte. En revanche, d’une part la Ligue (du Nord, NDT) a discrédité les thèses défavorables au centralisme romain et, d’un autre côté, a poursuivi une politique parfaitement en ligne avec la logique nationale. Ces derniers temps, cependant, un renversement est en train de s’opérer : des partis authentiquement indépendantistes font leur apparition, de même que des associations, des groupes de bénévoles, des synergies d’initiatives. Il est possible que dans le sillage de la Catalogne, la Lombardie et la Vénétie commencent aussi à demander le droit de décider de leur indépendance.


Source contrepoints.org  

Traduction Victoria Melville pour Contrepoints.

Billets-Réforme territoriale Hollande : dernier avatar du jacobinisme


Réforme territoriale Hollande : dernier avatar du jacobinisme

Les tares de l’organisation territoriale remontent loin dans l’histoire de France. L’Ancien Régime et la Révolution de Tocqueville avait décrit avec brio le fait que la centralisation caractérisait l’Ancien Régime et que la Révolution avait moins été une rupture qu’une confirmation. L’œuvre de centralisation s’est poursuivie à une tout autre échelle sous la République, puis sous l’Empire. En dépit de plusieurs changements normatifs, la France est restée un pays centralisé jusqu’à l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand.

Les lois de décentralisation de 1982-1983 ont certes desserré l’étau du gouvernement sur les collectivités locales, mais elles ont surtout permis à l’opposition de se constituer des baronnies inexpugnables ou peu s’en faut, motif pour lequel la droite, traditionnellement centralisatrice, s’est en définitive bien accommodée des nouveaux textes. De multiples scandales s’en sont suivis. Le budget des collectivités locales a explosé, au même titre que le nombre des fonctionnaires territoriaux, donc la dette publique et les impôts dits locaux.

Après avoir nié l’évidence lors de la campagne électorale de 2012, François Hollande a découvert il y a peu l’ampleur de la catastrophe. La réponse du pouvoir tient à l’adoption d’une nouvelle réforme territoriale. Le débat, ces derniers jours, s’est focalisé autour du nombre des régions. De 22, il fallait passer à 14, puis à 13 ; des potentats locaux se sont déchirés sur le thème du « Touche pas à ma région ! » en mettant en exergue de médiocres intérêts et en livrant un cas clinique du « marché politique » qui sévit en France. Pourquoi au demeurant vouloir réduire à tout prix le nombre des régions ? Pour constituer des régions à taille européenne – cela rappelle les beaux jours du Gosplan – sur le mode du « big is beautiful ». Pour soutenir les entreprises en accordant à un échelon local le monopole des aides territoriales, nullement pour supprimer les aides cela va de soi.

Une telle vision, partagée par moult élus de l’opposition, s’inscrit une nouvelle fois dans la lignée d’un jacobinisme et d’un interventionnisme bien français. La réforme vient d’en haut ; elle provient du Deus ex machina que constitue le Président de la République. C’est lui qui tricote et détricote les régions comme un mécano, selon les canons du constructivisme le plus éculé. C’est la « décentralisation centralisée », autrement dit la réforme territoriale à l’envers.

Au contraire, la vraie réforme supposerait, pour être pertinente, le respect strict de la subsidiarité, à commencer par la subsidiarité fiscale. Actuellement, les collectivités locales ne sont pas autonomes parce qu’elles ne bénéficient pas pour l’essentiel de ressources qui leur soient propres et parce qu’elles ne sont pas libre de fixer totalement le poids de l’imposition, au prétexte de la péréquation, traduisons : de l’égalitarisme. Elles en sont donc réduites à quémander des ressources et autres subventions à l’État.

