vendredi 27 février 2015

jeudi 26 février 2015

Billets-État ou terrorisme : quel est le plus dangereux ?


État ou terrorisme : quel est le plus dangereux ?

Nous l’avons expliqué ici : certaines propositions de réformes destinées à permettre à l’appareil sécuritaire d’État de lutter contre le terrorisme constituent des violations des principes de séparation des pouvoirs et d’État de droit, affirmés par les articles 7 à 9 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Ces mesures sont principalement la possibilité pour l’administration de détenir des individus ou de briser le secret des correspondances ou des communications sans recourir à un juge ni respecter les droits de la défense. De ces considérations générales, à l’idée que les entorses à l’État de droit envisagées par les partisans du « patriot act » à la française condamneraient notre régime démocratique et républicain, il y a un pas qu’on ne peut franchir sans précaution. D’ailleurs, malgré les craintes des oiseaux de mauvais augure, aucune lente dérive n’a jusqu’ici transformé les démocraties occidentales en dictatures. Elles se sont montrées particulièrement résilientes sur ce point. L’exemple du régime Nazi qui pourrait venir à l’esprit ne correspond pas à ce schéma car les Nazis ont immédiatement assumé un programme brutal de répression de leurs opposants.

Les atteintes sécuritaires à l’État de droit mettent-elles nos démocraties en danger ou existe-t-il une immunité démocratique ? S’il existe un danger, le risque qu’il nous fait courir est-il proportionné au risque terroriste ?

Atteinte à l’État de droit et immunité démocratique
Les entorses à l’État de droit présentent pour nos sociétés deux risques différents. Le premier dont la survenance est hautement probable mais aux conséquences moins importantes à l’échelle du pays car pesant sur un nombre délimité d’individus. Le second, relatif à l’existence même d’une société démocratique et libérale, a moins de chance de se produire mais ses conséquences sont évidemment incalculables.

  • Risques pour les individus :
Dès lors que les principes d’un procès équitable ne sont pas respectés, la multiplication des condamnations ou des détentions sans motifs réels est inévitable. Elles peuvent correspondre à plusieurs situations. L’implication d’une personne dans des faits graves, notamment des attentats, qui, si elle était avérée, justifierait une condamnation d’une sévérité extrême, peut être retenue à tort en l’absence des précautions liées à une procédure traditionnelle respectant les droits de la défense. À l’opposé des personnes seront détenues sans qu’on leur oppose des crimes réels mais parce ce que certains de leurs comportements peuvent laisser supposer qu’elles présentent un risque de commettre de tels crimes à l’avenir (cas des personnes revenant de Syrie).

Il reste, et l’argument relève d’un froid utilitarisme, que ces détentions injustes pourraient être un mal moins grand que celui qu’auraient provoqué les attentats et que ces dispositions permettront d’éviter. Cela implique que les services sauraient s’arrêter avant d’avoir dépassé le point situé à l’équilibre entre ces deux maux. Il y a de bonnes raisons de penser qu’il n’en sera pas ainsi. La tentation d’une administration est d’étendre ses prérogatives. Or, utiliser celles qui lui sont confiées au maximum des possibilités existantes, fait partie des moyens qu’elle peut mettre en œuvre à cette fin. Certes, même les responsables et agents des services secrets baignent dans un État de droit dont ils partagent certainement en partie les valeurs. Cependant, en tant que membres d’une organisation, leur intérêt sera avant tout de voir celle-ci accroitre son pouvoir. Il est donc inévitable, quelle que soit la qualité des individus qui composent une telle organisation au départ, qu’il n’existe pas de force interne susceptible de limiter la logique de l’accroissement de ses prérogatives. L’équilibre entre la mentalité générale de la population qui imprégnera encore un temps l’attitude des services et la dynamique liée à leur intérêt en tant qu’organisation ralentira l’évolution, mais le point d’arrivée n’en est pas moins certain.

Autrement formulé, si le point d’équilibre à partir duquel les détentions arbitraires deviennent néfastes est connu, l’intérêt des services est-il porté à aller en-deçà ou au-delà de ce point d’équilibre ?

Une partie de la réponse nous a été donnée par un audit mené sur les activités de surveillance de la NSA aux États-Unis qui a montré que l’organisation falsifiait des rapports adressés au département de la justice. De même la CIA a menti au congrès américain sur l’utilisation de la torture
.
Ces dérives révèlent une tendance spontanée de ces organisations à s’affranchir des garanties démocratiques et nous enseignent ce que produit une législation très permissive pour les services.

