samedi 20 janvier 2018

Dessins de presse


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Billets-Démocratie, liberté d’expression, fake news : 2500 ans de cohabitation

Démocratie, liberté d’expression, fake news : 2500 ans de cohabitation

Une défense réelle de la démocratie libérale serait d’abolir plutôt les lois liberticides qui s’accumulent contre la liberté d’expression, y compris d’ailleurs celles inusitées qui prétendent lutter contre les fausses nouvelles.


Lorsque l’anglicisme fake news (fausse nouvelle) est apparu, on se doutait bien que, tôt ou tard il allait être utilisé pour une nouvelle loi liberticide sur la liberté d’expression.

Emmanuel Macron ne nous a pas déçus. Sans que rien ne l’exige, sans qu’aucune demande n’émane ni des citoyens, ni des journalistes, il a annoncé lors de ses vœux, une loi destinée à protéger «la démocratie libérale ». La raison évoquée est intéressante car elle s’appuie sur un point sensible : la relation entre la démocratie et la liberté d’expression.

LES ARGUMENTS EN FAVEUR DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION
On classe traditionnellement les arguments en faveur de la liberté d’expression en trois grandes catégories :

  • une catégorie libérale : la liberté d’expression est un droit individuel, naturel indispensable à la réalisation de chaque vie humaine ;
  • une catégorie utilitariste : la liberté d’expression est nécessaire à la recherche de la vérité ;
  • et enfin une catégorie démocratique : la liberté d’expression est un processus indispensable à la démocratie.

L’argument démocratique est le plus limité, il n’est pertinent que pour un régime particulier et ne concerne que le débat politique mais il est le plus ancien, et compte tenu de l’importance de la démocratie dans la société moderne, le plus accepté sur l’ensemble du spectre politique.

Les arguments démocratiques ne s’opposent pas aux arguments libéraux ou de recherche de la vérité, même s’ils partent d’un autre point ; ils viennent se sur-rajouter pour le périmètre limité du débat politique dans une démocratie.

ATHÈNES ET LA LIBERTÉ D’EXPRESSION
La langue des hommes n’est plus emprisonnée. Le joug de la force a été brisé : dès cet instant le peuple déchaîné exhale librement sa pensée. (Eschyle, Les perses, 472 av. J.-C)
Avec Solon puis Périclès, l’Athènes de l’ère classique (Ve siècle av. J.-C.) invente un concept qui a de l’avenir, le gouvernement du peuple par le peuple : la démocratie (de dêmos, le peuple et de kratos, le pouvoir).

Et loi des séries oblige, les Grecs en inventant la démocratie directe sont aussi obligés d’inventer une forme de liberté d’expression.

Comment débattre des problèmes de la cité – et trouver les meilleures solutions -, si les citoyens ne sont pas libres d’exprimer leur pensée et de débattre sans crainte ? Si la déférence à une hiérarchie sociale empêche les solutions optimales d’être connues publiquement ?

Cette liberté d’expression politique n’est donc pas vue, comme elle le sera plus tard, comme une limitation du pouvoir politique sur les citoyens, puisque les citoyens et le pouvoir politique pour les Athéniens de Périclès sont une seule et même chose.

Elle n’est pas non plus vue comme un droit individuel, fondamental et inaliénable pour chaque personne, mais simplement comme une pratique indispensable dans le cadre de la démocratie directe, visant à la bonne gouvernance de la cité.

Avec l’Isêgoria (de Iso : « égalité » et de Agoraomai : « Parler devant une assemblée », l’égalité de parole dans le débat public donc) chaque citoyen pouvait se lever et prendre la parole devant l’assemblée (l’Ecclésia). Et le citoyen grec était bavard : il pouvait y avoir entre 200 et 300 discours à chaque session de l’assemblée, limitée par le Clepsydre, la fameuse horloge à eau.

L’expérience athénienne ne sera pas oubliée. Même lorsque sa taille (Moins de 300 000 habitants) comme sa radicalité (démocratie directe totale) éloignent sensiblement Athènes d’un État-nation moderne (des millions d’habitants et une démocratie représentative libérale), Athènes reste le point de départ de beaucoup de réflexions sur la démocratie et la liberté d’expression.

IDÉAL DÉMOCRATIQUE
La liberté d’expression est l’une des conditions d’un gouvernement légitime. Les lois et les politiques ne sont pas légitimes sauf à avoir été adoptées via un processus démocratique, et un processus n’est pas démocratique si le gouvernement a empêché qui que ce soit d’exprimer ses convictions sur ce que ces lois et ces politiques doivent être. (Richard Dworkin, Right to ridicule, Tribune nybooks 2006)

Dans l’idéal démocratique – et ses concepts de peuple souverain, gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple -, la liberté d’expression a trois fonctions.

La première fonction est de permettre au peuple d’être correctement informé des faits nécessaires à la bonne prise de décision. Lorsqu’un monarque a le pouvoir, il ne se fait pas censurer des informations ou des opinions, même inconvenantes ou pouvant être fausses, permettant de prendre les bonnes décisions.