Une véritable réforme territoriale ne peut advenir qu’en donnant au niveau local la place de choix qui lui revient. Les impôts doivent être prélevés localement, ce qui permettra d’une part de rapprocher le contribuable du citoyen, donc de conjuguer consentement de l’impôt et consentement à l’impôt, et d’autre part de juguler l’irresponsabilité des édiles, de créer une concurrence entre les collectivités et les niveaux de collectivités, et de limiter les rentes de situation. On ne se battra plus comme aujourd’hui sur le point de savoir si la région Nord-Pas-de-Calais doit être fusionnée avec la Picardie, si le Poitou-Charentes doit s’adjoindre au Limousin et à l’Aquitaine pour former des ensembles de taille idoine et mieux subventionner les entreprises, ou encore si le nombre des régions doit être réduit à 13 plutôt qu’à 14.

On ne s’écorchera plus sur des questions dérisoires aux yeux des contribuables. On se livrera à la concurrence pour attirer les individus et les sociétés dans des zones de droit, et non plus de non-droit. Quant aux rapprochements entre collectivités locales, ils s’effectueront spontanément et non plus par dirigisme. En ce sens, l’existence actuelle de 37 000 communes en France, loin d’être un poids mort, peut être envisagée comme une véritable richesse.



Source contrepoints.org

Billets-Loi sur le renseignement


Loi sur le renseignement

 Loi sur le renseignement : l’acte de naissance d’une police politique ?
S’inspirant directement de « l’exemple » américain, le gouvernement a fait approuver par le parlement une loi sur le renseignement dangereusement liberticide.
  
Vous êtes suspecté en permanence de terrorisme. Oui, même si vous êtes une mère de famille postant les photos de son dernier gâteau au chocolat. Votre vie privée est dorénavant sous coupe réglée. Les sbires de l’État y accèdent quand ils le souhaitent.
En effet, le 5 mai, les députés ont voté massivement le texte N°2669 intitulé « projet de loi sur le renseignement ». Manuel Valls assure que la loi s’appliquera uniquement dans le cadre de la lutte antiterroriste : « La surveillance sera ciblée strictement sur les comportements menaçants. Les données tierces ne seront pas accessibles ou exploitables par les services. » Mais ne sera-t-elle pas également appliquée pour d’autres cas, par exemple contre l’activisme politique ? Vous pensez que je délire, que je suis paranoïaque ? Regardons plutôt ce qui s’est passé de l’autre côté de l’Atlantique.

Le cas américain préfigure ce qui nous attend en France
Les révélations d’Edward Snowden sur la NSA ont dévoilé l’ampleur des atteintes aux libertés. Le programme Prism, permet à la NSA d’avoir un accès privilégié aux serveurs et aux données de neuf géants de l’Internet, parmi lesquels Google, Microsoft, Facebook et Yahoo. Dans le sillage du 11 septembre 2001 et de la menace terroriste persistante, le gouvernement américain a mis en place le « USA Patriot Act », sous Bush Jr., ainsi que d’autres nouvelles lois et décrets anti-terroristes sous Obama. Conformément à l’article 207 (III) du Patriot Act, le gouvernement fédéral peut espionner tous les appels téléphoniques, fax et e-mail à volonté – sans mandat de perquisition.

Sur simple demande du gouvernement…
Les fournisseurs de services Internet doivent retourner les dossiers de courrier électronique et leurs informations sur la clientèle sur simple demande du gouvernement. Les compagnies de téléphone doivent également remettre des enregistrements téléphoniques détaillés, y compris les numéros de carte de crédit ou de comptes bancaires utilisés pour les paiements. Récemment, le FBI a développé un nouveau logiciel appelé « lanterne magique » qui permet d’enregistrer chaque frappe faite sur un ordinateur.


Aux États-Unis, pas plus de sécurité, mais moins de liberté
Depuis, surveillance universelle, saisies de biens arbitraires, emprisonnements sans procès et arrestations sommaires de « suspects » sont devenus des pratiques courantes. Des pratiques qu’on croyait pourtant révolues depuis l’Allemagne nazie et la Russie soviétique. De telles violations des libertés et de la vie privée ont-elles leur place dans une société libre et civilisée et font-elles de l’Amérique un pays plus sûr ? Les attentats de Boston n’ont pu être empêchés malgré la surveillance généralisée par les agences gouvernementales. Pire : le gouvernement américain s’est octroyé le droit d’utiliser la loi hors du cadre du terrorisme. En 2013, sur les 11.129 demandes de perquisitions sur la base du Patriot Act, seules 51 visaient des suspects d’actes terroristes. Le plus de sécurité s’est donc soldé par moins de liberté.