C’est pourquoi, certains ont considéré que la NSA constituait un risque pour la démocratie américaine. De manière générale la crainte d’un tel danger en provenance de l’appareil sécuritaire d’État est-elle fondée ?

  • Risques pour la démocratie :
L’expérience nous montre que les démocraties sont résilientes et ont de bonnes capacités de résistances aux dérives liberticides. Face à cette menace, elles sont dotées de certains antidotes. Une tendance de l’appareil sécuritaire d’État à se limiter n’en faisant pas partie, la réaction ne peut venir que de la société. Pour se faire, celle-ci dispose d’armes différentes selon que l’accroissement des prérogatives de l’appareil sécuritaire d’État nécessite ou non de nouvelles avancées législatives. Lorsque les services sécuritaires disposent potentiellement de l’ensemble des outils juridiques nécessaires à leur suprématie, la réaction ne peut-être qu’illégale et insurrectionnelle. Lorsque des mesures complémentaires sont nécessaires pour étendre davantage le pouvoir de l’appareil sécuritaire d’État, la société a un mode de réaction complémentaire par le biais des élections et du corps politique (par opposition à la société civile).  Nous étudierons surtout ce dernier cas car c’est celui où les possibilités pour la société de limiter l’évolution anti-démocratique sont les plus grandes et qui, par conséquent, apporterait les plus grandes preuves de la nocivité des mesures contraires à l’État de droit.

Ce dernier cas étant celui où les possibilités de limiter l’évolution sécuritaire et liberticide sont les plus variées, c’est aussi celui qui apporterait les plus grandes preuves de la nocivité des mesures contraires à l’État de droit, si le risque pour la démocratie était avéré. Aussi, nous l’étudierons plus longuement.

Dans les démocraties libérales, les deux versants de l’expression (la démocratie, règle majoritaire) et le libéralisme (certes relatif) se soutiennent l’un l’autre. La démocratie est plutôt favorable à la liberté car un État qui abuse de ses prérogatives a tendance à les employer au service d’une minorité proche du pouvoir et au détriment de la majorité (en revanche, les majorités démocratiques peuvent être dangereuses à l’égard des minorités). Le chef d’État qui ne respecte pas les libertés des citoyens risque de ne pas être réélu. En retour, le respect des droits individuels est une condition de mise en œuvre des règles équitables de compétition politique que toute démocratie suppose. Il permet la critique du gouvernement, et à quiconque de présenter sa candidature contre celui-ci sans être inquiété.

Par conséquent, une stratégie de renversement progressif de la démocratie consisterait à porter atteinte de manière graduelle à chacune des réalités recouvertes par l’expression « démocratie libérale », réduisant les capacités de chacune des deux à protéger l’autre, sans attirer l’attention, et jusqu’à ce que la situation soit irréversible. La liberté d’expression serait muselée sous des motifs divers ayant pour effet  de limiter de plus en plus l’expression d’opinion divergente. Des tribunaux de plus en plus dépendants faciliteraient les attaques contre les concurrents politiques les plus dangereux. Le monopole télévisuel ferait partie des armes utilisées par le pouvoir.
Ce sont peu ou prou les stratégies qui ont été appliquées jusqu’ici avec succès en Russie, au Venezuela, en Turquie. Dans les trois cas, si des élections ont peut-être été truquées, l’écart entre le résultat officiel et la réalité n’a pas été suffisant pour que les conditions d’une insurrection populaire soient réunies. En tous cas, on observe que dans les trois cas la réaction populaire a jusqu’ici fait défaut. Le charisme du principal leader politique a fait le reste.

Nos démocraties ne sont pas exactement dans la même situation. Les populations occidentales sont probablement moins sujettes à accepter l’ascendant d’une personnalité unique et le problème ne porte pas tant sur un parti et son leader mais sur l’activité des services sécuritaires. Cependant certaines émotions, comme la peur – et la peur des attentats est considérable – ou la xénophobie, peuvent avoir des effets similaires à ce qui s’est produit dans les pays cités plus haut. Bien sûr, dans notre histoire, l’esprit dans lequel des lois scélérates de toutes sortes ont été votées n’a jamais produit l’ensemble des conséquences avec lesquelles on pourrait l’associer. C’est donc que les réactions de la société civiles existent. Le problème est que dès lors que le respect de l’État de droit ne parait plus indispensable, la protection du régime démocratique ne repose plus sur un principe clair et identifiable mais sur le jugement du plus grand nombre. Or, ce jugement peut-être durablement altéré par des sentiments tels que la peur ou la xénophobie.