Lorsque le peuple a le pouvoir, on ne voit pas comment il pourrait faire ce même travail avec des informations tronquées ou limitées. Les informations connues de l’orateur doivent être disponibles pour exercer le pouvoir.

Ici, la liberté d’expression n’est pas au service de l’orateur, bien que ce soit lui qui s’exprime, la liberté d’expression est au service du public qui écoute : il a besoin des connaissances non censurées de l’orateur ou, lorsque l’avis de cet orateur est contesté, des réfutations de ses adversaires. La liberté d’expression est ici une liberté d’entendre.

Ces informations n’ont d’ailleurs pas à être toujours exactes, elles peuvent être même volontairement inexactes, mais cela ne justifie pas que le souverain ne puisse pas les connaître.

LE DROIT D’INTERPELLER
Imagine-t-on un souverain interdit par ses conseillers d’accéder à des informations par crainte d’une manipulation, informations auxquelles les conseilleurs auraient par contre accès ?

Le souverain ne serait plus souverain, les vrais détenteurs du pouvoir seraient alors les conseillers, mystérieusement d’ailleurs protégés des effets de la manipulation. L’exercice du pouvoir exige l’accès à toutes les informations, y compris celles que des ennemis inventent, ne serait-ce que pour connaître et contrer ces adversaires.

La seconde fonction est de permettre au peuple de donner son avis. Puisqu’il détient le pouvoir, le peuple doit donner ses commandements, indiquer ses choix, critiquer ou poser ses questions, soit au personnel politique dans une démocratie représentative, soit à ceux chargés d’exécuter les tâches dévolues à l’État, un général d’armée, un architecte, dans une démocratie directe.

Là encore, le roi n’est pas censuré dans la conversation qu’il a avec ses ministres, le peuple doit avoir les mêmes privilèges pour gouverner. Si le peuple n’a pas la possibilité de questionner, d’interpeller, y compris rudement, ceux qui exécutent ses instructions, il n’a pas réellement le pouvoir.
La dernière fonction de la liberté d’expression est plus indirecte. Elle permet le débat entre citoyens. Débattre librement n’a pas seulement un intérêt dans la prise de décision et l’émergence de la meilleure solution pour la Cité.

Débattre librement a un intérêt dans le fait de débattre en lui-même. Le débat est d’abord une pédagogie du respect des autres citoyens, ils ne vous écouteront que si vous les écoutez, il est aussi une contrainte pour formaliser sa propre pensée afin de la rendre convaincante. Et il oblige à exercer son esprit critique.

De surcroît, le débat forge la citoyenneté et prépare l’acceptation de la décision commune, même pour l’avis en minorité. En démocratie, on ne peut pas exiger d’un citoyen qu’il obéisse à une loi s’il n’a pas pu avant exprimer son désaccord pour cette loi. Le débat ouvert à tous participe à la légitimation ensuite de l’obéissance des lois par tous, après un vote agrégatif où une majorité l’a emporté sur une minorité.

Ainsi, même dans l’hypothèse où la liberté d’expression n’aurait pas permis à la meilleure proposition de l’emporter, elle aura tout de même, via le débat, permis à la décision d’être acceptée par l’ensemble des citoyens, de légitimer cette décision, d’éviter la guerre civile.

Elle aura fait prendre conscience aux citoyens de leur appartenance commune à une Cité.

CENSURE ET DÉMOCRATIE
La censure a perdu tous ceux qui ont voulu s’en servir, parce qu’elle rend le gouvernement représentatif impossible. (Chateaubriand, Discours du 5 juillet 1824)

Liberté d’expression (sur le périmètre politique) et démocratie sont donc profondément imbriqués.
Un partisan d’une aristocratie, méritocratique, propriétaire ou héréditaire, peut plaider pour limiter la liberté d’expression du peuple avec cohérence sur le domaine des idées politiques ; seule l’élite a le discernement nécessaire pour le pouvoir, seule elle a besoin de l’accès aux informations politiques pour l’exercer.

Par contre, même une démocratie totalitaire, qui ferait peu de cas des libertés individuelles dans la vie privée, serait obligée de conserver la liberté d’expression sur le périmètre de la gouvernance de la Cité, sous peine de perdre (aussi) son étiquette de démocratie pour celle d’oligarchie, d’aristocratie ou de tyrannie.

Un démocrate voulant censurer doit pouvoir expliquer pourquoi ce peuple assez sage pour disposer du pouvoir politique, même indirect, serait ensuite trop immature ou inconséquent pour écouter ou parler librement.

Ce peuple ainsi incapable de discerner le vrai du faux sur son mur facebook à tel point qu’il faille l’en protéger par des juges ou des technocrates, par quel miracle pourrait-il ensuite être capable de discerner la justesse d’un programme ou les compétences d’un candidat ?

Un même électeur serait donc capable de discerner si Emmanuel Macron peut disposer de l’arme nucléaire mais il ne serait pas capable de décider quoi lire sur un réseau social.