Une frontière de plus en plus floue entre groupe terroriste et opposition politique
Plus grave encore, la frontière qui sépare le groupe terroriste de l’opposition politique s’estompe progressivement. Le pouvoir se limite rarement à un objectif déclaré et c’est ainsi que la définition des groupes terroristes potentiels a été élargie pour inclure des groupes comme le Tea Party. En 2011, le vice-président Joe Biden a accusé le Tea Party d’avoir « agi comme des terroristes » dans leur combat contre le relèvement du plafond de la dette. Or quelques mois plus tard, l’IRS, le département du fisc américain (Internal Revenue Service), a pris pour cible les membres du Tea Party Patriot. L’affaire a été révélée au grand jour et a mis dans l’embarras Obama et le parti démocrate.
Selon Jenny Beth Martin, co-fondatrice du mouvement Tea Party Patriot, environ 1% des contribuables américains ont été contrôlés chaque année par l’IRS, tandis que 10% de ceux qui ont donné de l’argent à des groupes Tea Party ont été contrôlés depuis 2011.

Sans vie privée, il n’est point de libertés
En France, les terroristes Merah et Kouachi-Coulibaly étaient surveillés. Pourtant, ils ont pu arriver à leurs fins. C’est pourquoi on peut douter que les outils mis en place par la nouvelle loi, permettant d’écouter toute la population française, parviendront mieux à déjouer des attentats.

Mais le pire n’est pas là. En effet la sécurité totale (risque zéro) n’est ni possible, ni souhaitable car protéger la liberté en supprimant la liberté est un non-sens, une contradiction. La liberté est plus précieuse que la sécurité. En effet, la liberté n’est pas définie par la sécurité. La liberté est définie par la capacité des citoyens à vivre sans subir l’interférence du gouvernement dans leur vie privée. Or une sécurité totale ne pourrait être mise en place sans un contrôle total sur la vie des citoyens. Seule une société totalitaire pourrait se vanter d’apporter la sécurité totale à son peuple. C’est pourquoi le gouvernement ne peut pas nous protéger contre toute forme de violence. Il ne doit pas non plus nous protéger à n’importe quel prix.

La fin du domaine privé
Enfin, en perdant l’anonymat, nous perdons notre capacité d’action, nous perdons la liberté elle-même car on ne se sent plus libre d’exprimer ce qu’on pense. Glenn Greenwald est le journaliste américain qui a travaillé avec Edward Snowden pour révéler le scandale des écoutes de la NSA. Dans un livre consacré à cette affaire, il écrit : « la vie privée est essentielle à la liberté et au bonheur des hommes pour des raisons rarement abordées, mais qui sont pourtant irréfutables. Premièrement, quand les individus se savent observés, ils changent radicalement de comportement. Ils s’efforcent de faire ce qu’on attend d’eux. Ils veulent s’éviter toute honte et toute condamnation. Ils y parviennent en adhérant étroitement aux pratiques sociales couramment admises, en se cantonnant dans des limites acceptées, en évitant toute action susceptible de paraître déviante ou anormale. (…) C’est dans le domaine privé que la créativité, le dissentiment et les défis à l’orthodoxie peuvent germer. Une société où tout le monde sait qu’il peut être observé par l’État – où, dans les faits, le domaine privé n’existe plus – est une société où ces attributs sont perdus, tant au niveau collectif qu’individuel. » (Nulle part où se cacher, J.-C. Lattès, mai 2014).