Lorsque l’administration a en main tous les pouvoirs potentiels, le recours repose sur une forme d’insurrection civile. Nous avons montré dans quelles circonstances le pouvoir pouvait conserver le consentement tacite de la population malgré la montée des mesures répressives jusqu’au moment où il n’est plus temps de réagir. Si à l’inverse, nous avions toute confiance en l’irruption d’une insurrection salvatrice au cas où le besoin s’en ferait sentir, nous pourrions avoir une confiance aussi grande dans le fait que nous serons dans ce cas, car l’État sécuritaire est incapable de se restreindre. Les mesures qui auront permis l’extension excessive des pouvoirs de l’exécutif seront alors abrogées. À quoi cet aller et retour aura-t-il servi ?

Le danger des mesures portant atteinte à l’État de droit est donc bien réel mais il pourrait être proportionné au risque terroriste.

Atteintes à l’État de droit et réponse graduée au risque terroriste
Les risques terroristes et de dérive dictatoriale sont de natures différentes. Ils ne se présentent pas à l’esprit sous le même aspect, ce qui rend toute comparaison subjective, voire passionnelle. Dans ces conditions, tenter de définir un critère chiffré commun peut faciliter un tel examen.

Le terrorisme provoque principalement des morts violentes, la dictature empêche les gens de vivre librement. En donnant une équivalence de cent vies passées dans une dictature sur une période de trente ans pour une victime de terrorisme, je ne crois pas choquer la vraisemblance. Certains préféreront vivre sous une dictature qu’avoir une chance sur cent de mourir dans un attentat sur la même période, d’autres non mais le chiffre ne me semble pas pécher par une estimation excessivement complaisante à l’égard du risque terroriste. Lors des révolutions du printemps arabe, de nombreuses personnes se sont montrées prêtes à risquer leur vie pour lutter contre une dictature.
Par conséquent, selon ce critère et en retenant une population de 65 millions d’habitants, si un pays comme la France devenait une dictature pour une période de trente ans, cela serait équivalent à perdre 650.000 vies à cause du terrorisme sur une période équivalente, soit plus de 21.500 vies par an.

Enfin, en estimant à une chance sur cent les risques d’évolution dictatoriale, je ne pense pas là non plus pécher par excès de pessimisme. Si nous déterminions une espérance mathématique en équivalent de victimes du terrorisme, le danger représenté par les atteintes à l’État de droit serait assimilable à la perte de 6500 vies du fait du terrorisme sur une période de trente ans, soit 215 vies par an.

À côté, les 25 morts en quatre ans (donc 200 morts sur trente ans) liés au terrorisme sur le territoire métropolitain font pâle figure. Cette comparaison chiffrée peut étonner, tant l’émotion liée aux attentats prévaut et tant se rassembler derrière des autorités pour faire front contre une menace est un réflexe naturel. Nous aurions tort cependant d’affirmer que l’impact du terrorisme est exclusivement émotionnel et non rationnel car l’examen rationnel doit tenir compte des conséquences de cet aspect émotionnel. Le déplacement de quatre millions de personnes sur le territoire national n’est pas anodin, pas plus que les actes islamophobes qui se sont multipliés depuis deux semaines, même s’ils restent le plus souvent au niveau de la dégradation de biens. Le fait qu’un petit nombre de morts entraine un tel chambardement de la mentalité collective peut avoir bien d’autres conséquences. Des crimes limités en nombre furent à l’origine du déclenchement de la guerre civile espagnole, ou au Chili de la dictature de Pinochet. Le terrorisme peut entrainer la guerre civile ou la dictature. Au moment de peser les dangers représentés par le terrorisme et les moyens nécessaires à la lutte contre ce fléau, cet aspect doit être pris en compte.

Deux faits complémentaires justifient que le risque terroriste ne soit pas sous évalué. Tout d’abord, les tentatives d’attentats motivant des arrestations sont plus nombreuses que les attentats réellement « réussis ». Ensuite, ces réussites risquent de se multiplier à l’avenir en raison du retour de personnes ayant participé aux guerres civiles syro-irakiennes au sein d’un mouvement djihadiste.

Notre objet n’est donc pas de minimiser les dangers du terrorisme. Il est de rappeler que l’ensemble des dangers qui nous menacent, aussi bien le danger représenté par les organisations terroristes que celui lié à un abus de pouvoir doivent être pris en compte dans le débat public. Cela est loin d’être le cas pour l’instant. Il est également de rappeler qu’il faut être très prudent avant de toucher aux principes qui fondent nos institutions depuis deux siècles.