Cela ne signifie pas bien sûr que, même dans l’idéal démocratique, les démocraties ne doivent jamais mettre en place des restrictions à la liberté d’expression : diffamation, chantage, menaces, appel à la violence directe et immédiate, etc., il existe certaines raisons légitimes de protéger les individus ou les institutions.

Cela signifie que sur le plan des idées, en particulier politiques, un gouvernement démocratiquement élu qui cherche à limiter la liberté d’expression en campagne électorale sur le périmètre politique ne peut le faire que la main tremblante, son scalpel s’approche dangereusement de la moelle épinière qui fait sa légitimité.

Le pouvoir censeur doit répondre à la question : si cet électeur, qui t’a fait roi, ne peut même pas lire librement des messages politiques mensongers sans être trompé, est-ce raisonnable de lui donner le pouvoir te faire roi ?

Et s’il faut le protéger des fausses nouvelles, pourquoi ne faudrait-il pas aussi le protéger des astuces rhétoriques ? des sophismes ? de l’émotion ? des promesses électorales insincères ? Est-ce que les envolées lyriques volontairement floues d’un discours d’Emmanuel Macron, ou ses adversaires, en campagne sont vraiment beaucoup plus favorables à une délibération rationnelle qu’un troll russe postant une nouvelle inexacte sur facebook ?

De surcroit, les juges, les politiques ou les technocrates qui jugeraient de la véracité d’un contenu auraient un pouvoir inacceptable sur le débat des citoyens, qui porte justement sur l’action de ces juges, politiques ou technocrates.

Toutes ces questions théoriques se posent avant même de poser les questions sur les incroyables difficultés opérationnelles de l’identification d’une nouvelle fausse et la débauche de moyens à mettre en œuvre. Elles se posent avant même de poser les questions essentielles sur la neutralité et les compétences des hommes qui pourraient identifier les fausses nouvelles, et cela de façon équitable.
Et elles se posent en parallèle des objections libérales sur le droit des individus de s’exprimer ou de lire sans le blanc-seing du pouvoir politique.

LA DÉMOCRATIE DÉLIBÉRATIVE
Depuis 1970, le débat préalable comme composant essentiel de la démocratie a connu un regain d’intérêt considérable avec Habermas. Partant du constat que l’État s’occupe de plus en plus de sujets mais qu’il n’est contrôlé par le citoyen que par un mince filet d’élections et un flot de sondages, Habermas imagine une démocratie régénérée dans laquelle la parole des citoyens est remise à l’honneur.

C’est louable. Et cela tombe bien, les nouveaux outils des réseaux sociaux, blogs permettent une communication directe entre citoyens qui ne pouvaient exister auparavant que dans de toutes petites assemblées.

Et effectivement pour qu’un débat soit fructueux, des conditions doivent être remplies. Respecter ses interlocuteurs, assumer ses propres propos, se méfier des sophismes, s’intéresser aux sources d’une information, à la réputation de son auteur, refuser le mensonge, etc.

Mais il est impossible d’imposer, par la loi, à une société toute entière un règlement intérieur comme celui d’une assemblée ou une exigence de rigueur normée comme une publication scientifique. L’assemblée des citoyens est la société toute entière, ce n’est pas une assemblée aux membres limités ni une revue scientifique.

Exclure un type de propos politique sur le fond et sur la forme, c’est limiter le pouvoir du peuple de disposer de toutes les informations. C’est peut-être exclure des citoyens. C’est les priver de l’expérience d’être confrontés au mensonge, expérience nécessaire à la responsabilité et au discernement d’un citoyen adulte.

UN RISQUE AUSSI VIEUX QUE LA DÉMOCRATIE
Le fait que certains citoyens se laissent tromper par les fausses nouvelles est une réalité, tout comme ils peuvent se laisser tromper par la rhétorique, les promesses insincères, les sophismes ou l’émotion, mais ce n’est pas un argument valide pour censurer des fausses nouvelles.

C’est un risque inhérent à la démocratie avec des citoyens plus ou moins capables. Et c’est un risque aussi vieux que la démocratie. Il faut bien postuler le citoyen capable ou alors lui retirer son vote. La France a pu traverser 40 ans de guerre froide avec L’Huma chaque matin dans les kiosques mais l’urgence serait de protéger les Français des trolls poutiniens ?

Une exigence doit être portée par la pression sociale, par l’auto-discipline, par l’éducation, par l’expérience de chaque citoyen, par des décodeurs honnêtes, par des journalistes rigoureux, certainement pas par la prison ou l’amende ; ou pire, par une zone grise d’arbitraire mise en place par des sociétés privées contraintes par des technocrates illégitimes (CSA par exemple) ; ou des juges incompétents dans ce domaine.