Comment le gouvernement donne raison à Ben Laden…
En octobre 2001, Oussama Ben Laden avait fait une prédiction : « Je vous le dis, la liberté et les droits humains en Amérique sont condamnés. Le gouvernement américain va conduire son peuple, et l’Occident en général, dans un enfer insupportable et une vie étouffante. » (cité dans NewsMax.com 01/02/02).

En permettant au gouvernement de détruire les libertés au nom de la lutte contre le terrorisme, nous donnons pleinement raison à Ben Laden.



Source contrepoints.org

dimanche 24 mai 2015

samedi 23 mai 2015

vendredi 22 mai 2015

jeudi 21 mai 2015

Dessins de presse


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Billets-La Sécu aussi va fouiller vos comptes bancaires


La Sécu aussi va fouiller vos comptes bancaires

Même si la croissance revient (mais si, Sapin, tout joyeux, nous l’affirme), même si, c’est évident, l’avenir du pays semble tout d’un coup se dégager (mais si, Hollande, pétillant, nous l’assure), ce n’est pas une raison pour ne pas faire attention aux petits sous qui échapperaient à la vigilance de nos belles institutions que le monde nous envie (sans jamais nous les copier), à commencer par la Sécurité Sociale.

Il semble en effet que cette dernière, peut-être un peu juste dans ses moyens financiers (allez savoir, parfois, cela arrive), a décidé d’éplucher les ressources financières de ses assujettis histoire de bien vérifier l’adéquation des services qu’elle propose, les factures qu’elle envoie et les moyens réels dont disposent les patients clients assurés bénéficiaires.

Et quand on dit « éplucher », on n’est pas dans l’exagération. Dans le but affiché de lutter contre la fraude, à commencer par celle sur la Couverture Maladie Universelle Complémentaire (CMU-C), la Sécu a donc décidé de vérifier les éléments (notamment financiers) qui lui sont fournis. Pour cela, elle va aller directement à la source, c’est-à-dire sur les comptes bancaires. Oui, vous avez bien lu : la Sécu va directement disséquer les activités bancaires de plus de 5 millions de Français bénéficiant de cette complémentaire gratuite, à partir de leurs comptes courants et de leurs comptes d’épargne. Et oui, cette extension soudaine des pouvoirs de la Sécu d’aller fouiller dans la vie privée des gens est une nouveauté jusque là réservée… à un nombre déjà conséquent d’institutions diverses, comme le fisc (bien sûr), les douanes (évidemment), Tracfin (là encore, logique), ou Pôle Emploi (pourquoi se gêner).
(Si vous avez l’impression que, finalement, vos comptes en banques sont de véritables moulins où tout le monde peut regarder ce qui s’y passe, c’est tout à fait exact. Bon réveil en France.)


À la décharge de la Sécu, cette opération fait suite au constat alarmant qu’elle avait pu faire en menant une opération par sondage en 2013 et 2014 sur un petit millier de comptes, qui avait révélé près de 10% d’ « anomalies », c’est-à-dire des décalages entre les revenus déclarés et les mouvements constatés sur les comptes en question. En outre, d’après Le Parisien, la Sécu aurait constaté en 2014 une augmentation de 17% des fraudes détectées, pour près de 200 millions d’euros.

Diable, diable, des gens frauderaient donc ce système magnifique, et en plus ils seraient en augmentation ? Voilà qui pourrait paraître étonnant, dans un pays qui s’est pourtant ouvertement déclaré solidaire, fraternel, festif et citoyen. Et surtout, on ne peut s’empêcher de noter que la traque de la fraude s’intensifie justement en cette période où les fonds viennent tragiquement à manquer : peut-être l’organisme est-il désespérément en recherche de fonds, peut-être tenterait-il ici de sauver ce qu’il peut encore sauver, quitte à recourir à des moyens de plus en plus drastiques pour y parvenir ? Dès lors, à quand les brigades d’intervention rapide de la Sécurité sociale, qui débarqueront à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, pour chopper rudement le fraudeur, lui coller quelques coups de tonfa dans les rotules, et l’emmener dans les geôles festives de la République solidaire du Bisounoursland ? Après tout, ce n’est qu’une ou deux étapes après l’épluchage des comptes bancaires…