 Dessin République terreur (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)
Source contrpoints.org

Infos santé-S’asseoir en tailleur pour prévenir les douleurs lombaires


S’asseoir en tailleur pour prévenir les douleurs lombaires

Les causes de douleur lombaire sont très variées. Cependant, il existe certains exercices généraux très efficaces pour diminuer la douleur lombaire, malgré les causes différentes. Ces exercices sont également très efficaces pour prévenir l’apparition de douleur ou la récidive. Nul besoin d’appareillage sophistiqué et dispendieux pour enrayer vos douleurs. Ces exercices sont à la portée de tous mais simplement méconnus !

L’un d’entre eux est simplement de s’asseoir en indien les pieds collés et de laisser descendre les genoux vers le plancher. Cet exercice favorise la rotation externe de la hanche, assure une bonne souplesse des muscles fessiers de la hanche et ouvre l’articulation sacro-iliaque. Il est surprenant de constater que les gens qui ont une bonne souplesse en rotation externe de la hanche n’éprouvent pratiquement jamais de douleur lombaire. Ce n’est pas par hasard que cet exercice fait souvent parti des routines de yoga ! Par contre, les gens qui sont raides en rotation externe de la hanche, et par conséquent qui ont beaucoup de difficulté à faire cet exercice, éprouvent souvent des douleurs lombaires.

La région lombaire fait parti des courbures secondaires, c’est-à-dire qu’elle n’est pas présente à la naissance. Elle se développera plus tard lorsque l’enfant commence à s’asseoir. Par conséquent, cette courbure va compenser pour les blocages et les points de ralentissement ailleurs dans le corps. Donc, il est fréquent que les gens éprouvent une douleur lombaire mais la majorité du temps, la cause est ailleurs. Comme les professionnels de la santé sont formés à traiter les symptômes, les traitements viseront souvent la région lombaire mais si l’on ne traite pas la cause, les résultats seront peu satisfaisants ou la condition récidivera continuellement. C’est exactement ce que nous observons lorsqu’on regarde le système de santé. Ce sont souvent les mêmes gens qui consultent régulièrement pour trouver une solution à leur problème qui persiste.

Une des causes fréquentes des douleurs lombaires est une rigidité de l’articulation sacro-iliaque ainsi qu’une raideur en rotation de la hanche. Ces deux articulations sont directement reliées à la région lombaire par différents ligaments, muscles et membranes. Donc, la mobilité de ces deux articulations est essentielle à retrouver avant même de s’acharner sur la région lombaire. C’est pourquoi l’exercice que je vous ai décrit représente un exercice de choix pour pallier aux douleurs lombaires. Pas surprenant que la majorité des peuples asiatiques ont pris l’habitude de s’asseoir en indien sur une base régulière. Pourquoi ne ferions-nous pas de même en écoutant la télévision au lieu d’être complètement écrasés dans notre fauteuil ?

Cet exercice peut être pratiqué plusieurs fois par jour. Tenez la position au moins 30 secondes et répétez 5 fois de suite. Peu importe votre souplesse, respectez les limites de votre corps en acceptant seulement un étirement léger. Il est inutile d’entrer dans la douleur car le tissu musculaire ne relâchera pas. Normalement, vous devriez observer une nette amélioration de votre condition après 8 semaines d’étirement. Si ce n’est pas votre cas, il est alors souhaitable de consulter un professionnel de la santé car il se peut que vous nécessitiez un ajustement manuel du bassin.

Source Sébastien Plante, ostéopathe

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mercredi 25 février 2015

Recettes Marocaines-Flan aux figues


Flan aux figues

Préparation : 15 mnAjouter une image
Cuisson : 1 heure
Réfrigération : 2 à 3 heures
Pour 4 personnes 

8 figues
10 g de beurre
5 œufs
75 g de sucre
2 pincées de vanille en poudre
60 cl de lait
Cannelle en poudre

1. Préchauffez le four à 140 °C (th. 4-5).
2. Essuyez les figues avec un linge humide, retirez la queue, ouvrez chaque fruit en deux. Beurrez un plat à gratin et déposez-y les figues, côté bombé contre le fond, poudrez-les de cannelle.
3. Dans un saladier, cassez les œufs et battez-les avec le sucre et la vanille. Ajoutez le lait et mélangez soigneusement. Nappez les figues de cette préparation, mettez au four et faites cuire 1 heure, dans un bain-marie, jusqu’à ce que la crème soit prise.
4. Laissez refroidir le flan avant de l’entreposer 2 à 3 heures au réfrigérateur. Servez très frais.