UNE LUTTE JUDICIAIRE NI LIBÉRALE, NI DÉMOCRATE
Quels que soient les gains ou les pertes immédiates, les dangers pour notre sécurité venant d’une censure politique sont toujours supérieurs aux dangers pour notre sécurité venant de la liberté politique. (Alexander Meiklejohn, Free Speech and Its Relation to Self-Government, 1948)

La censure souhaitée par Emmanuel Macron contre les fausses nouvelles est bien sûr profondément anti-libérale, mais elle n’est même pas démocratique. Elle est plutôt le signe d’un camp progressiste social-démocrate tétanisé par la montée des populismes de droite ou de gauche et qui montre qu’en matière de mépris des libertés ou même de l’idéal démocratique, il n’a pas tant de leçons que cela à donner.

Un camp qui se considère comme tellement légitime pour gouverner qu’il ne peut expliquer la victoire de Donald Trump ou du brexit autrement que par des trolls étrangers manipulant des citoyens idiots et ingrats. Un camp qui considère les autres, non comme des adversaires légitimes du pluralisme démocratique, mais comme des anomalies que des lois de circonstances doivent permettre d’affaiblir, au risque d’augmenter encore davantage la défiance généralisée.

Une défense réelle de la démocratie libérale serait d’abolir plutôt les lois liberticides qui s’accumulent contre la liberté d’expression, y compris d’ailleurs celles inusitées qui prétendent lutter contre les fausses nouvelles. Et faire confiance aux individus et aux citoyens pour mener le débat démocratique, y compris avec les nouveaux outils.

Oui, dans un débat démocratique tous les discours ne se valent pas. Oui, il faut aussi une exigence de véracité, d’honnêteté, de responsabilité pour une délibération juste. Oui, dans une démocratie la démagogie et la manipulation peuvent exister.

Cela a toujours été le cas, c’est le pire système à l’exception de tous les autres. Il faut vivre avec, ou assumer une autre forme politique : l’aristocratie ou l’oligarchie, en nous expliquant si possible en quoi ces autres formes politiques seraient exemptes de ces tares.


Source contrepoints.org
Par Daniel Tourre.


Daniel Tourre est auteur de "Pulp Libéralisme, la tradition libérale pour les débutants" et fondateur du Collectif Antigone.


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vendredi 19 janvier 2018

Infos santé-Cystite = Infection urinaire



Cystite = Infection urinaire

Nombre de femmes souffent de cystites récidivantes, à tout âge de leur vie. 70% d'entre elles estiment que leur vie quotidienne est affectée. Il est vrai  que la prise en charge de cette infection reste difficile et inégale.

  • Qu'appelle-t-on cystites ?
Les femmes sont les principales victimes des cystites, ces inflammations de la vessie le plus souvent dues à une infection bactérienne. Les cystites, qui provoquent de fréquentes envies d’aller aux toilettes et des douleurs en urinant, comptent parmi les infections urinaires les plus courantes.
Dans la plupart des cas, les cystites n’entraînent pas de complications. Toutefois, en l’absence de traitement, l’infection peut remonter le long de l’uretère (le canal qui relie les reins à la vessie) et atteindre le rein : c’est la pyélonéphrite.

  • Qu'appelle-t-on cystite interstitielle ?
La cystite interstitielle est une inflammation chronique de la vessie relativement rare. D’origine inconnue, elle ne doit pas être confondue avec la cystite bactérienne. Cette maladie touche surtout les femmes jeunes (de 30 à 40 ans). Elle se traduit par des douleurs intenses du bas-ventre et le besoin fréquent d’uriner, de jour comme de nuit. La cystite interstitielle est à l’origine de véritables handicaps, les personnes atteintes n’osant plus s’éloigner des toilettes.

  • Quelles sont les causes des infections urinaires ?
Les femmes souffrent plus fréquemment que les hommes de cystites, souvent à répétition, car leur urètre (le canal qui relie la vessie à l’extérieur) est plus court. L’entrée de micro-organismes infectieux – généralement des bactéries Escherichia coli – dans la vessie s’en trouve facilitée. La grossesse, ainsi que certaines maladies, augmentent le risque d’inflammation de la vessie : malformation des voies urinaires, calculs dans les reins ou la vessie, diabète, etc. Mais, le plus souvent, on ne trouve aucune cause précise à la cystite chez les femmes. En revanche, lorsqu’une infection urinaire survient chez un homme, elle est souvent liée à une hypertrophie bénigne de la prostate ou à une inflammation de celle-ci (prostatite).

  • Que faire en cas de cystite ?
  • Buvez autant que possible lorsque vous êtes au tout début de la cystite. C’est la mesure la plus importante à prendre : uriner souvent empêche les micro-organismes de remonter vers les reins et de déclencher ainsi des complications.
  • Si un traitement antibiotique est prescrit par un médecin, réduisez les boissons en attendant que le traitement fasse effet et atténue les douleurs liées à la miction.
  • En dehors des crises, surtout si vous avez des cystites récidivantes, il faut boire au moins un litre et demi d’eau par jour en plus des boissons habituelles.