(Au passage, on ne peut que s’étonner des misères que fait la Sécu — au travers de ses sbires habituels, RSI, URSSAF et compagnie — pour empêcher par tous les moyens les individus de quitter, purement et simplement, ce système, à leur demande : tous ces moyens dévolus à traquer ceux qui veulent la quitter sont autant de moyens en moins dans la lutte contre ceux qui font tout pour en bénéficier…)

Ceci impose tout de même de comprendre pourquoi cette fraude a si massivement augmenté récemment. Bien sûr, on peut mettre une partie de cette augmentation sur le fait qu’à présent, la Sécu regarde effectivement qui elle asperge de ses largesses, ce qu’elle ne faisait que de façon très épisodique et détendue jusqu’alors.
Mais indépendamment de cette nouvelle attention, on peut aussi noter d’autres éléments justifiant cette hausse.

Ainsi, s’il y a fraude, c’est peut-être parce que cette administration est très mal organisée et bien trop complexe : plus on a de règles et de conditions, plus l’institution est bureaucratique et lente à réagir, et plus il est dès lors facile de passer entre les mailles du filet et de profiter d’avantages indus. D’autre part, avec la multiplication des règles, on multiplie les cas épineux ; avec l’augmentation des lois, on augmente les coupables. Il est donc souvent bien plus facile de frauder que de rester dans une légalité dont la définition est de plus en plus complexe à déterminer


C’est aussi sans doute parce que la fraude est actuellement très tentante : à la très faible probabilité de se faire attraper, on doit ajouter la lenteur de l’action de police et de justice en cas de fraude repérée, des sanctions particulièrement légères dans un pays rompu au laxisme – pour rappel, les peines de prison ferme en dessous de deux ans se traduisent très rarement par de l’incarcération effective, et coller une amende financière à quelqu’un d’insaisissable est du plus haut comique. Enfin, il ne faut pas oublier que le bénéfice de la fraude peut être particulièrement juteux.

Cette fraude existe aussi parce qu’il y a une totale déconnexion entre ceux qui payent, et qui ne peuvent absolument pas échapper à la facture, et ceux qui bénéficient des services fournis et qui eux, ne verront jamais cette facture. La responsabilisation étant parfaitement et totalement absente, il n’y a aucune chance de ramener à la raison ceux qui se trouvent sous les robinets, par ailleurs ouverts en grand avec un contrôle jusqu’à présent minimal.

Enfin, cette fraude explose parce que plus personne ne croit à la pérennité du système, essentiellement basé sur un mensonge, celui que l’État et la collectivité peuvent subvenir à tous les besoins, savent mieux que chaque individu ce qui est bon pour lui, et qu’ils peuvent donc se substituer au libre marché pour dorloter chacun de nous tant et plus. Et si ce mensonge ne tient plus, si personne ne fait même plus mine d’y croire, c’est parce que les signes de décadence, de putréfaction et de déliquescence s’accumulent maintenant avec ostentation. Dernièrement, l’écrasement catastrophique de la LMDE en plein marécage financier est une parfaite illustration de ce qui attend tout le système, bâti sur les mêmes principes, les mêmes bidouilles, les mêmes mensonges.

Il n’y a pas le moindre doute que cette manœuvre de la Sécu visant à mettre son nez directement dans les affaires des gens, n’est que l’aboutissement d’un processus de déchéance commencé il y a près de 70 ans, depuis la collectivisation des retraites et de la santé en France, et qui se terminera par la mise en coupe réglée de tous et de chacun, pour camoufler à tout prix l’effondrement complet du système sous son propre poids, ses iniquités et une bureaucratie obèse.
Cette Sécu est foutue. Et c’est tant mieux.


Source contrepoints.org