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mardi 24 février 2015

lundi 23 février 2015

dimanche 22 février 2015

Billets-Les associations : un fardeau pour les contribuables


Les associations : un fardeau pour les contribuables

Le monde associatif est devenu le cache-sexe de la fonction publique. Officiellement, tout va très bien, Madame la Marquise. Le poids économique du secteur est estimé à 85 milliards d’euros (2012), les associations contribuant à hauteur de 3,2 % au PIB, soit un poids équivalent à celui de l’agriculture et des industries agricoles et alimentaires.

Selon Viviane Tchernonog, chargée de recherche au CNRS et auteur d’un ouvrage de référence sur le monde associatif, le budget cumulé du secteur a progressé au rythme de 2,8 % entre 2005 et 2011 et il emploie 1,8 million de salariés à temps plein ou partiel, majoritairement des femmes (69%).

De la même manière qu’un train peut en cacher un autre, ces chiffres dissimulent une réalité moins flatteuse. Car le boom du monde associatif provient essentiellement de l’externalisation croissante de missions autrefois prises en charge par l’État et aujourd’hui déléguées à des tiers. Au fil du temps s’est installée une fonction publique bis qui ne dit pas son nom, mais dont l’emprise s’élargit. Elle couvre la quasi-totalité de l’aide aux handicapés et de leur insertion, de nombreuses maisons de retraite, s’occupe de l’aide à domicile des personnes âgées dépendantes, des crèches, des centres de vacances, des activités périscolaires, de l’hébergement des clandestins, de sport, de culture…

Chaque année, ce secteur parapublic engloutit des centaines de millions d’euros de subventions publiques. Bien qu’aucune centralisation des données ne soit disponible, on estime que l’État, les collectivités locales et autres structures publiques ont versé 42 milliards d’euros en 2011, ce qui représente près de 50% du budget du monde associatif.


Le profilage des ressources associatives révèle les objectifs de l’État. Si la masse des subventions s’est rétractée de 17 % entre 2005 et 2011, celle des commandes publiques a, en revanche, bondi de 70 % durant la même période.

Ces commandes publiques (voir encadré ci-après) correspondent à l’ensemble des contrats passés par une collectivité pour satisfaire ses besoins que ce soit sous forme de délégation de service public ou encore de contrats de partenariat public/privé. À part quelques missions régaliennes comme les pouvoirs de police, de sécurité et d’hygiène, presque tous les domaines peuvent être confiés à ces structures parapubliques. Ce recours croissant à la délégation a pour effet de favoriser le développement de grosses associations qui exploitent leurs compétences juridiques pour accéder à la commande publique tout en continuant à rafler l’essentiel des subventions.

Fonctionnaires de Bercy
D’après une enquête réalisée par Le Monde en 2013, environ 200 associations sur le 1,3 million recensé en France empochent 60% des aides distribuées par l’État. Sans subventions publiques, la plupart des associations mettraient la clé sous le paillasson. Les structures vouées à la « Défense des droits et causes » canalisent, par exemple, 5,6% des aides distribuées par l’État. Sans adhérents ou presque, elles ne doivent leur survie qu’à l’argent des contribuables. SOS Racisme a, par exemple, encaissé 331 992 euros de subventions d’État en 2013, sans compter les fonds alloués au niveau des échelons locaux. Sans ces aides 100% idéologiques, SOS Racisme ou encore Ni putes Ni soumises auraient disparu depuis belle lurette.

C’est dans le secteur médico-social que l’on trouve les associations les plus riches et les plus puissantes. Les chiffres cités par Viviane Tchernonog révèlent que l’action sociale et la santé absorbent 45% de l’ensemble du budget associatif. Suivent, l’éducation, la formation et l’insertion (12,8%), puis le sport (10,9%).