  • Comment prévenir la cystite ?
  • Buvez plus d’un litre et demi d’eau par jour.
  • Ne retenez pas un besoin d’uriner. Un soulagement trop rare de la vessie favorise la prolifération des micro-organismes.
  • Tenez propres les parties intimes de votre corps. Attention à l’usage excessif des produits de toilette qui irritent et facilitent la prolifération des micro-organismes. Utilisez un gel lavant doux, sans savon.
  • Si vous êtes une femme et souffrez de cystites à répétition, urinez rapidement après les rapports sexuels afin d’éliminer en partie les micro-organismes.
  • Pour les femmes, après avoir uriné ou être allée à la selle, essuyez-vous toujours d’avant en arrière, en direction de l’anus.
  • Portez des sous-vêtements en coton.

  • Comment soigne-t-on la cystite ?
En cas de cystite, le médecin prescrit généralement un traitement antibiotique de courte durée (en une seule dose ou sur trois jours). Plusieurs familles d’antibiotiques peuvent être utilisées. De plus, si les épisodes de cystite se répètent, le médecin pourra, dans certains cas, prescrire un traitement antibiotique d’avance, à prendre dès les premiers symptômes ; cette forme d’automédication contrôlée est possible.
Si les symptômes persistent malgré le traitement, il faut reprendre contact avec le médecin. En cas d’infection récidivante, ce dernier effectue un bilan comprenant divers examens et traite le problème en conséquence.

  • Que penser de la canneberge (cranberry) ?
Les compléments alimentaires contenant de la canneberge (cranberry ou Vaccinium macrocarpon) ont un effet préventif sur les infections urinaires chez la femme adulte. En effet, des substances contenues dans ces fruits (proanthocyanidines) diminuent la fixation de certaines bactéries E. coli sur les parois des voies urinaires. Cet effet préventif n’a pas été confirmé chez les personnes âgées. Pour être efficaces, ces compléments alimentaires (ou les aliments contenant de la canneberge) doivent apporter au moins 36 mg par jour de proanthocyanidines. Cette quantité correspond à celle apportée par environ 30 g de canneberges fraîches.
Pour l’instant, aucune preuve ne vient confirmer d’éventuels effets positifs de la canneberge dans le traitement des infections urinaires déclarées.


source : Vidal

Dessins de presse


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Billets


jeudi 18 janvier 2018

mercredi 17 janvier 2018

Photos-Dorothea Lange

Dorothea Lange

 

Dorothea Lange par Rondal Partridge, 1936

1895 – Dorothea Margaretta Nutzhorn, fille d’immigrants allemands de la première génération, naît le 25 mai, à Hoboken, dans le New Jersey.

1902 – Contacte la poliomyélite à l’âge de sept ans. Elle en gardera une atrophie de la jambe droite et une claudication prononcée.

1907 – Son père abandonne la famille. Avec sa mère et son frère, elle s’installe chez sa grand-mère maternelle dans le New Jersey où elle vivra jusqu’à l’âge de vingt-trois ans.

1913 – Obtient son diplôme de fin d’études secondaires et décide de devenir photographe. Travaille avec des portraitistes de studio à New York et, pour rassurer sa famille, suit une formation de professeur.

1918 – Quitte New York avec une amie pour voyager à travers le monde. A San Francisco, elles se font voler tout leur argent ; Dorothea Lange est obligée de chercher du travail. Elle commence par retoucher des photographies, et reçoit des commandes de développement et de tirage. Plus tard, elle obtient deux offres de soutien financier pour ouvrir son studio de portraitiste. Le succès commercial est immédiat. Elle est présentée au peintre Maynard Dixon, de vingt et un ans son aîné.

1920 – Epouse Maynard Dixon.

1930 – La crise de 1929 affecte tout le pays. Pour économiser, elle et Dixon emménagent dans leurs ateliers respectifs et placent leurs enfants en pension.

1933 – Décide de s’aventurer dans la rue avec son appareil pour photographier les soupes populaires et les manifestations.

1934 – On lui propose d’exposer ses photographies de rue. A cette occasion, Paul Schuster Taylor, économiste agronome à la University of California, lui demande une photo pour illustrer son article sur la grève générale.

1935 – Taylor est nommé directeur de la California Rural Réhabilitation Administration. Il engage Dorothéa Lange pour photographier les premiers travailleurs qui affluent en Californie. Elle ferme son studio pour se consacrer entièrement à cette tâche. A partir de septembre, elle travaille pour Roy Stryker, mandatée par la Ressettlement Administration, puis pour la Farm Security Administration. Elle devient l’intime de Taylor, qu’elle épouse en décembre, après avoir divorcée de Dixon.    

1940 – Publication de An American Exodus (« Un exode américain »), avec Taylor. Son travail est exposé au Museum of Modern Art de New York.

1941 – Reçoit une bourse Guggenheim. Elle est la première femme à l’obtenir en matière de photographie.

1942 – Travaille pour la War Relocation Authority. Photographie le déplacement des Américano-Japonais dans les camps d’internement.

1945-1950 – De graves soucis de santé la forcent à interrompre son travail.

1951 – Reprend son activité de photographe.

1952 – Réalise un documentaire, Three Mormon Tows («Trois villes mormones »), pour Life, avec Ansel Adams et son fils Daniel Dixon, écrivain.

1955 – Neuf de ses photographies sont présentées à l’exposition The Family of Man (« La famille des hommes ») au Museum of Modern Art de New York. Donne des cours à l’Art Institue de San Francisco.

1956-1957 – Photographie la destruction, programmée par le gouvernement, d’une ancienne communauté rurale, lors de l’édification du barrage de Monticello.

1958-1959 – Voyage en Europe et en Asie, avec Taylor, et prend des photographies.

1964 – Prépare, avec John Szarkowski, la rétrospective qui doit lui être consacrée au Museum of Modern Art de New York. L’exposition sera inaugurée en janvier 1966.

1965 – Décède d’un cancer le 11 octobre, à San Francisco.


1933 Soupe populaire de l’Ange blanc, San Francisco

Au plus fort de la Dépression, Dorothea Lange éprouve quelques scrupules à photographier les plus riches familles de Californie. « La discordance entre les sujets sur lesquels je travaillais alors et ce qui se passait dans la rue était trop forte pour que je puisse l’assimiler. Si mon intérêt pour les gens était sincère, je ne devais pas travailler uniquement sur ces portraits. »

Cette photographie fut prise lors de sa première sortie dans la rue avec son appareil. Elle nous invite à comprendre la crise que traverse cet individu isolé, âgé et pensif qui s’est détourné du reste de la foule, dans l’attente de sa ration de soupe.


1934 La Crise, bas reprisés, sténographe, San Francisco

Dorothea Lange a l’art d’illustrer les effets de la Crise non seulement grâce aux portraits, mais également par certains détails. Celui, frappant, des bas reprisés d’une sténographe nous offre une vision non dénuée d’humour sur la réponse qu’apporte une femme dans ces circonstances difficiles. On peut établir un parallèle avec le vieux feutre de l’homme sans Soupe populaire de l’Ange blanc, un effort pour préserver une certaine dignité dans son apparence face à l’adversité : mieux vaut être vue avec des bas reprisés que sans bas du tout.


1935 En panne et immobilisé, San Joaquin Valley, Californie

A l’occasion, Dorothea Lange recadre ses photos afin d’en accentuer la puissance dramatique. Dans celle-ci, elle a coupé la femme pour se concentrer sur l’homme au volent. La scène exprime la sensation d’être pris au piège – la voiture a calé et l’homme est immobilisé. Il manque ici cette idée de courage et de résistance, présente dans beaucoup d’autres portraits de pauvres gens. Ici, le sujet est pris au dépourvu ; la peur et l’inquiétude se lisent clairement sur son visage émacié.


1936 Enfant abîmée, Shacktown Elm Grove Oklahoma

Dorothea Lange est connue pour son empathie envers les sujets qu’elle photographie. Ralph Gibson, qui a été son assistant au début des années 60, relate une anecdote révélatrice concernant cette photo. Lorsqu’elle l’a examinée pour en faire un nouveau tirage, quelque trente ans après l’avoir prise, elle a fondu en larmes et lui a raconté à quel point cette fillette handicapée mentale était maltraitée et considérée comme une paria.


1936 Mère migrante, Nipomo Californie

Il est généralement admis que la photographie la plus célèbre de Dorothea Lange est la dernière d’une série de six images représentant une femme avec ses enfants, à l’intérieur d’une tente de fortune.

Dorothea Lange a laissé une description détaillée de la manière dont elle a effectué les photographies de la mère migrante : « Je ne lui ai pas demandé son nom, ni ce qu’elle avait enduré. Elle m’a dit qu’elle avait 32 ans, et qu’ils se nourrissaient des légumes gelés ramassés dans les champs, et des oiseaux que les enfants parvenaient à tuer. Elle venait de vendre les pneus de sa voiture pour acheter de la nourriture. Elle se tenait là, sous cette tente, avec ses enfants blottis contre elle, consciente que mes photos pourraient peut-être l’aider ; et c’est pourquoi elle m’a aidée. Il y avait une sorte d’égalité dans notre rapport. »

Pour sa dernière – et célèbre – photographie, Dorothea Lange gomme les détails à l’arrière-plan et masque les visages des enfants, agrippés à leur mère, qu’ils enserrent, détournant de l’objectif leur visage qu’ils enfouissent en elle. L’attention se concentre ainsi sur celui de la mère, marqué par l’anxiété. Dans un mouvement de repli sur elle-même, elle ne regarde plus ni la photographe ni ses enfants. Lorsque Dorothea Lange prend cette photo, elle ne remarque pas le détail d’un pouce qui surgit au premier plan. Pour la photographe, ce détail gâchait l’image et elle fera retoucher le négatif afin de l’effacer. Roy Stryker n’était pas d’accord : pour lui, c’est falsifier la réalité. L’insistance de Dorothea Lange pour que ce détail parasite disparaisse confirma à quel point cette photo documentaire, devenue classique, est très composée, et influencée par la photographe.