L’tat n’est pas le dernier à profiter des subventions qu’il distribue. Il récupère d’une main ce qu’il a donné de l’autre. Notamment quand il s’agit de choyer ses brebis. Les associations chargées de l’action sociale en faveur des personnels administratifs ont englouti plus de 100 millions d’euros en 2011, près de 15% de la manne publique. Près de 76 millions d’euros sont voués au bien-être des fonctionnaires du ministère des Finances. Ils sont répartis à travers différentes associations, dont 28,4 millions pour l’EPAF en 2011, chargée d’organiser des vacances dorées à la progéniture des agents de Bercy (plus d’informations sur ces associations du ministère des Finances, ici).
Afin de se développer, les associations reconnues d’utilité publique bénéficient d’une souplesse comptable accrue. Elles peuvent dorénavant acquérir et administrer des immeubles de rapport. Et, émettre des titres associatifs dont le taux de rémunération est librement négocié. Cerise sur le gâteau, elles vont même profiter de fonds fournis par le privé, les collectivités territoriales ou l’État afin de renforcer leur trésorerie. Ces apports seront garantis via un fonds permettant aux financeurs de récupérer leur mise à l’échéance quelle que soit la situation comptable de l’association bénéficiaire !

Ce parachute renforcera significativement les moyens d’associations qui ne sont pas à plaindre. Car si 22 % des associations gèrent un budget annuel inférieur à 1000 euros, 2 % d’entre elles disposent de plus 500 000 euros. Parmi les organismes roulant carrosse, on peut notamment citer l’Association de gestion de la caisse presse de salaire garanti (CAPSAG), la caisse des professionnels de la presse partant en préretraite à qui l’État a fourni 21,4 millions d’euros de subventions en 2013. Pour leur part, l’Association Philharmonie de Paris et l’Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT) ont été dotées de 52,1 millions d’euros de subventions pour la première et de 50,5 millions pour la seconde (2013).


Avec tout cet argent, les associations font leur petit frichti. Et entretiennent des permanents. Beaucoup de permanents. Près de 190 000 associations en emploient. Depuis des années, elles profitent du renfort des emplois aidés. Selon Jean-Philippe Delsol, avocat fiscaliste proche de l’IREF, un think tank libéral, le secteur associatif est le principal bénéficiaire de ces pseudo-jobs administrés. En 2012, relève-t-il, près de 500 000 contrats ont été conclus, dont 430 000 au profit du seul secteur des associations et des collectivités locales. Environ 100 000 emplois aidés se sont ajoutés à ce quota en 2013. Et les parlementaires socialistes viennent de voter une enveloppe de près de 560 millions qui en créera 45 000 de plus en 2015, dont 30 000 dans le secteur non marchand. À ces emplois subalternes ou censés l’être, s’en ajoutent d’autres qui le sont moins.

Une étude publiée par Deloitte et Taste a récemment décortiqué 4112 fiches de paye collectées auprès de 50 associations et fondations de toutes tailles. Conclusion : même si les salaires du monde associatif sont, en moyenne, inférieurs de 16% à 33% à ceux du secteur marchand, certaines rémunérations peuvent atteindre 75 000 euros ! Grâce à ces permanents et aux fonctionnaires que l’État met à leur disposition, les grandes associations ont la capacité de mener un business d’où elles chassent la concurrence, comme dans l’Éducation nationale où la Ligue de l’enseignement et la Fédération Léo Lagrange (sur ces structures, lire notre article « Éducation : les associations bourre-crâne de la République ») raflent 70% du marché. En faisant payer les usagers pour les services qu’elles rendent, elles parviennent en outre à privatiser une partie de leurs ressources.

Comme de grosses PME, les associations profitent de toutes les failles de la réglementation fiscale. Voici quelques mois, le sénateur PS Claude Jeannerot, rappelait (JO du 26/06/2014) qu’elles bénéficient de 20 000 euros d’abattement de la taxe sur les salaires. Il déplorait que cet abattement, non globalisé, permette à une Fédération composée de trente associations, de profiter… 30 fois de l’abattement !

Les ressources « privées », dont le prix payé par les usagers pour le service rendu représentent désormais plus de 50% du financement total des associations. Environ 20 000 sont même soumises aux impôts commerciaux, dont l’impôt sur les sociétés. Le business associatif ne connaît pas la crise !


Source contrepoints.org

Billets-Loi Macron : la gauche plurielle est morte


Loi Macron : la gauche plurielle est morte

À la surprise générale, le Premier ministre a dégainé l’article 49-3 pour faire adopter la loi Macron. Acte d’autorité pour ses thuriféraires, aveu d’impuissance pour ses contempteurs, le recours par l’exécutif à ce dispositif constitutionnel extraordinaire signe en sous-titre la division de la majorité. Pris dans l’étau du camaïeu de rose qui le compose, ne disposant que d’une majorité relative à l’Assemblée nationale, le gouvernement, bousculé par les « frondeurs » en première ligne, a préféré faire passer au forceps le second projet de loi économique phare du quinquennat après le Pacte de responsabilité. Retour sur une séquence législative qui laissera des traces à quelques mois d’un congrès socialiste s’annonçant houleux.