1937 Métayers sans ferme, comté de Hardman, Texa,

Ces fermiers devaient faire vivre une famille de quatre personnes en moyenne avec une aide sociale de 22, 80 dollars. Dorothea Lange les a rencontrés dans une cabane précédemment habitée par une autre famille de métayers partie pour la Californie, chassée par l’agriculture mécanisée extensive. La photographe avait éliminé au recadrage le sixième homme, dans la version de cette image publiée dans An American Exodus, car il n’avait pas la stature physique des autres, alignés devant l’objectif.


1939 Mère et enfants sur la route, Tulelake, Californie

Pour reprendre les termes de Taylor : « Ces gens méritent d’être aidés ! Ce sont des sans-abri, mais non la lie de la société. Ils ont atteint le fond, c’est tout. » Une fois de plus Dorothea Lange se concentre sur la relation maternelle : une mère et ses enfants sur la route. L’empathie de Dorothea Lange pour de tels individus découle de son idéal de la famille. Selon son fils, sa mère « éprouvait un sentiment profond et passionné pour la famille. La sienne avait été brisée par le départ de son père. » Quoi qu’il en soit, Dorothea Lange demeure à cette époque une mère et une belle-mère sévère et exigeante, qui fait passer son travail avant sa famille.


1940 Cueilleur de coton migrant, Eloy Arizona

L’homme est photographié alors qu’il se repose près de son « chariot de coton avant de retourner au travail dans les champs. » La main cache sa bouche, elle exprime toute une vie passée auprès de la terre. Le remplacement de la bouche par la main est également symptomatique de l’importance des gestes dans le travail de Dorothea Lange. En fait, l’homme cherche à dissimuler le mauvais état de ses dents face à l’objectif.


1942 La famille Mochida, Hayward Californie

Des membres de la famille Mochida attendent l’autobus d’évacuation. L’indignité du traitement qu’ils subissent, étiquetés qu’ils sont comme leurs bagages, contraste avec la dignité que leur confère Dorothea Lange dans ce portrait formel aux allures de photo de famille.

mardi 16 janvier 2018

Billets-Neutralité du net : le piège


Neutralité du net : le piège

Avec l’abolition de la neutralité du net, les actuels géants de l’Internet tiendront les rênes de l’Internet mondial et l’émergence d’une concurrence pouvant leur nuire, déjà difficile à l’heure actuelle, sera rendue impossible.

La neutralité du net est morte — dans son vote du 14 décembre, la Federal Communications Commission a approuvé une mesure visant à abroger les règles de neutralité du net qu’elle avait mises en place deux ans auparavant.

En mettant fin à la protection de ce principe fondateur d’Internet, la Federal Communications Commission prétend agir dans le sens de l’innovation et de la concurrence.

Si, en Union Européenne, ledit principe a toujours les faveurs du BEREC (Body of European Regulators for Electronic Communications), rien ne permet de dire si les digues brisées par la FCC ne le seront pas un jour par le BEREC.

En effet, en dépit des litanies pro-concurrence entonnées par les milieux libéraux, la fin de la neutralité du net laisse augurer un Internet bien moins libre qu’il n’y paraît.

TOUS LES PAQUETS NAISSENT ET DEMEURENT LIBRES ET ÉGAUX EN DROITS
Né sous la plume de Tim Wu (professeur de droit à l’Université de Virginie) en 2003, ce concept de neutralité juridique se définit de façon suivante :

La neutralité de l’Internet est mieux définie comme un principe de conception du réseau. L’idée est qu’un réseau public d’information le plus utile possible aspire à traiter tous les contenus, sites et plateformes de manière égale. Cela permet au réseau de distribuer toute forme d’information et de supporter tous types d’application.

Jusqu’ici, la croissance d’Internet a reposé sur ce principe : en offrant une architecture non-propriétaire, ouverte et sans autorité centralisée, l’Internet s’est développé et a permis l’essor d’une myriade de nouveaux services et d’une concurrence pléthorique.

LES ENTREPRISES PHARES DE DEMAIN
A-t-on oublié qu’AltaVista, le moteur de recherche phare de la fin des années 90, a été supplanté par Google au début des années 2000, alors même que ce dernier est né dans un garage de la Silicon Valley en 1998 ?

Dans cet univers où tout va très vite, les entreprises reines d’aujourd’hui seront les têtes déchues de demain (souvenons-nous de Caramail, de MySpace, de Netscape, d’AOL, de Lycos, de MSN Messenger) : dire que la neutralité du net est un frein à la concurrence et à l’innovation semble relever de la mauvaise foi éhontée.