Près de 1 000 amendements, 111 heures de discussions en séance publique, 82 heures de débats et de multiples coups de canifs n’auront pas suffi à souder la majorité autour d’un texte commun. Le projet de loi présenté par Emmanuel Macron, qui aspirait à « libérer l’activité », avait pourtant été largement revisité sous la pression de certaines professions réglementées et d’une partie de l’aile gauche du Parti socialiste. Ainsi, exit l’ouverture de tous les commerces au moins cinq dimanches par an ; le Parlement laissant, in fine, pleine latitude aux conseils municipaux et aux intercommunalités. Exit aussi la libéralisation totale des lignes d’autocars, lesquelles seront finalement ouvertes au cas par cas afin de ne pas concurrencer le TER. Exit également l’encadrement des tarifs des professions du droit et notamment des notaires. Exit enfin la création d’un « secret des affaires » visant à protéger les entreprises tricolores de l’espionnage industriel.

Dit autrement, le lifting imposé par la chambre basse du Parlement avait déjà considérablement édulcoré le projet de loi d’Emmanuel Macron avant que Manuel Valls ne brandisse la menace du 49-3. C’était sans compter sur l’opiniâtreté des « frondeurs », prompts à détricoter le texte du gouvernement (et à le faire savoir !), mais étonnamment moins enclins (et moins diserts !) à voter une motion de censure susceptible d’engendrer une dissolution de l’Assemblée nationale. La lutte des places l’emportant finalement sur la lutte des classes.

Ce faisant, face à la vindicte de la gauche de la gauche, vent debout contre le travail dominical notamment, et au risque de voir le projet de loi retoqué dès sa première lecture faute de majorité, véritable camouflet en perspective pour l’exécutif, le Premier ministre a choisi le passage en force. Prenant à témoin les Français et invitant l’ensemble de la majorité à prendre ses responsabilités, Manuel Valls se pose ainsi en parangon de la réforme… contre une partie de ses troupes.

Cette décision surprise révèle au grand jour les divisions qui émaillent la gauche depuis maintenant plusieurs décennies. Oxymore à lui tout seul, le Parti socialiste demeure écartelé entre son aile gauche, éternelle pourfendeuse de l’économie de marché, et son aile droite, sociale-libérale. La première reprochant à la seconde ses compromissions, la seconde reprochant son dogmatisme à la première.

En leurs temps, Jacques Delors et Michel Rocard avaient tenté, en vain, de dépoussiérer le logiciel socialiste, l’intimant de s’arrimer aux réalités de la mondialisation. Minoritaires dans leurs propres rangs, les deux hommes ne sont finalement jamais parvenus à imposer l’aggiornamento dont le PS avait besoin. Marchant dans les pas de Delors et Rocard, Manuel Valls tente depuis plusieurs années, à petites touches ou parfois à grand fracas, d’opérer une révolution culturelle à gauche. En octobre dernier, il déclarait sans ambages au Nouvel Observateur : « il faut en finir avec la gauche passéiste ». Symboliquement, il a formulé à plusieurs reprises sous les lazzis de La Rochelle le souhait de changer le nom du Parti socialiste.

L’adoption du projet de loi Macron constitue donc, en l’espèce, un véritable test pour la majorité. Un test qui donnera certainement une tonalité inédite au congrès de juin prochain. Après les bévues des élections européennes et municipales, à quelques mois des revers attendus lors des prochaines échéances départementales et régionales, la gauche ne peut s’exonérer d’une profonde remise en question. L’épreuve du pouvoir ayant démontré aux yeux de tous ce que d’aucuns présageaient depuis longtemps : la coexistence des différentes palettes socialistes de rose n’est plus tenable. Cette majorité en perpétuelle cohabitation avec elle-même doit « se réinventer ou mourir », disait Manuel Valls il y a quelques mois. Avec le recours au 49-3, une conclusion s’impose : la gauche plurielle est bel et bien morte.


Source contrepoints.org

samedi 21 février 2015

vendredi 20 février 2015

Dessins de presse


Dessins de presse

Billets-La justice


La justice

Dessins de presse


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Infos santé-Sauna ou hammam ?


Sauna ou hammam ?

De plus en plus de Français découvrent les plaisirs du sauna ou du hammam. Avec toujours la même question : lequel préférer, et surtout, est-ce bon ou mauvais pour la santé ?

En général, les Français ont plutôt peur de ces pratiques, car cela ne fait absolument pas partie de notre culture. A la différence des gens du nord pour le sauna et de ceux du sud pour le hammam, où ce sont réellement des pratiques culturelles et même pour les gens très modestes, il est dommage que l’on ne trouve pas dans notre pays des installations municipales, car ce n’est pas un très gros investissement. Un simple radiateur et de l’eau…
On peut donc être médicalement favorable. Depuis plus de 2000 ans, les Nordiques ont fait de la pratique du sauna un plaisir quasi quotidien, tout comme les habitants du pourtour de la Méditerranée avec le hammam.

Dans le sauna, la chaleur est sèche ; dans le hammam, elle est due à de la vapeur. Mais le principe physique est le même. Un chauffage élève la température d’une pièce à 80-90°. On s’allonge sur une banquette après avoir pris une bonne douche savonnée et, au bout de cinq à dix minutes, le corps se met à suer abondamment. On peut alors se rafraîchir à l’extérieur avec une douche de plus en plus froide, puis revenir plusieurs fois dans l’atmosphère chaude.
L’alternance de sudations – douche froide puis un repos allongé au frais pendant au moins 30 minutes – procure un bien-être important. Nous avons mis beaucoup de temps pour nous initier à cette pratique millénaire, par méconnaissance, et la médecine a longtemps semé le doute sur leur innocuité.
Or des études médicales nordiques ont prouvé depuis des années les bienfaits du sauna sur le stress, la peau, les douleurs musculaires, rhumatismales, mais également – alors que beaucoup de médecins croient le contraire –, sur le cœur et la circulation sanguine. Les détracteurs disent que cela augmente le rythme du cœur. Il augmente en effet  au bout de dix minutes à cette température, mais pas plus que lorsque l’on monte un escalier, que l’on rie ou que l’on est surpris. La seule contre-indication, qui semble être retenue par tous, est l’insuffisance veineuse car la chaleur dilate beaucoup les veines des membres inférieurs.
Mais je répète : les pneumologues conseillent sa pratique dans les infections des voies respiratoires, les dermatologues dans l’urticaire et l’acné. A titre personnel, je trouve que c’est un moment de détente, de discussion et de repos. N’oubliez jamais que l’on doit passer autant de temps à se reposer dans un endroit frais sous une couverture que de temps passé au chaud.
Cela prend quand même un peu de temps… Il faut donc en faire un loisir utile, et l’élimination des toxines par la sueur, la décontraction et l’assouplissement des muscles en font le complément idéal de la pratique sportive.

En revanche, absolument pas pour perdre du poids. C’est même une réputation stupide, et il faut lutter contre cette idée reçue. Jamais le sauna n’a fait maigrir. Vous perdrez sans doute un ou deux kilos par séance, mais il s’agit d’eau qu’il faut reconstituer le plus vite possible dans la pièce de repos. Il faut d’ailleurs se forcer à boire. L’occasion de rappeler l’anecdote du chasseur et son chien, qui ne se passe dans un sauna, mais à la chasse ! On prend un chasseur et son chien. On les pèse le matin au départ de la chasse. Au retour, après avoir marché une vingtaine de kilomètres pour l’homme, plus du double pour son chien, on leur propose autant de boissons qu’ils le veulent. Et bien dix minutes plus tard, le chien a retrouvé le même poids qu’au départ… L’homme, bien qu’il puisse boire ce qu’il veut, mettra une douzaine d’heures pour retrouver son poids. Le but de cette anecdote n’est pas de vous expliquer ce qu’est une soif de chien, mais de comprendre que la sensation de soif est imparfaite chez l’homme.

En conclusion ? Sauna ou hammam ?
Médicalement, il n’y a rien pour trancher. C’est une question de goût et peut-être de sensation d’étouffement avec l’une ou l’autre des méthodes On peut donc conclure tout simplement qu’il s’agit d’un indiscutable moyen pour soigner son hygiène corporelle. D’ailleurs, un dicton nordique dit que « le sauna rend la femme plus belle ». C’est encore à cette langue que l’on empruntera la conclusion sur les contre-indications de cette pratique. On dit, en effet, dans le nord de l’Europe : « Si tu es capable d’aller au sauna… tu supporteras le sauna ! ».


Source : Dr Jean-François Lemoine pourquoi-docteur.nouvelobs.com

Dessins de presse


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jeudi 19 février 2015

mercredi 18 février 2015