À titre d’exemple, je cite Cécile Philippe, directrice de l’Institut Économique Molinari, qui écrivait dans Les Échos le 6 août 2015 :

Tout d’abord, la neutralité du Net est en quelque sorte un concept rétrograde. En effet, c’est justement parce qu’elle n’a jamais été mise en œuvre qu’Internet est devenu la merveille qu’il est aujourd’hui, accessible à tous pour un prix extrêmement compétitif. Rappelons-nous, il n’y a encore pas si longtemps, l’accès à Internet était cher et facturé à l’heure. Aujourd’hui, le haut débit assure une vitesse plusieurs centaines de fois plus rapide à une fraction du prix. Cela s’est fait grâce à un saut technologique gigantesque, que la mise en œuvre de la neutralité du Net aurait tout simplement rendu impossible. 

À quel moment avons-nous pu constater une quelconque discrimination à l’égard de la source, de la destination ou du contenu de l’information transmise par le réseau ? À aucun moment. Le « saut technologique gigantesque » salué par Madame Philippe s’est produit en présence du concept de neutralité du net, ne lui déplaise.

Là où le bât blesse, c’est que ce concept où « tous les paquets naissent et demeurent libres et égaux en droits », intrinsèquement d’essence libérale, est aujourd’hui mis à mal par les mêmes thuriféraires de la philosophie libérale.

CERTAINS PAQUETS SONT PLUS ÉGAUX QUE D’AUTRES
Arguant que les investissements et l’innovation pâtissent de cette neutralité du net prétendument surannée, la critique dénonce un « Internet socialiste » où personne ne paie à sa juste valeur l’usage du réseau.
L’opérateur portugais Meo a bien vite illustré ce que donnerait un Internet sans neutralité en proposant à sa clientèle des packs : packs réseaux sociaux, musique, vidéo etc. lesquels comprennent l’usage de certains services.

Vous n’utilisez pas Facebook mais Diaspora ? pas Twitter mais Mastodon ? pas Spotify mais Qobuz ? Votre appétence pour l’originalité coûtera cher. En d’autres termes, l’absence de neutralité du net accentuera la nocivité pour la saine concurrence en orientant les personnes vers certains services plutôt que d’autres.

L’ABOLITION DE LA NEUTRALITÉ DU NET TAILLÉE POUR LES GÉANTS D’AUJOURD’HUI
Les actuels géants de l’Internet tiendront les rennes de l’Internet mondial et l’émergence d’une concurrence pouvant leur nuire, déjà difficile à l’heure actuelle, sera rendue impossible.

Ce n’est pas notre premier enjeu à l’heure actuelle. Nous pensons que la neutralité du net est incroyablement importante mais qu’elle n’est aussi capitale pour nous parce que nous sommes assez gros pour obtenir les accords que nous voulons. Reed Hastings, directeur général de Netflix.

S’il eût fallu un autre exemple, cette phrase de Reed Hastings semble lourde de sens. En l’absence d’un poids financier suffisant pour négocier avec les fournisseurs d’accès (lesquels pourront segmenter leur offre pour cibler au mieux leur clientèle, comme Meo), les petits acteurs se retrouveront relégués dans un Internet de seconde zone, renvoyant aux premières craintes des groupes favorables à la neutralité : le blocage, la dégradation et la priorisation du contenu et des applications, les effets délétères sur la concurrence et l’érosion de la liberté d’expression sur Internet.
Ce dernier point paraît, hélas, absent des considérations des personnes opposées à la neutralité du net.

Ô LIBERTÉ, COMME ON T’A JOUÉE !
Si l’on ne connaît que trop bien la pratique du zero rating, qu’en sera-t-il demain ? Xavier Niel, patron de Free et co-propriétaire du journal Le Monde, dégradera-t-il le service des personnes désirant lire Le Figaro (ou Contrepoints) ? Altice (qui offre déjà à travers SFR Presse un accès privilégié à ses titres) en fera-t-il de même ?

L’accès à l’information, déjà biaisée par l’usage intensif des réseaux sociaux, ne sera-t-il pas davantage dégradé ? Les fournisseurs d’accès s’arrogeront-ils de droit de censurer ce qui contrevient à leurs intérêts ? Dans le volume 59 du Federal Communications Law Journal, l’auteur Bill D. Herman précise que

Un fournisseur ne devrait pas être capable d’arrêter l’email ou la publication de blog d’un client en raison de son contenu politique, pas plus qu’une compagnie télécom devrait être permise de dicter le contenu des conversations de ses clients.

Considérer la fin de la neutralité du net aux États-Unis comme un progrès paraît donc être bien ingénu.

Cela aboutira inexorablement vers un Internet à plusieurs vitesses où la discrimination du contenu, la verticalité des services intégrés et les ententes entre acteurs seront la norme ; les oligopoles se verront renforcés, la concurrence se tarira et nos libertés ne seront plus que chimériques.

Source contrepoints.org
Par Sébastien Natroll.


Sébastien Natroll est blogueur, libéral de gauche et membre des Jeunes radicaux de gauche. Il est autodidacte, passionné par la philosophie politique et les différents courants de la pensée libérale.